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Au moins 10 morts au passage du puissant cyclone Remal au Bangladesh et en Inde
Des vents violents et de fortes vagues continuent de déferler lundi sur les côtes de l'Inde et du Bangladesh, où au moins dix personnes sont mortes au passage du puissant cyclone Remal, qui s'affaiblit à mesure qu'il avance à l'intérieur des terres.
"La plupart sont morts écrasés dans l'effondrement de maisons ou de murs", a déclaré Showkat Ali, administrateur gouvernemental du district de Barisal au Bangladesh, où sept personnes ont perdu la vie. Trois autres sont mortes dans les districts voisins.
Au moins 800.000 Bangladais ont fui la côte du pays, selon les autorités, tandis que plus de 150.000 personnes en Inde se sont retranchées loin de la mer, quittant la région forestière des Sundarbans où le Gange, le Brahmapoutre et le Meghna se jettent dans le Golfe du Bengale.
Lundi après-midi, le cyclone s'est changé en tempête, mais les vents et la pluie ont continué de balayer la côte.
"Il y a toujours de fortes pluies provoquées par le cyclone et la vitesse du vent reste élevée", a ajouté Showkat Ali.
Dans le district de Khulan, deux personnes sont mortes, selon Helal Mahmud, son administrateur.
- 12,5 millions de personnes sans électricité -
"Le cyclone a endommagé plus de 123.000 maisons dans la division, et parmi elles, quelque 31.000 maisons ont été complètement endommagées", a-t-il déclaré à l'AFP.
Une autre personne est décédée à Chittagong, où "plus de 40.000 personnes se trouvent toujours dans des abris anticycloniques en raison des fortes pluies et des vents violents", a précisé à l'AFP l'administrateur Tofael Islam.
Plus de 12,5 millions de personnes ont été privées d'électricité, a déclaré Biswanath Sikder, ingénieur en chef du Bangladesh Rural Electrification Board, la plus grande entreprise publique de distribution d'électricité du pays.
"L'alimentation électrique reprendra une fois que la situation par rapport au cyclone se sera améliorée", a-t-il déclaré.
Les cyclones ont tué des centaines de milliers de personnes au Bangladesh ces dernières décennies et leur nombre frappant sa côte basse et densément peuplée a fortement augmenté, passant d'un à trois par an, en raison du changement climatique.
La plupart des zones côtières du Bangladesh se situent à un ou deux mètres au-dessus du niveau de la mer.
Les autorités du Bangladesh ont élevé à son maximum le niveau d'alerte cyclonique, avertissant les pêcheurs de ne pas aller en mer et déclenchant un ordre d'évacuation pour ceux qui se trouvent dans les zones vulnérables.
M. Hasan a affirmé à l'AFP que des "berges ont été percées ou submergées à plusieurs endroits, inondant certaines zones côtières".
- Inquiétude pour la faune -
Dans l'Etat indien du Bengale Occidental (est), "le cyclone a emporté le toit de centaines de maisons" et aussi "déraciné des milliers d'arbres de la mangrove et de poteaux électriques", a détaillé à l'AFP le ministre en chef de l'Etat, Bankim Chandra Hazra.
"Les ondes de tempête et la montée des eaux ont percé de nombreuses digues", a lui aussi relaté le ministre en chef. "Certains villages insulaires sont inondés", a-t-il poursuivi.
Sumita Mondal, 36 ans, qui a passé la nuit loin des côtes indiennes, a déclaré qu'elle s'était enfuie avec le peu qu'elle pouvait emporter.
Selon Muhammad Abul Kalam Mallik, la mangrove de la région des Sundarbans a contribué à absorber le pire du cyclone.
"Comme par le passé, les Sundarbans ont agi comme un bouclier naturel", a-t-il expliqué.
Mais selon Abu Naser Mohsin Hossain, haut responsable des forêts du Bangladesh pour les Sundarbans, l'onde de tempête a inondé d'eau salée des zones d'eau douce vitales.
"Nous sommes inquiets", a-t-il déclaré. "Ces étangs sont source d'eau douce pour toute la faune sauvage des mangroves, dont les tigres du Bengale, une espèce en voie de disparition."
str-sa-pjm-lth/ber
F.Pavlenko--BTB