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Japon: deux morts dans un violent séisme de magnitude 7,4
Deux personnes ont été tuées et plusieurs dizaines blessées lors d'un violent séisme de magnitude 7,4 qui a secoué l'est du Japon mercredi soir, provoquant aussi un petit tsunami sur une partie de la côte nord-est.
Au moins deux personnes ont péri dans les départements de Fukushima et de Miyagi, dans le nord-est du pays, selon l'Agence japonaise de gestion des incendies et des catastrophes, et plus de 90 autres ont été blessées.
Selon l'Agence météorologique japonaise (JMA), l'hypocentre de la secousse survenue mercredi à 23H36 (14H36 GMT), réévaluée à 7,4 (contre 7,3 initialement), se trouvait à 60 km de profondeur sous l'océan Pacifique au large du département de Fukushima, où une centrale nucléaire a été ravagée par un tsunami en 2011.
Cette agence a émis dans la foulée un avertissement pour des vagues d'un mètre de hauteur. Des vagues de 30 cm ont finalement été mesurées à Ishinomaki, dans le département de Miyagi, selon la JMA, qui avait appelé les habitants à rester à distance du front de mer.
L'avertissement au tsunami a été complètement levé à 05H00 (20H00 GMT).
"La police et les services de secours ont été submergés d'appels à Fukushima et à Miyagi", a déclaré dans la nuit le porte-parole du gouvernement Hirokazu Matsuno lors d'un point presse.
Les autorités vérifiaient encore l'étendue des dégâts, a-t-il ajouté, invitant la population à rester vigilante au cours des prochains jours en prévision de possibles fortes répliques.
De petites répliques ont été enregistrées dans le nord-est dès les premières heures après la secousse initiale puis tout au long de la nuit. Des consignes d'évacuation vers des refuges ont été diffusées dans certaines localités de la région.
"Suivez s'il vous plaît les informations concernant le séisme, restez à l'écart de la côte et prenez des mesures pour vous protéger", avait aussi recommandé le Premier ministre japonais Fumio Kishida.
Un membre des secours de la ville d'Ishinomaki a déclaré dans la nuit à l'AFP avoir été réveillé par "une secousse extrêmement violente".
"J'ai entendu le sol trembler. Plutôt que de ressentir de la peur, le souvenir du grand tremblement de terre (du 11 mars 2011, NDLR) m'est immédiatement revenu", a-t-il ajouté.
Aucune anomalie n'a été détectée à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, sévèrement endommagée en 2011 par le gigantesque tsunami provoqué par un séisme de magnitude 9, selon l'Agence japonaise de sûreté nucléaire (NRA).
Dans l'autre centrale nucléaire du département, Fukushima Daini, également arrêtée depuis 2011, ainsi que dans la centrale d'Onagawa (département de Miyagi), des pompes pour des piscines de refroidissement du combustible usagé ont brièvement cessé de fonctionner mais elles ont rapidement été remises en état de marche, a précisé ultérieurement la NRA.
- Déraillement d'un shinkansen -
Le tremblement de terre, longuement et fortement ressenti y compris à Tokyo, a initialement privé d'électricité plus de deux millions de foyers dans la région du Kanto, englobant la capitale et ses départements voisins, selon l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco), mais le courant a été totalement rétabli quelques heures plus tard.
Quelque 35.000 foyers étaient en revanche toujours privés d'électricité dans le nord-est du pays jeudi vers 8H00 (23H00 GMT mercredi), selon la compagnie Tohoku Electric Power.
La compagnie ferroviaire JR East a signalé des perturbations importantes sur son réseau. Un shinkansen, le train à grande vitesse japonais, a notamment déraillé au nord de la ville de Fukushima, d'après la compagnie, qui n'a pas fait état de blessés.
Le train transportait 75 passagers et trois membres d'équipage, qui ont dû rester à bord pendant quatre heures avant de pouvoir évacuer, selon la chaîne de télévision NHK.
Et dans la ville de Sendai (nord-est), un pan de mur s'est écroulé sur le site du château historique d'Aoba, selon des images de la télévision japonaise.
Le Japon, toujours hanté par le 11 mars 2011, avait observé une minute de silence vendredi en mémoire de cette catastrophe majeure.
Le désastre a fait plus de 18.500 morts et disparus --essentiellement à cause du tsunami-- et forcé plus de 165.000 personnes du département de Fukushima à évacuer leurs foyers à cause des émissions radioactives de la centrale nucléaire endommagée, où les coeurs de trois réacteurs avaient fondu.
Les autorités locales recensent encore aujourd'hui 33.365 personnes déplacées, dont 80% vivent hors du département de Fukushima.
Situé au carrefour de plusieurs grandes plaques tectoniques sur la "ceinture de feu" du Pacifique, le Japon est régulièrement touché par des tremblements de terre et a de strictes normes de construction pour que ses bâtiments soient capables de résister à de fortes secousses.
H.Seidel--BTB