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Séismes au Venezuela: rumeur et faux espoir autour d'un enfant
La rumeur autour d'un enfant qui aurait été coincé vivant sous les décombres d'un immeuble au Venezuela ne cesse d'enfler depuis jeudi, mettant à rude épreuve les nerfs des habitants de La Guaira, dévastée par les séismes meurtriers du 24 juin.
Plusieurs équipes de secouristes sont passées jeudi devant les restes de l’immeuble Tahití, pour finalement conclure vendredi qu’il n’y avait plus aucun signe de vie.
Des rumeurs avaient ravivé l’espoir de sauver encore quelqu’un: un enfant. Des influenceurs ont publié des vidéos sur les réseaux sociaux depuis Caraballeda, dans l’État de La Guaira, où se concentre essentiel des victimes et des destructions du double séisme, qui a fait au moins 2.645 morts.
Dès jeudi, des Américains se sont rendus sur la zone, aidés de chiens, utilisant des appareils très sensibles pour tenter de détecter des sons. Diagnostic: personne en vie, selon un secouriste américain à l'AFP.
Mais quelques heures plus tard, un volontaire vénézuélien assure avoir entendu des cris au petit matin. Les chiens ne détectent rien parce que l'enfant est enseveli "trop profondément", a-t-il déclaré à l'AFP.
La rumeur grandit et des militaires encerclent alors les lieux, interdisant l’accès à la presse.
Vendredi, une équipe de secours espagnole se rend sur place et confirme malheureusement le constat américain, affirme à l'AFP Katherine Lendoiro, qui a accompagné la famille de l’enfant pendant les opérations de recherche.
"Il y a des gens qui sont venus faire des TikTok et ça a circulé dans le monde entier", se désole un voisin, José Francisco Liendo, 50 ans, qui ne s’est à aucun moment éloigné des lieux, dans sa tentative de récupérer les corps de son père et de sa sœur.
Ils ont dit qu’il "y avait soi-disant un enfant vivant, que l’enfant respirait, ensuite qu’il urinait, ensuite qu’il avait donné des coups", s’indigne M. Liendo.
"À chaque fois que des personnes qui creusent entrent, on leur demande: +Tu l’as vu ?+ (et ils répondent) +Non, je ne l’ai pas vu, mais il est là+. Ils n’arrivent pas à dire la vérité. En fait, ils jouent avec la douleur des familles", regrette-t-il.
Aloa Gonzalez, 50 ans, veille elle aussi nuit et jour au pied des décombres, d’où elle veut extraire les corps de sa sœur et de sa tante. Elle est consternée par les faux espoirs suscités par la supposée découverte d’un enfant vivant.
"Il y a eu plusieurs versions au sujet des survivants. D’abord, on a dit qu’ils ne pouvaient pas atteindre les personnes, qu’il n’y avait aucun moyen, aucune façon, qu’il n’y avait pas de passage possible", explique-t-elle.
Ensuite, on a dit qu’"ils ne savaient pas si c’était un garçon ou une fille, un homme ou une femme. (Ils disaient) qu’il avait soi-disant donné des coups, qu’il y avait 70 % de chances qu’il y ait de la vie là-dessous", raconte-t-elle.
"Au début (quand on m'a dit qu'il y avait un enfant) Je me suis dit +Super, le gamin. Ma sœur et ma tante sont là-dessous, et si on sauve l’enfant je serais la personne la plus heureuse du monde. Mais ensuite, tous les secouristes sont partis", lâche-t-elle durement.
Quelque 6.462 personnes ont été secourues depuis le double séisme le 24 juin. Et une seule jeudi, un miracle: Hernan Gil, gardien de parking, a résisté près de huit jours sous les décombres. Mais il avait été contacté dès lundi et on avait pu lui fournir de l’eau et de l’oxygène par des tubes.
Après 72 heures, il est presque impossible de survivre sans apport extérieur.
Il n’existe pour l’instant aucun chiffre officiel sur le nombre de disparus, bien que l’ONU a estimé qu’il pourrait atteindre 50.000.
D.Schneider--BTB