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Episode d'hantavirus à bord d'une croisière: les passagers pas autorisés à débarquer au Cap-Vert
Un navire de croisière, possible foyer d'hantavirus qui a fait trois morts à bord, n'a pas été autorisé à accoster au port de la capitale cap-verdienne Praia mais l'épisode présente un "faible risque" de propagation selon l'OMS.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état dimanche de trois morts liés à ce présumé foyer d'infection à hantavirus, une maladie qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, sur un navire de croisière dans l'Atlantique. Ce navire, le MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert.
"En coordination avec d'autres autorités également compétentes, l'autorisation d'accoster au port de Praia n'a pas été accordée au navire", a déclaré la présidente de l'Institut national de santé publique (INSP), Maria da Luz Lima, dimanche dans la soirée sur la radio publique Radio de Cabo Verde.
"L'équipe médicale s'est déjà rendue à bord, où elle a effectué l'évaluation des deux personnes infectées avec les équipements de protection individuelle adéquats", a également indiqué Mme Lima.
Une seconde intervention sur le navire s'est déroulée "pour commencer le traitement de certains de ceux qui avaient besoin d'une prise en charge, disons, d'ordre clinique", a-t-elle précisé.
L'épisode présente un "faible risque" de propagation, a estimé lundi le directeur régional de l'OMS Europe.
"Il n'y a aucune raison de céder à la panique ni d'imposer des restrictions de voyage", a jugé Hans Kluge, soulignant que les infections à hantavirus étaient rares, généralement liées à l'exposition à des rongeurs infectés et ne se transmettaient "pas facilement entre personnes".
M. Kluge a souligné que l'OMS Europe collaborait avec les pays concernés afin de soutenir la prise en charge médicale, l'évacuation et les investigations.
Un photographe de l'AFP a pu voir le navire lundi matin, le MV Hondius - qui reliait Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert - mouiller dans le port de Praia, capitale de cet archipel ouest-africain, situé au large du Sénégal. Il peut accueillir environ 170 passagers pour quelque 70 membres d'équipage.
Dans son tout premier communiqué, le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, spécialiste des expéditions polaires, avait confirmé faire face à "une situation médicale grave" à bord du MV Hondius.
Il a ensuite confirmé trois décès, dont deux à bord et un après le débarquement.
Deux victimes sont un couple néerlandais, lui âgé de 70 ans, décédé à bord du navire et dont le corps se trouve sur l'île de Saint-Hélène, et son épouse de 69 ans, décédée dans un hôpital sud-africain à Johannesburg. La nationalité de la troisième n'est pas connue, selon les médias néerlandais.
Un autre passager se trouve en soins intensifs à Johannesburg et deux autres "ont besoin de soins médicaux urgents", a précisé l'opérateur. D'après l'OMS, un patient britannique a été pris en charge en Afrique du Sud.
- Rapatriement -
"Les autorités néerlandaises ont accepté de coordonner une opération conjointe visant à organiser le rapatriement des deux personnes présentant des symptômes à bord du MV Hondius, du Cap-Vert vers les Pays-Bas", a précisé Oceanwide Expeditions.
Un tel rapatriement dépendrait de plusieurs facteurs, notamment de l'autorisation des autorités du Cap-Vert, selon le communiqué.
Dans un communiqué transmis à l'AFP, le ministère néerlandais des Affaires étrangères a confirmé qu'il "étudiait actuellement les possibilités d'évacuer médicalement quelques personnes du navire". "Si cela s'avère possible, le ministère des Affaires étrangères se chargera de la coordination", a affirmé un porte-parole.
"Le débarquement et le dépistage médical de tous les passagers nécessitent une coordination avec les autorités sanitaires locales, avec lesquelles nous sommes en étroite consultation", a affirmé l'opérateur.
L'hantavirus, une maladie généralement transmise à l'homme par les rongeurs, a été confirmé chez le passager actuellement en soins intensifs à Johannesburg, a-t-il précisé.
Il n'est toutefois pas encore établi si le virus était à l'origine des trois décès, selon Oceanwide Expeditions. Et aucun cas d'hantavirus n'a été officiellement confirmé chez les deux passagers présentant des symptômes requérant encore des soins à bord du navire.
"La cause exacte et tout lien éventuel font l'objet d'une enquête", a déclaré l'entreprise.
L'OMS, dans ses premières communications dimanche, avait indiqué qu'un cas d'infection par l'hantavirus avait été confirmé et qu'il y avait "cinq autres cas suspects".
"Bien que rare, l'hantavirus peut se transmettre d'une personne à l'autre et entraîner des maladies respiratoires graves. Il nécessite une surveillance attentive des patients, un soutien et une prise en charge appropriés", avait-elle précisé.
burs-cbw-els/mrb/hba
C.Meier--BTB