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"Dieu, aie pitié!" : les survivants racontent l'horreur des inondations en Indonésie
Rina Devina se préparait à aller se coucher avec son mari et deux de leurs enfants sur l'île indonésienne de Sumatra lorsqu'elle a entendu un bruit fracassant et quelqu'un crier "crue subite!".
Des heures de fortes pluies ont créé une inondation charriant des blocs de lave froide d'un volcan proche, le mont Marapi, qui a frappé deux districts peu avant minuit samedi, tuant une trentaine de personnes et détruisant habitants, routes et mosquées. Plus d'une dizaine de personnes restent portées disparues.
Les habitants de Tanah Datar et du district voisin d'Agam qui ont survécu évoquent leur horreur lorsque l'inondation a subitement tout englouti, emportant leurs voisins et submergeant maisons et immeubles.
"La pluie était très forte. J'ai entendu le tonnerre et un son similaire à de l'eau qui bout. C'était le bruit de gros rochers tombant du mont Marapi", a raconté à l'AFP Rina, une femme au foyer de 43 ans d'Agam.
"Ma maison, ça va, mais celle de mes voisins a été aplatie par de gros rochers. Trois de mes voisins ont péri - la mère, le père et l'enfant. Un autre voisin, âgé de 85 ans, est également mort", énumère-t-elle.
Cette mère de trois enfants explique que l'électricité ayant été coupée, elle ne voyait rien jusqu'à ce qu'elle se sauve vers le bureau du maire. Elle a fui sous la pluie battante avec les seuls vêtements qu'elle portait et sa famille à ses côtés.
"Il faisait nuit noire, j'ai utilisé mon téléphone comme torche. La route était boueuse, alors j'ai chanté +Dieu, aie pitié+ encore et encore", a-t-elle confié. Rina est désormais dans un abri qu'elle ne quittera pas tant que les autorités n'auront pas dit que la situation est sûre.
A Tanah Datar, l'inondation a laissé les routes dans une gangue de boue. Des camions ont fini dans le lit d'une rivière, des mosquées ont été dévastées par les rivières de débris.
Certains bâtiments sont couverts de boue jusqu'à mi-hauteur. La surface de la rue, plus élevée qu'elle ne l'était auparavant, est déjà sillonnée par les motos.
- "Terrifiant" -
Les pluies ont transformé ces quartiers en une mer de boue et de débris interrompue seulement par les toits des bâtiments et les palmiers.
Un journaliste de l'AFP sur place a indiqué que les violentes pluies étaient "terrifiantes", forçant les habitants à trouver des abris d'urgence.
Les secouristes ont déployé des canots gonflables pour rechercher les corps et les survivants éventuels.
Budi Rahmat, un fermier de 44 ans d'Agam, se souvient d'avoir entendu un bruit de tonnerre et des rochers dévalant la route.
"Ma maison vibrait. J'ai jeté un oeil dehors et j'ai vu de l'eau couler", raconte le père de cinq enfants à l'AFP. "Ma maison est heureusement intacte. Elle a seulement été inondée par de l'eau, pas des rochers."
Toute sa famille, dont un enfant de deux ans, a finalement pu se réfugier en sécurité chez un proche habitant sur un terrain plus élevé.
Les secouristes poursuivent les recherches pour retrouver les disparus, au moins une quinzaine.
"Je faisais les cent pas dans la maison, encore et encore, hésitant à évacuer ou non. Mon esprit était dans un chaos total", a confié Budi Rahmat. "La seule chose à laquelle j'arrivais à penser était qu'il fallait que je sauve ma femme et mes enfants".
S.Keller--BTB