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Procès des viols de Mazan: Dominique Pelicot toujours malade, suspension du procès envisagée
Dominique Pelicot, l'accusé principal du procès des viols de Mazan, qui devait s'exprimer pour la première fois mardi, est toujours malade et ne pourra témoigner comme prévu, a annoncé le président de la cour criminelle de Vaucluse mardi, envisageant de suspendre le procès si cette absence perdurait.
"Il a subi hier des prélèvements pour analyse. Le corps médical n'a pas les résultats. Monsieur Pelicot serait toujours souffrant. Je vais dans la journée requérir une prise en charge en urgence", a annoncé à l'ouverture de l'audience Roger Arata, précisant qu'il envisageait une "suspension de procès" qui pourrait durer plusieurs jours, le temps que son état de santé s'améliore.
Les parties civiles ont par avance approuvé cette éventuelle suspension: "Madame Pelicot, comme ses enfants, ne souhaitent pas déposer hors sa présence", a déclaré l'un de leurs avocats, Stéphane Babonneau, "il y a une absolue nécessité que monsieur Pelicot soit pris en charge médicalement et qu'il puisse assister aux débats".
Accusé d'avoir drogué, violé et fait violer son épouse par des dizaines d'hommes recrutés sur internet, de juillet 2011 à octobre 2020, Dominique Pelicot devait s'exprimer à partir de 16h00 à Avignon, pour la première fois depuis l'ouverture de son procès le 2 septembre.
Le septuagénaire, dont la prise de parole est très attendue, avait déjà été exempté d'audience lundi en raison de douleurs intestinales, au grand regret des parties civiles.
Cette décision de suspendre ou non le procès sera prise par la cour plus tard dans la journée mardi, en fonction des retours des médecins.
- "Manipulateur" -
En attendant de savoir si M. Pelicot pourra revenir rapidement à l'audience, la cour a commencé à entendre mardi matin Stéphan Gal, le second directeur d'enquête de ce dossier tentaculaire comptant 51 accusés, M. Pelicot et 50 autres hommes, âgés de 26 à 74 ans, qu'il avait recrutés sur internet pour venir violer son épouse, principalement à leur domicile de Mazan (Vaucluse).
Le premier directeur d'enquête, le commissaire divisionnaire Jérémie Bosse Platière, avait lui été auditionné la semaine dernière.
Dans l'après-midi, ce sera le tour de l'expert informatique, qui avait été chargé de fouiller les ordinateurs, disques durs, téléphones et autres clefs USB du principal accusé, dans lesquels avaient été retrouvés les milliers de photos et vidéos des viols de Gisèle Pelicot.
Avant même la prise de parole de Dominique Pelicot, les experts entendus lundi avaient mis en garde sur la valeur des propos que pourrait tenir ce "manipulateur": "Même s'il faisait des excuses, le problème c'est qu'il est clivé, avec une empathie à zéro", avait ainsi prévenu le Dr Paul Bensussan, psychiatre.
"On ne peut pas compter sur Monsieur Pelicot, il ment, se contredit" et "s'adapte au fur et à mesure", "il n'y a aucune propension à la sincérité" chez lui, avait-il insisté.
D'autres experts entendus lundi avaient aussi évoqué le penchant du principal accusé "à considérer l'autre comme un objet qu'on peut manipuler".
"Il délivre une partie de la vérité uniquement quand il est mis au pied du mur", avait accusé jeudi sa fille, Caroline Darian, assurant qu'elle ne croyait plus rien de celui qu'elle évoque désormais comme son "géniteur", ou "Monsieur Pelicot".
"En 50 ans, je ne l'ai jamais vu avoir une phrase déplacée sur une femme ou des paroles obscènes", avait assuré son ex-épouse, Gisèle Pelicot, jeudi, lors d'un témoignage bouleversant, racontant ce "jeune homme séduisant, pull marin, cheveux longs" dont elle était "tombée amoureuse" à l'été 1971, formant avec lui "un couple fusionnel", sans "rapport de force". Elle pourrait à nouveau être entendue mercredi matin.
Les auditions de ses deux fils David et Florian, de son gendre Pierre P., et de son frère, Joël Pelicot, médecin généraliste à la retraite, initialement prévues lundi après-midi, n'ont pas encore été reprogrammées.
I.Meyer--BTB