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Incendies pas encore maîtrisés en France et en Espagne : près de 270.000 évacuations
Les incendies en Espagne et en France n'étaient pas encore maîtrisés samedi et ont forcé l'évacuation de près de 270.000 personnes autour de Madrid et près de la grande ville française de Bordeaux, où le ministre de l'Intérieur a évoqué une légère "accalmie".
Un peu d'optimisme souffle sur les terribles feux qui ravagent la France et l'Espagne. Dans le département français de la Gironde (sud-ouest), "le feu a été moins virulent cette nuit que ce que nous pouvions craindre" et "n'est plus convectif", c'est-à-dire qu'il ne s'autoalimente plus, a déclaré M. Nuñez, évoquant "un peu" une "accalmie".
Depuis vendredi, les autorités ont ordonné à tous les habitants de partir de la très touristique presqu'île française du Cap-Ferret, près de Bordeaux, par la route mais aussi par bateau.
Dans un des immenses hangars du parc des Expositions de la ville qui accueillaient entre 5 et 6.000 personnes évacuées, Olivier Stewart, 38 ans, qui a quitté Mérignac dans la nuit avec sa femme et leurs jeunes enfants dès qu'ils ont reçu une alerte sur leur téléphone, raconte que "c'est surtout les enfants qui sont stressés, ils pensent que le feu va brûler la maison, mais nous ça va".
"On est arrivés hier (vendredi) vers 19 heures. On a mis à peu près quatre heures pour arriver, parce qu'il y avait des bouchons", explique Frédéric Tavitian, retraité de 70 ans, qui accorde sa guitare assis sur son lit de camp.
"À 15 heures, on nous a dit: +il faut évacuer+. On a vu des colonnes de fumée, comme un volcan qui allait exploser. Et on est partis", confie-t-il.
- "Plus gros feu de la saison" -
Les flammes ont déjà parcouru plus de 32.000 hectares, soit trois fois la superficie de Paris, et détruit au moins 100 bâtiments, ont indiqué les autorités à propos du "plus gros feu de la saison".
Les automobilistes ont été appelés à éviter la Gironde et à laisser les "routes libres pour les secours", alors que la journée de samedi est classée rouge (circulation très difficile) dans le sens des départs en vacances.
"C'est de la désolation", souffle Matthieu Plessis, 40 ans, en découvrant samedi ses poules au plumage noirci et les ruines encore fumantes de sa maison le long de la route reliant Lège-Cap-Ferret au Porge à travers la Gironde incendiée.
Il avait quitté les lieux vendredi et sa maison, "encore là hier soir", "a brûlé dans la nuit". "C'était l'enfer, à 15H00, il faisait nuit tellement il y avait de fumée et on a vu les pompiers partir au fur et à mesure, les vents ont tourné et il n'y avait plus personne pour protéger les maisons."
En Espagne, où de terribles incendies font rage également, la priorité est de "sauver des vies", a insisté samedi matin le Premier ministre Pedro Sanchez.
Le préfet régional, Francisco Martín Aguirre, a averti que la journée de samedi serait "difficile" en raison "des rafales erratiques", mais là aussi couve un relatif optimisme. Avec l'augmentation de "l'humidité relative" et "la baisse des températures (...) il y a désormais une réelle opportunité de s'attaquer à cet incendie avec de bonnes chances de succès", poursuit-il.
Deux feux de forêt distincts se sont rejoints vendredi pour ne plus former qu'un immense brasier, qui était sur le point de fusionner avec un autre encore dans la région voisine de Castille-et-León.
Le ciel de Madrid est couvert d'une brume de fumée brun-gris. Les flammes déchaînées ont ravagé jusqu'à 25.000 hectares à l'ouest de cette grande capitale européenne.
Les pompiers se sont battus toute la nuit contre le "pire incendie de l'histoire" dans la zone, selon les autorités régionales. Avec des engins de chantier les pompiers essayaient d'étouffer les feux de prairies.
"Chaque été, il y a des incendies", mais "celui-ci a été terrible", a dit à l'AFP Mar Nicolás, la maire de Brunete, tout près d'autres localités évacuées ou touchées par les flammes.
Dans la région de Madrid, plus de 70.000 personnes avaient désormais été évacuées, a annoncé le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska.
Plus de 1.200 personnes âgées et personnes handicapées ont été évacuées vendredi d'établissements de soins et maisons de retraite.
- "Mes yeux me brûlent" -
Jacqueline Villafranca, 38 ans, originaire du Pérou, a été évacuée vendredi du village de Navalagamella avec son mari et ses deux filles de 16 ans et 2 ans vers la banlieue nord de Madrid, à Alcobendas.
"Ici, on peut respirer normalement — hier (à Navalagamella), c'était insupportable, raconte-t-elle à l'AFP. Ma fille m'a dit : +Maman, je ne peux pas ouvrir les yeux, mes yeux me brûlent+. Et puis les alertes ont commencé à retentir et j'ai évacué".
En France comme en Espagne, ces incendies sont la conséquence de forêts et végétations rendues plus inflammables par la sécheresse et les vagues de chaleur exceptionnelles qui se sont succédé depuis juin en Europe de l'Ouest.
Aucun décès n'a été rapporté pour le moment dans les deux pays.
Quelques heures après la France, l'Espagne a annoncé avoir activé le "Mécanisme européen de protection civile" et demandé "quatre moyens aériens de lutte contre les incendies", indiquant que la Grèce avait "accepté la demande, offrant deux avions Canadair".
L'Union européenne a déployé quatre avions en Espagne et trois en France, a indiqué la Commission européenne.
Au total, près de 168.000 hectares ont déjà brûlé depuis le 1er janvier en Espagne, selon le Système européen d'information sur les feux de forêt (EFFIS), et 98.000 en France selon Sébastien Lecornu.
Même le nord de l'Europe est touché : les pompiers écossais luttaient samedi contre un incendie de végétation dans le parc national de Cairngorms, déclaré "incident majeur" par les autorités qui ont demandé à la population d'évacuer.
burx-eba/thm
M.Ouellet--BTB