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Pyrénées-Orientales: sécheresse de l'air, chaleur et vent, "comme du carburant" pour l'incendie
Les canadairs tournoient dans le ciel, tandis qu'à terre des centaines de pompiers luttent armés de lances. Mais une sécheresse de l'air "exceptionnellement élevée", associée au souffle de la tramontane et à la chaleur pesant sur les Pyrénées-Orientales, met à mal leur "guerre" contre un violent incendie.
Canadairs, dash et hélicoptères bombardiers d'eau se sont succédé toute la journée au-dessus de la garrigue en flamme: l'incendie a déjà parcouru 2.000 hectares. Un panache de fumée grise et ocre se dégage des montagnes qui surplombent la commune d'Ille-sur-Têt.
Dans la zone de l'incendie, le directeur départemental du service d'incendie et de secours (Sdis66), Éric Belgioïno, relève "moins de 10% d'hygrométrie", du "jamais vu dans ce secteur-là", ce qui "favorise l'inflammation rapide des végétaux".
"C'est pour ça que les flancs droit et gauche (de l'incendie) se réactivent même après le passage des canadairs", qui déversent pourtant à chaque passage 6.000 litres chacun, a-t-il expliqué lors d'un point presse. "Nous sommes dans des conditions climatiques particulièrement dégradées."
Signe de la difficulté à contenir cette propagation, le scénario le plus redouté, celui d'un feu étendu au massif des Aspres, très aride et difficile d'accès, s'est finalement réalisé dimanche, entraînant l'ordre d'évacuation de 5.000 personnes d'une quinzaine de communes. Les 5.000 habitants d'Ille-sur-Têt ont à leur tour reçu l'ordre dimanche soir.
D'autres facteurs attisent l'incendie: la tramontane (vent du nord, nord-ouest) qui souffle sans discontinuer et la chaleur qui pèse sur le massif.
- "Flammèches" -
"La chaleur, le vent, l'hygrométrie, c'est comme du carburant. Les flammèches sautent, on a l'impression que c'est éteint et puis ça repart", soupire le maire d'Ille-sur-Têt, Alain Fabresse.
Dans la commune, le nuage de fumée fait planer une odeur de brûlé et le vent colporte des cendres. Les habitants ayant dû quitté leur logement, accueillis dans un gymnase de la commune avant que celle-ci ne soit à son tour évacuée, racontent le panache de fumée qui s'est avancé vers les habitations et l'odeur de bois brûlé qui "prend les narines" et "donne la nausée".
Sur son téléphone, un garçon de 12 ans installé avec ses trois chiens sur un matelas pneumatique montre les images d'un paysage rougeoyant et enfumé filmé pendant la nuit.
A quelques kilomètres de Trévillach, point de départ du feu, un hélicoptère bombardier d'eau lâche son chargement sur le flan d'une colline en flamme. Un peu plus loin, un dash largue une nuée rouge de retardant.
Longeant des collines noircies et des arbustes en feu, la départementale qui relie Ille-sur-Têt à Trévillach a été coupée. Camions et voitures de pompiers filent d'un point à l'autre au gré des reprises de feu.
Dans la garrigue, des pompiers casqués attaquent les flammes à la lance. Au total, 700 sont engagés.
La nuit dernière déjà, "la bataille a été rude", expliquait dans la matinée le colonel Stéphane Clerc.
En retrait du feu, des pompiers relayés se reposent assis par terre ou allongés sur des lits de camp, à l'ombre des arbres et des bâtiments.
Y.Bouchard--BTB