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L'Espagne commémore les attentats jihadistes de Barcelone
Quelques centaines de personnes ont participé mercredi dans le centre de Barcelone à une brève cérémonie marquant le cinquième anniversaire de deux attentats perpétrés par une cellule jihadiste qui avaient fait 16 morts et 140 blessés.
Revendiquées au nom de l'organisation Etat islamique, ces attaques avaient été commises par une dizaine de jeunes Marocains radicalisés par un imam.
La foule a observé une minute de silence - perturbée par une poignée de protestataires - sur les Ramblas, la grande artère de la métropole catalane, là même où avait eu lieu l'attentat le plus meurtrier, qui coûta la vie à 14 personnes.
Le gouvernement central était représenté par deux ministres, Raquel Sánchez (Transports) et Miquel Iceta (Culture et Sports), aux côtés du président du gouvernement régional de Catalogne, l'indépendantiste Pere Aragonès, et de la maire de Barcelone, Ada Colau.
Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, actuellement en vacances, s'était associé à l'hommage par un tweet, appelant ses compatriotes à rester "unis pour la liberté et le vivre-ensemble".
"En août 2017, Barcelone et Cambrils", une cité balnéaire 100 km plus au sud, "avaient souffert de la haine et du terrorisme dans leurs rues", a-t-il déclaré. "Cinq ans après, nous nous souvenons des victimes de ces attentats, tout en continuant à bâtir un avenir de paix".
Dans un entretien avec la Télévision nationale, Mme Colau a affirmé que plus jamais le 17 août ne serait un jour comme un autre à Barcelone. "Maintenant, le 17 août, on se lève toujours avec l'estomac noué", a-t-elle confié.
Le premier attentat avait eu lieu sur les Ramblas, où une camionnette-bélier avait foncé sur la foule, provoquant la mort de 14 personnes, en majorité des touristes étrangers. La plus jeune victime avait été un enfant de trois ans.
Dans sa fuite, le chauffeur avait tué un automobiliste pour lui voler sa voiture. Il devait être abattu par la police trois jours plus tard à 30 km au nord de Barcelone.
Quelques heures après ce massacre, cinq autres membres de la cellule avaient perpétré une seconde attaque sur le front de mer de Cambrils, renversant plusieurs personnes avec un véhicule avant de mortellement poignarder une femme.
Les trois survivants de la cellule jihadiste avaient été condamnés à des peines de huit, 46 et 53 ans de prison.
Mais, le mois dernier, un tribunal a réduit en appel de dix ans la peine des deux principaux condamnés, rappelant également qu'en application de la législation espagnole, leur peine effective ne pourrait excéder 20 ans de prison.
Le troisième condamné avait bénéficié d'une remise en liberté en septembre 2021.
La minute de silence a été troublée par les slogans et les cris de quelques manifestants qui brandissaient des pancartes exigeant "la vérité". Ils avaient répondu à l'appel d'associations indépendantistes qui prétendent que l'Etat espagnol était derrière les attentats.
bur-CHZ/bds
W.Lapointe--BTB