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Incendies aux Etats-Unis: un suspect arrêté, sidération et colère chez les habitants
Les incendies dans le nord-ouest des Etats-Unis continuent mardi d'enfumer la ville de Spokane, où les habitants sont partagés entre la sidération face aux centaines de maisons réduites en cendres et la colère envers le suspect accusé d'avoir déclenché l'un des feux.
Des quartiers entiers ont été rasés par les flammes, qui sévissent depuis samedi dans l'Etat de Washington.
Plus de 65.000 personnes ont dû évacuer, face aux trois incendies qui cernent cette ville de 230.000 habitants, située à quatre heures de route de Seattle. Les autorités n'ont pour l'instant pas fait état de morts.
L'un d'entre eux aurait été déclenché volontairement par un homme arrêté lundi soir en possession d'allumettes étanches et d'un briquet en butane, après avoir été aperçu par un témoin près du lieu du départ du feu, selon les autorités.
Cet Américain de 37 ans, Aaron Farinacci, a passé presque 10 ans en prison pour avoir tué son père, avant d'être libéré en 2020. Il a été placé en détention provisoire, avec une caution fixée mardi à un million de dollars par un juge.
A Spokane, où au moins 700 bâtiments sont partis en fumée, les habitants n'en reviennent pas.
"C'est difficile de mettre des mots sur ce sentiment de colère et de dégoût envers quelqu'un qui se moque du sort de milliers de personnes", a confié à l'AFP Kimber Renz. "C'est révoltant, c'est affreux. J'espère qu'il aura ce qu'il mérite."
Cette directrice de crèche de 35 ans a perdu la maison où elle habitait avec ses trois enfants et son conjoint, où elle venait d'emménager après leur mariage il y a deux mois.
Sous les ruines fumantes, elle n'a retrouvé que quelques meubles de jardin et des moules à gâteaux en métal.
"C'est dur de voir toutes ses affaires disparaître comme ça", lâche-t-elle. "Le chagrin va et vient par vagues. J'ai beaucoup pleuré."
"On essaie d'être fort pour nos enfants", ajoute-t-elle. "Ils sont sains et saufs, notre chien et notre poisson aussi, alors nous sommes reconnaissants d'être en vie."
- Sécheresse -
Ce week-end, les vents violents, les températures caniculaires et la sécheresse qui sévit dans l'Etat de Washington depuis quatre ans ont accéléré la propagation des flammes.
A 35 ans, dont autant passés à Spokane, Mme Renz est encore stupéfaite par la vitesse avec laquelle le feu a sauté la rivière de la ville pour engloutir son quartier.
"On pensait qu'on était à l'abri", avoue-t-elle. "Nous avions la rivière, donc nous ne pensions pas que le feu pourrait la franchir et arriver jusqu'ici."
Ce désastre intervient après "l'un des hivers les plus chauds enregistrés dans l'Est de l'Etat", a souligné Daniel Swain, spécialiste des événements extrêmes à l'université UCLA.
La catastrophe correspond à "un schéma récurrent que nous observons encore, encore et encore", a observé le climatologue, en comparant la situation de Spokane aux incendies actuels en France et en Espagne, ou à ceux de Los Angeles l'an dernier et Hawaï en 2023.
Aucun des trois incendies, qui ont ravagé plus de 4.140 hectares autour de Spokane, n'est pour l'instant contenu.
La baisse momentanée des températures et des vents a permis aux pompiers de faire des progrès mardi. Mais le mercure doit de nouveau grimper au-delà des 32°C à partir du milieu de semaine, ce qui inquiète les autorités.
"Ces conditions devraient accroître les risques d'incendie, avec une nouvelle période de conditions météorologiques critiques pour les feux prévue pour la fin de la semaine et le week-end", souligne le dernier bulletin des autorités.
Spokane est loin d'être le seul endroit en proie aux flammes dans le nord-ouest américain, qui connaît l'une des pires saisons des incendies de son histoire.
Rien que dans l'Etat de Washington, les pompiers luttent contre plus de 16 grands incendies.
Le gouverneur démocrate Bob Ferguson a annoncé mardi que l'administration Trump avait approuvé sa déclaration d'état d'urgence, qui permet de débloquer des aides fédérales pour faciliter les secours, l'hébergement des personnes évacuées et les soins.
L'Oregon voisin subit de son côté plus d'une trentaine d'incendies majeurs. Ils ont ravagé plus de 405.000 hectares en deux semaines et provoqué l'évacuation de milliers d'habitants de zones rurales.
S.Keller--BTB