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En bord de Méditerranée, des patrouilles de drones dopés à l'IA pour éviter les noyades
"Si vous êtes en difficulté, nous allons larguer une bouée", annonce depuis les airs un drone dopé à l'intelligence artificielle, à quelques brasses du bord de mer à Valras-Plage (Hérault), dans le sud de la France, où est actuellement testé ce dispositif destiné à détecter les risques de noyade.
Les trois canicules qui se sont succédé depuis mai en France ont entraîné une hausse des noyades. En deux mois et demi, 274 personnes ont péri dans la mer, dans des cours d'eau ou dans des piscines privées, sans compter les noyades non mortelles pouvant entraîner de lourdes séquelles.
Près de Béziers, sur le littoral méditerranéen, la société Instadrone, spécialisée dans l'usage de drones en milieu industriel, souhaite étendre son activité à la surveillance des zones de baignades. Elle a pour cela reçu le soutien de l'agglomération et de la station de Valras, qui financent les tests actuellement en cours.
Ceux-ci devraient permettre l'octroi d'ici à un mois des autorisations nécessaires, dans la perspective d'une mise en oeuvre complète pour l'été 2027.
"Larguer des bouées avec un drone, ça se fait depuis cinq ans dans les Landes. Mais c'était en mode piloté. Nous, on apporte l'automatisation complète", a expliqué à l'AFP le fondateur d'Instadrone, Cédric Botella, au pied du poste de secours principal, à deux pas du casino de la station balnéaire.
Le dispositif se présente sous la forme d'une grosse boîte métallique, à l'intérieur de laquelle un drone est prêt à décoller à tout moment, de nuit comme de jour, grâce notamment à sa caméra thermique.
En mode "patrouille", il a pour mission de "parcourir les 2,5 km de plage en volant derrière les brise-lames, en volant longitudinalement par rapport à la plage, sans survoler les gens qui se baignent mais en orientant vers eux ses caméras, en évitant toutefois de filmer les gens sur la plage", ajoute M. Botella, un ancien officier de la police judiciaire reconverti dans l'entrepreneuriat.
- Comportement erratique -
"S'il détecte un comportement erratique, comme quelqu'un qui +fait le bouchon+, il va s'en rapprocher et lui envoyer un message audio pour lui dire que quelqu'un va venir. Si besoin, il lui larguera en attendant une bouée qui se gonfle automatiquement au contact de l'eau", poursuit M. Botella.
Autre hypothèse : un maître-nageur repère une personne en difficulté, ou quelqu'un vient la lui signaler. Dans ce cas, le sauveteur, qui sera formé à cette nouvelle technique, prendra les commandes du drone et l'enverra à l'endroit précis pour évaluer la situation.
Enfin, "si lors d'un bain de minuit, il y a un événement, il y aura un numéro d'urgence qui nous permettra de faire décoller le drone immédiatement et de rechercher la position de la personne", dit-il également.
En vitesse de croisière, le coût du système est d'environ 2.000 euros par mois pour la collectivité qui l'adoptera, selon le chef d'entreprise, qui espère sa généralisation.
"La vie n'a pas de prix", relève le maire de Valras-Plage, Daniel Ballester, qui soutient fermement l'initiative et est venu observer les derniers essais.
"Ça ne remplacera pas les hommes, mais ça ouvre de nouvelles façons d'être opérationnel", ajoute l'élu, qui souhaite étendre la surveillance de son littoral aux moments de la journée (matins et soirs) et aux périodes de l'année où les plages ne sont pas surveillées par des secouristes.
En mai, la précocité d'une première vague de chaleur en France avait entraîné sur les rivages méditerranéen et atlantique un afflux inhabituel de visiteurs alors que les plages n'étaient pas encore surveillées, posant un défi en termes de sécurité.
C.Meier--BTB