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Vingt-trois personnes toujours recherchées dans le violent feu de forêt qui a fait au moins 12 morts dans le sud de l'Espagne
Vingt-trois personnes n'avaient toujours pas été localisées vendredi, quasiment 24 heures après le départ d'un violent feu de forêt qui a fait au moins 12 morts, dont très probablement une majorité d'étrangers, dans une région du sud de l'Espagne où vivent notamment de nombreux Britanniques.
"Tout brûlait, les maisons, les vitres volaient en éclats", "des bonbonnes de gaz explosaient", a raconté à l'agence Atlas un résident évacué de la zone, ajoutant avoir vu certains habitants "s'échapper de justesse" d'une villa coincée au milieu d'une pinède.
"Les flammes dévoraient presque l’autoroute", a décrit Víctor Fernández, le prêtre de la paroisse de Bédar, où ont été retrouvées les victimes, sur la radio Cope.
Le curé explique que dans cette zone habitent beaucoup d'étrangers, "la plupart sont des personnes âgées, qui ont trouvé un havre de paix". "Ils vivent très isolés et même si on leur explique… Parfois, les personnes qui vivent dans la campagne connaissent les chemins, ou pensent les connaître...".
- Consignes pas suivies -
Les victimes retrouvées par les secours, toujours aux prises avec le sinistre près de Los Gallardos, en Andalousie, ont été piégées dans leur véhicule ou rattrapées par les flammes en tentant de s'enfuir à pied, selon les autorités.
Le bilan de ce feu de forêt, un des plus graves de l'histoire récente en Espagne, reste provisoire, puisque les autorités ne parviennent pas à localiser cette vingtaine de personnes, que les secours espèrent retrouver en vie. Huit personnes ont en outre été blessées, dont quatre grièvement par brûlures.
La zone dévorée par les flammes est composée de nombreux ravins, fossés et maisons dispersées à flanc de coteaux, qui ont favorisé la propagation de l'incendie et rendu difficile la mise à l'abri des riverains.
Devant l'avancée du feu, les autorités locales ont demandé à la population de se confiner dans certains cas et dans d'autres de quitter le domicile par un chemin précis.
Mais certaines des victimes n'ont pas tenu compte des consignes de sécurité qui leur avaient été données, a regretté Juan Manuel Moreno le président régional andalou, et "malheureusement, cela a eu pour conséquence leur mort".
Un peu plus tôt, le conseiller chargé des situations d'urgence de l'Andalousie Antonio Sanz avait indiqué que quatre personnes étaient mortes à bord d'une voiture, et sept autres en tentant de s'enfuir à pied.
D'après lui, les victimes emprisonnées dans l'habitacle de la voiture pourraient être britanniques d'après l'emplacement du volant (à droite) tandis que les victimes à pied pourraient "également être étrangères, belges ou britanniques".
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes ont publié des messages pour tenter d'avoir des nouvelles de leurs proches, comme Danielle Gillam-Kirton qui voudrait des nouvelles de ses parents qui vivaient à Bédar: "Ma mère m'a écrit hier à 18h53 pour dire qu'ils étaient évacués". Depuis, elle n'a plus aucune nouvelle.
Sophie Vandebroek a, elle, publié sur X une localisation supposée de son frère qui tentait de fuir les flammes et qu'elle recherche encore.
Plusieurs centaines de personnes ont été évacuées, et près de 500 pompiers et militaires sont déployés pour lutter contre cet incendie, aidés par une vingtaine d'engins aériens.
- "Traînée de poudre" -
Le feu est parti jeudi en fin d'après-midi d'un fossé après la rupture d'un câble d'alimentation électrique le long d'une route nationale dans la zone de Los Gallardos.
"Nous sommes face à un incendie très complexe, qui s'est propagé comme une traînée de poudre", a détaillé Juan Manuel Moreno, évoquant des flammes qui ont parcouru "15 km en deux heures", aidées par le vent, Almeria étant une des régions les plus venteuses d'Espagne.
Le terrain, sur lequel autour de 3.200 hectares ont déjà été ravagés, présente en effet "des zones très escarpées où l'accès est difficile, non seulement pour les camions-citernes eux-mêmes, mais surtout pour les engins lourds", a dit Juan Manuel Moreno.
Pays en première ligne du réchauffement climatique, l'Espagne a connu ces dernières années des vagues de chaleur de plus en plus longues, dès le printemps, puis l'été, avec des températures dépassant parfois les 40°C, créant les conditions pour des feux dévastateurs.
En 2025, plus de 393.000 hectares ont été ravagés par les flammes en Espagne, selon le Système européen d'information sur les incendies de forêt (Effis), soit les pires feux de l'histoire récente du pays, faisant huit morts.
pho-rs-ds-mig/mdm/pcl
G.Schulte--BTB