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Des ossements retrouvés dans le Tarn, Jubillar reconnaît "un acte abominable"
Cédric Jubillar a conduit jeudi les gendarmes à l'endroit où il affirme avoir enterré le corps de son épouse Delphine, où des ossements ont été retrouvés, cinq ans et demi après la disparition de l'infirmière dans le Tarn.
Cédric Jubillar, qui a avoué mercredi devant la justice avoir tué son épouse en décembre 2020, "reconnaît avoir commis un acte abominable" et "exprime des regrets très forts", a déclaré jeudi soir à BFMTV l'un de ses avocats, Pierre Debuisson.
"Des ossements qui pourraient être des ossements humains ont été retrouvés sur les lieux indiqués par Cédric Jubillar comme l'endroit où il avait déposé le corps de Mme (Delphine) Aussaguel", à une douzaine de kilomètres d'Albi, a déclaré à l'AFP le procureur général de la cour d'appel de Toulouse Nicolas Jacquet, confirmant une information divulguée par BFMTV.
Le lieutenant-colonel Stéphane Meyblum, commandant en second du groupement de gendarmerie du Tarn, a indiqué jeudi après-midi que les fouilles se poursuivaient, sans plus de précisions.
- Aveux actés -
Mercredi, le peintre-plaquiste de 38 ans a été extrait de prison et conduit au palais de justice de Toulouse pour donner sa nouvelle version des faits, à sa demande, deux mois avant son procès en appel, programmé pour débuter le 21 septembre devant la cour d'assises de Haute-Garonne.
"Il a été entendu par la présidente de la cour d'assises qui a acté ses aveux. M. Jubillar a indiqué précisément le lieu où il a déposé le corps", a précisé à l'AFP la première présidente de la cour d'appel de Toulouse, Chantal Ferreira.
Le 6 juillet, ses avocats avaient révélé un courrier dans lequel il admettait pour la première fois sa "responsabilité" dans la mort de l'infirmière de 33 ans et mère de leurs deux enfants.
Depuis plus de cinq ans et notamment pendant tout son procès très médiatisé devant les assises du Tarn, à l'issue duquel il a été condamné à 30 ans de réclusion en octobre, il avait toujours clamé son innocence.
Durant l'été 2025, une ex-compagne de l'accusé avait rapporté aux enquêteurs une confidence de Cédric Jubillar, qui lui avait dit avoir étranglé son épouse, avant de transporter, puis de brûler le corps.
Cédric Jubillar était accompagné de ses avocats Pierre et Guy Debuisson sur le lieu des recherches.
"On est surpris, on pensait pas qu'il l'aurait déposée ici. Il avait dit qu'on ne la retrouverait jamais", a confié à l'AFP une septuagénaire, habitante des environs.
Delphine Jubillar, née Aussaguel, avait disparu mystérieusement du domicile du couple en instance de divorce dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, pendant un couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19. Elle s'apprêtait à refaire sa vie avec un autre homme.
Dans une affaire sans corps, ni aveux, ni preuve formelle, l'intime conviction de la cour en première instance s'était forgée grâce à un faisceau d'indices concordants.
Le changement de ligne de défense de Cédric Jubillar, "c'est la confirmation que les enquêteurs étaient dans le vrai et que l'instruction a été bien menée, contrairement à ce que disaient les avocats de Cédric Jubillar", souligne un haut gradé de la gendarmerie qui requiert l'anonymat.
"On imagine qu'il y a une stratégie derrière" en vue du procès, ajoute-t-il.
- Sépulture et deuil -
Pour un de ses avocats, Guy Debuisson, Cédric Jubillar n'a "jamais eu l'intention de tuer" sa femme, laissant entendre que sa défense va contester la notion de meurtre pour privilégier celle des coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Pour Laurent Boguet, avocat des enfants, il est impossible d'invoquer les coups mortels si Delphine Jubillar est morte par étranglement, comme le relate une ex-compagne de Cédric Jubillar.
Pour Me Boguet, la découverte du corps est un "soulagement", elle va permettre une sépulture, un deuil et apporter des réponses aux enfants, en particulier à Louis, le fils aîné des Jubillar, qui avait 6 ans au moment de la disparition de sa mère.
Et les aveux de Cédric Jubillar "éclairent différemment le dossier", après "les tergiversations et les mensonges", poursuit-il.
La tenue du procès à partir du 21 septembre à Toulouse semble incertaine. Les avocats de la défense jugent "impossible" que le procès en appel se tienne comme prévu, un avis partagé par l'avocat des enfants.
Incarcéré à l'isolement à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse, Cédric Jubillar s'est vu retirer en décembre l'autorité parentale sur ses deux enfants, onze et six ans, confiés par la justice à leur tante maternelle.
ap-vgr-gf-vmt/dmc/cbn
M.Ouellet--BTB