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Deuxième journée de réquisitions au procès des attentats du 13-Novembre
Les trois représentants du Parquet national antiterroriste (Pnat) poursuivent jeudi leurs réquisitions entamées mercredi au procès du 13-Novembre en détaillant le rôle de chacun des accusés dans les attentats les plus meurtriers ayant jamais frappé la France.
Lors de la première journée de réquisitions qui a duré environ sept heures, les avocats généraux se sont montrés implacables à l'encontre des 14 accusés présents dans la salle d'audience, rejetant point par point les explications que ceux-ci avaient pu fournir pour se dédouaner lors des neuf mois d'audience.
Le réquisitoire devant la cour d'assises spéciale s'achèvera vendredi avec les peines réclamées à l'encontre de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos responsables de la mort de 130 personnes à Paris et Saint-Denis, et de ses 19 co-accusés, dont six sont jugés en leur absence.
Douze accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité, sept autres encourent vingt ans de réclusion et un dernier six ans de prison.
Camille Hennetier, Nicolas Braconnay et Nicolas Le Bris ont cherché lors de la première journée à "reconstruire le puzzle" qui a conduit aux attaques du 13 novembre 2015. "Chacun des accusés a joué un rôle, à divers titres et de différentes manières", a ainsi affirmé Camille Hennetier.
Les représentants du Pnat, soucieux de "la défense de l'intérêt général et de la manifestation de la vérité" souhaitent faire émerger "une analyse rigoureuse des faits et des actes". Ce souci d'exactitude les a conduits à faire "le choix d'abandonner certains éléments insuffisamment étayés". Mais, sur le fond, ils n'ont rien concédé aux accusés.
Salah Abdeslam, qui a affirmé lors du procès avoir volontairement renoncé à faire exploser sa ceinture explosive (qui était défectueuse) dans un bar du XVIIIe arrondissement de Paris, n'est pas "complice" mais bien un des "co-auteurs" des attentats, a ainsi dit Camille Hennetier.
Il ne s’est pas contenté d’aider, "il a participé", a-t-elle dit.
- "Réponses dans le box" -
Les représentants du parquet ont reconnu également que ce procès n'avait pas permis de faire toute la lumière qu'attendaient les rescapés et les proches des victimes.
On ne saura pas qui a choisi les cibles des attentats et pour quelles raisons, ont-ils déploré.
"Toutes ces questions nous taraudent et ces réponses se trouvent dans le box", a pointé Camille Hennetier qui doit poursuivre son réquisitoire jeudi.
Mais s’il reste des zones d’ombre, l'accusation possède également beaucoup de certitudes. Les attentats du 13-Novembre ont été planifiés en Syrie, préparés en Belgique et exécutés en France, ont rappelé les avocats généraux.
Dès novembre 2014, Oussama Atar, chef de la cellule des opérations extérieures de l'Etat islamique (et un des accusés, probablement mort en Syrie, jugé en son absence), a confié à ses cousins Ibrahim et Khaled El Bakraoui (deux des kamikazes des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, considérés comme les logisticiens en chef des attentats de Paris et Saint-Denis) de préparer un projet terroriste en Europe, a indiqué Nicolas Braconnay.
Et pour les 33 membres identifiés de la cellule terroriste qui a préparé les attaques dans les capitales française et belge, le dénominateur commun, c’était l'islamisme jihadiste, a-t-il insisté.
Il a catégoriquement rejeté "la fable" avancée par certains des accusés qui ont affirmé avoir rejoint la Syrie "pour des raisons humanitaires". Il a notamment cité les propos de l'ex-petite amie d'un des assaillants du Bataclan. "L'humanitaire ? C'était un prétexte. Ils sont partis là-bas pour tuer!".
Si la France a été ciblée c'est parce qu'elle représente "un idéal d'université laïque que les islamistes ont en horreur", a-t-il encore estimé. Reprenant les mots de l'ancien président François Hollande, l'avocat général a dit : "Nous avons été frappés pour ce que nous sommes".
Les réquisitions du Pnat seront suivies à partir de lundi par les plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu le 29 juin.
J.Horn--BTB