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L'Arabie saoudite subit une nouvelle série d'attaques des rebelles yéménites
Les rebelles yéménites Houthis ont mené vendredi une nouvelle série d'attaques en Arabie saoudite, dont une a provoqué un gigantesque incendie dans un site pétrolier à Jeddah proche du circuit de Formule 1 qui accueille le Grand Prix.
Ces attaques interviennent à la veille du septième anniversaire de l'intervention de la coalition militaire dirigée par le royaume au Yémen pour soutenir le gouvernement yéménite face aux Houthis, proches de l'Iran. Elles n'ont fait aucune victime selon Ryad.
Les rebelles ont mené 16 attaques dans le Sud et à Jeddah (ouest) visant différentes infrastructures, dont une centrale électrique, une station d'eau et des installations pétrolières, a indiqué la coalition dans un communiqué.
La plus impressionnante a eu lieu à Jeddah contre des réservoirs du géant pétrolier Aramco, provoquant un gigantesque incendie.
"L'incendie a été maîtrisé", a déclaré le porte-parole de la coalition, Turki al Maliki, en assurant que l'incident n'aurait pas d'impact "sur les activités à Jeddah".
Il est survenu non loin du circuit de Formule 1 où se tiennent actuellement les essais libres du Grand Prix, prévu dimanche. Le promoteur du championnat Formula 1 a déjà indiqué que la course se poursuivrait "comme prévu". Une réunion de quatre heures entre les pilotes, les patrons de leurs équipes et les principaux dirigeants du championnat s'est tenue en soirée, sans annonce officielle à son issue.
- Frappes aériennes en représailles -
Les attaques, menées avec des missiles et des drones, ont été lancées depuis les villes de Sanaa, la capitale du Yémen aux mains des insurgés, et de Hodeida, également en zone rebelle.
Elles ont donné lieu à des tirs de représailles de la part de la coalition, annoncés par l'agence officielle saoudienne SPA dans la nuit de vendredi à samedi, "contre les sources de menace à Sanaa et Hodeidah". "L'opération militaire se poursuivra jusqu'à ce que ses objectifs soient atteints", a-t-elle ajouté en citant la coalition.
Les Etats-Unis ont qualifié les attaques menées par les rebelles yéménites d'"inacceptables". "Nous continuerons à travailler avec nos partenaires saoudiens pour renforcer leurs systèmes de défense tout en œuvrant à une solution durable mettant fin au conflit" au Yémen, a affirmé la porte-parole du département d'Etat, Jalina Porter.
"Ces attaques, qui menacent la sécurité de l'Arabie saoudite et la stabilité de la région, doivent cesser immédiatement", a renchéri la porte-parole de la diplomatie française, Anne-Claire Legendre, en pointant "la gravité de la menace (liée à la) prolifération de drones et de missiles".
En visant des installations pétrolières, les Houthis tentent de "toucher le nerf de l'économie mondiale", a affirmé M. Maliki.
Les prix du pétrole ont fortement augmenté depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février qui a perturbé les approvisionnements mondiaux, la Russie étant frappée par des sanctions occidentales.
Le royaume saoudien, premier exportateur de brut au monde, avait déjà averti lundi du risque d'une baisse de sa production de pétrole au lendemain de plusieurs attaques revendiquées par les Houthis.
Un responsable du ministère saoudien de l'Energie, cité par l'agence officielle SPA, a de nouveau mis en garde vendredi contre la menace que représentent ces attaques "pour la sécurité de l'approvisionnement mondial en pétrole".
"L'Arabie saoudite n'assumera pas la responsabilité de toute pénurie d'approvisionnement en pétrole sur les marchés mondiaux", a ajouté le responsable saoudien en accusant l'Iran de "continuer à fournir des drones et des missiles" aux Houthis.
Dimanche, l'une des attaques avait contraint Aramco à réduire "temporairement" sa production et à puiser dans ses stocks pour compenser.
Les pays occidentaux pressent depuis le début de la crise ukrainienne l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), menée par l'Arabie saoudite, d'augmenter sa production.
- "Faire preuve de retenue" -
La monarchie du Golfe est cependant restée sourde à ces appels, fidèle à ses engagements auprès de l'alliance Opep+, qui inclut la Russie, deuxième plus grand exportateur de brut au monde.
Sept ans après les premières frappes le 26 mars 2015 au Yémen, l'intervention militaire pilotée par Ryad a montré ses limites sur le terrain et accentué l'une des pires crises humanitaires au monde.
Elle a permis de stopper l'avancée des Houthis dans le Sud et l'Est, mais pas de les déloger du nord du pays, notamment de la capitale Sanaa.
Selon l'ONU, le conflit a causé la mort de près de 380.000 personnes, dont une majorité de décès liés à la faim, aux maladies et au manque d'eau potable.
Le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe six pétromonarchies arabes et est dominé par l'Arabie saoudite, a indiqué mi-mars être prêt à organiser des pourparlers de paix avec les Houthis, mais ces derniers ont refusé d'y participer s'ils se tenaient à Ryad.
La coalition a affirmé vendredi "faire preuve de retenue" pour donner une chance aux pourparlers.
M.Ouellet--BTB