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L'heure du borsch: un camping tchèque ouvre un restaurant ukrainien tenu par les réfugiés
Un camping près de Prague hébergeant des réfugiés fraîchement arrivés a ouvert un restaurant ukrainien tenu par des femmes qui ont fui l'invasion russe de leur patrie.
Borsch, golubtsy (choux farcis), bograch (ragoût) ou pampuschki (petits pains à l'ail) sont désormais au menu de ce lieu improvisé à Revnice, au sud-ouest de Prague.
"J'ai décidé d'héberger des réfugiés ukrainiens après (avoir bu) une bouteille de tequila le 24 février lorsque la guerre a éclaté", raconte Stefan Orsos, qui a racheté le camping il y a deux ans.
"Nous accueillons (...) des femmes sans aucun lien avec la République tchèque", dit Stefan Orsos. "Nous avons aussi des Roms ukrainiens que personne ne veut héberger et nous avons aussi des malades ici".
M. Orsos avait ouvert ce restaurant improvisé après avoir été privé par la pandémie de Covid-19 de l'organisation de festivals gastronomiques, son travail précédent. Le menu comprenait des soupes vietnamiennes pho et d'autres plats asiatiques aux côtés de pizzas.
"Nous avons dû improviser quand le Covid a commencé, nous avons perdu nos emplois. Et maintenant, nous venons d'improviser à nouveau avec ce restaurant ukrainien, qui fait aussi d'autres plats, mais le noyau est ukrainien", ajoute M. Orsos, avec en arrière-fond le rire d'enfants à bicyclette.
Pendant ce temps, leurs mères sont occupées à préparer des pampuschki, du borsch et du bograch.
- "Reconnaissants d'être ici" -
"Nous voulons raconter l'histoire de notre cuisine, nous préparons et proposons donc notre cuisine ukrainienne", témoigne Inna Ilinskaïa, originaire d'Odessa, ville portuaire du sud de l'Ukraine.
Le restaurant local a déjà proposé des golubtsy et des pelmenis, sorte de raviolis à la viande.
"Nous voulons aussi faire des vareniki", un autre type de raviolis, ajoute Mme Ilinskaïa alors que le restaurant du jardin se remplit d'habitants désireux d'essayer des mets inconnus.
"J'adore l'idée et le bortsch était tout simplement fantastique. Je reviendrai à coup sûr", assure auprès de l'AFP Veronika Stara, une habitante de Revnice, après avoir goûté au bortsch préparé par les réfugiés. "Les dames ont vraiment l'air de savoir ce qu'elles font".
Mère de cinq enfants, Mme Ilinskaïa est arrivée en République tchèque avec son mari et compte s'y installer. Pays membre de l'UE de 10,7 millions d'habitants, qui comptait une importante minorité ukrainienne avant le déclenchement de la guerre, il a jusqu'à présent accueilli plus de 270.000 réfugiés d'Ukraine.
La soeur de Mme Ilinskaïa est restée à Odessa.
"Je sais que c'est terrible là-bas maintenant. Nous avons réussi à partir plus tôt pour que nos enfants ne voient pas vraiment ce qui se passe là-bas maintenant", confie Mme Ilinskaïa. "Nous sommes vraiment reconnaissants d'être ici".
L.Janezki--BTB