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Foyer d'hantavirus présumé sur un bateau de croisière: les passagers coincés à bord dans l'incertitude
Les 149 passagers et membres d'équipage d'un bateau de croisière, suspecté d'être un foyer d'hantavirus, demeurent coincés à bord dans l'incertitude au large du Cap-Vert lundi soir, dans l'attente d'un lieu où pouvoir débarquer.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état dimanche de trois morts liées à ce présumé foyer d'infection à hantavirus, une maladie qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, sur un navire de croisière dans l'Atlantique. Ce navire, le MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert.
Le navire n'a pas été autorisé à accoster dans le port de la capitale cap-verdienne, Praia, a déclaré la présidente de l'Institut national de santé publique (INSP), Maria da Luz Lima, qui a ajouté que des équipes médicales sont venues à bord pour examiner les deux personnes infectées.
Dans un communiqué de presse, la direction nationale de la santé cap-verdienne a annoncé avoir demandé au Royaume-Uni et aux Pays-Bas l'envoi d'ambulances aériennes "dans les meilleurs délais" pour procéder à "l'évacuation des patients".
Jake Rosmarin, un passager à bord du MV Hondius qui chroniquait sur les réseaux sociaux son voyage, a publié lundi sur Instagram un appel ému à rentrer chez lui: "Il y a beaucoup d'incertitude et c'est la partie la plus difficile. Tout ce que nous voulons maintenant, c'est nous sentir en sécurité, avoir des réponses claires et rentrer chez nous."
Les îles de Las Palmas et de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, sont "envisagées" pour débarquer les passagers, a indiqué le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions dans un communiqué, précisant que "des mesures de précaution strictes" et d'"isolement" sont appliquées.
Le 27 avril, un passager britannique est "tombé gravement malade et a été évacué médicalement vers l'Afrique du Sud", selon le croisiériste.
Un ressortissant allemand est ensuite décédé à bord du bateau le 2 mai, sans que la cause ait été établie, ajoute Oceanwide Expeditions.
"Deux membres d'équipage présentent actuellement des symptômes respiratoires aigus, légers pour l'un et sévères pour l'autre. Tout deux ont besoin de soins médicaux urgents", souligne le communiqué.
- "Faible risque" de propagation -
"Il n'y a aucune raison de céder à la panique ni d'imposer des restrictions de voyage", estime Hans Kluge, directeur de l'OMS Europe, soulignant que les infections à hantavirus sont rares, généralement liées à l'exposition à des rongeurs infectés, et ne se transmettent "pas facilement entre personnes". L'OMS Europe collabore avec les pays concernés, a-t-il précisé.
Un photographe de l'AFP a pu voir lundi le MV Hondius mouiller au large du port de Praia, capitale de l'archipel ouest-africain situé au large du Sénégal.
Dans son premier communiqué sur la situation, Oceanwide Expeditions, spécialiste des expéditions polaires, avait confirmé "une situation médicale grave" à bord du MV Hondius. Il avait ensuite annoncé les trois décès.
"Les autorités néerlandaises ont accepté de coordonner une opération conjointe visant à organiser le rapatriement des deux personnes présentant des symptômes à bord du MV Hondius, du Cap-Vert vers les Pays-Bas", a dit Oceanwide Expeditions.
Un tel rapatriement dépend de plusieurs facteurs, notamment l'autorisation des autorités du Cap-Vert, selon l'opérateur.
Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué qu'il "étudiait actuellement les possibilités d'évacuer médicalement quelques personnes du navire" et que "si cela s'avère possible", il "se chargera de la coordination".
L'hantavirus, maladie généralement transmise à l'homme par les rongeurs, a été confirmé chez le passager actuellement en soins intensifs à Johannesburg, en Afrique du Sud, a précisé Oceanwide Expeditions.
Il n'est toutefois pas encore établi si le virus est à l'origine des trois décès, selon le croisiériste. Et aucun autre cas d'hantavirus n'a été officiellement confirmé pour le moment.
"La cause exacte et tout lien éventuel font l'objet d'une enquête", a déclaré l'entreprise.
L'OMS, dans ses premières communications dimanche, avait indiqué qu'un cas d'infection par l'hantavirus avait été confirmé et qu'il y avait "cinq autres cas suspects".
"Bien que rare, l'hantavirus peut se transmettre d'une personne à l'autre et entraîner des maladies respiratoires graves. Il nécessite une surveillance attentive des patients, un soutien et une prise en charge appropriés", avait prévenu l'organisation.
burs-els/lp/mba
J.Horn--BTB