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Nouveau bras de fer en perspective entre Yoon et les enquêteurs, munis d'un nouveau mandat d'arrêt
Un nouveau bras de fer s'annonce dès mercredi entre le président sud-coréen déchu Yoon Suk Yeol et les enquêteurs munis d'un nouveau mandat pour l'arrêter à son domicile, comparé à une forteresse par l'opposition.
L'ex-procureur vedette a échappé à une première tentative d'arrestation vendredi, réfugié derrière quelque 200 éléments de sa garde rapprochée qui ont tenu en échec les équipes venues l'appréhender, forcées de battre en retraite.
Mais cette fois, les enquêteurs auront l'aide de la police qui, bien qu'ayant refusé d'exécuter elle-même le mandat, a dit qu'elle arrêterait tout agent du Service de sécurité présidentiel (PSS) faisant obstruction.
Le Bureau d'enquête sur la corruption des hautes-personnalités (CIO), qui centralise les investigations contre M. Yoon pour son éphémère loi martiale de début décembre, a vu son mandat d'arrêt renouvelé par la justice mardi.
"Nous allons nous préparer minutieusement pour l'exécution du deuxième mandat, avec la ferme détermination qu'il s'agit du dernier, et faire tout ce qui est en notre pouvoir au niveau organisationnel pour atteindre notre objectif", a lancé mardi le chef de cette agence, Oh Dong-woon, lors d'une audition devant des parlementaires.
Il a d'ailleurs présenté ses excuses pour le premier échec, concédant qu'il n'était même pas certain que Yoon Suk Yeol se trouve encore chez lui.
Néanmoins, des inconditionnels soutiens et des opposants résolus tiennent leurs positions devant sa résidence depuis des jours, malgré le froid glacial, les uns appelant à l'annulation de sa destitution par le Parlement, les autres exigeant son arrestation immédiate.
Le domicile de l'ancien procureur vedette "est en train de se transformer en forteresse", a dénoncé le député de l'opposition Youn Kun-yung, affirmant que les gardes y installaient des barbelés.
"Nous allons nous serrer les coudes dans ce combat", assurait mardi Bae Hoon, 46 ans, qui "espère vraiment" l'arrestation de Yoon Suk Yeol.
Ses partisans avaient pour leur part dit converger vers sa maison dans la foulée de l'annonce de l'extension du mandat. "Ceux vivant à la campagne se joindront à nous tôt le matin", avait déclaré à l'AFP Rhee Kang-san, 35 ans.
- Enquêteurs inexpérimentés -
M. Yoon avait sidéré le pays dans la nuit du 3 au 4 décembre en proclamant par surprise la loi martiale et en envoyant l'armée au Parlement pour le réduire au silence.
Un nombre suffisant de députés était parvenu à tenir une séance d'urgence et à voter un texte exigeant la levée de cet état d'exception, alors que des milliers de manifestants prodémocratie criaient leur indignation à l'extérieur.
Sous la pression des élus, de la rue et obligé par la Constitution, M. Yoon avait dû faire marche arrière.
Il a été destitué par l'Assemblée nationale le 14 décembre et se trouve depuis suspendu, dans l'attente que la Cour constitutionnelle confirme ou infirme la décision des députés. Elle a pour ce faire jusqu'à la mi-juin.
D'ici au verdict, Yoon Suk Yeol reste officiellement le président du pays. Son éventuelle arrestation serait donc une première pour un chef de l'Etat sud-coréen en exercice.
L'ex-procureur est par ailleurs visé par plusieurs enquêtes, dont une pour "rébellion", un crime passible de la peine de mort. Il est aussi accusé d'"abus d'autorité", passible de cinq ans de prison.
Yoon Suk Yeol a lui juré il y a une semaine qu'il se battrait "jusqu'au bout".
Ses avocats contestent la légalité du mandat d'arrêt contre lui et la compétence du CIO, arguant que le crime de "rébellion" ne figure pas dans la liste des infractions sur lesquelles l'agence peut enquêter.
Pour Yun Bok-nam, président de l'association Avocats pour une société démocratique, l'échec de la première tentative d'arrestation du président déchu s'explique surtout par l'inexpérience du CIO, qui n'a que quatre ans d'existence, compte moins de 100 employés et n'a jamais inculpé personne à ce stade.
"Naturellement, ils n'ont aucune expérience des arrestations, à plus forte raison de l'arrestation d'un président", souligne Me Yun. "La coopération de la police est essentielle", estime-t-il.
C.Kovalenko--BTB