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Corse: le FLNC rejette le projet d'autonomie et menace les non-Corses venant vivre dans l'île
Par la voix d'hommes en armes, le groupuscule clandestin indépendantiste Front de libération nationale corse - Union des Combattants (FLNC-UC) a vivement rejeté l'autonomie actuellement en discussion pour l'île et tous ses soutiens, menaçant également les non-Corses venant vivre dans l'île.
Lors d'une conférence de presse clandestine révélée mercredi soir par Corse-Matin qui a été le seul média à y participer, une quinzaine d'individus cagoulés et armés, dans un lieu tenu secret et à une date non spécifiée, ont qualifié le processus qui vise à donner une autonomie à la Corse dans la République et qui a été approuvé le 23 juin par l'Assemblée nationale, de "mascarade".
Comme lors de leur précédente conférence de presse clandestine en janvier 2024, ils estiment que le projet de loi constitutionnelle, qui doit être examiné au Sénat à partir du 21 octobre, "aboutit à la négation de l'existence de notre peuple et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies".
Ils annoncent être "déjà dans l'après-Beauvau".
Le groupuscule s'en prend à tous les soutiens de ce processus: aux partis nationalistes (Femu a Corsica, Core in Fronte, Parti de la nation corse) en assurant que ceux "qui s'expriment au nom du mouvement national, tout en soutenant le dit processus Beauvau, commettent une duperie sans précédent à l'égard de notre peuple".
Mais aussi aux "manipulateurs haut placés", à la "caste de groupes financiers corses" et aux collectifs antimafia, sans les nommer mais en assurant ne jamais pouvoir "être aux côtés de ceux qui soutiennent les logiques" de "justices d'exception", défendues par les collectifs.
Sans préciser comment, ils appellent le mouvement national, "celui de la résistance", à trouver "les voies et les moyens de créer un nouveau rapport de force politique".
Plus menaçant, ils attaquent "la colonisation de peuplement galopante" représentée par "l'arrivée massive de près de 5.000 étrangers, dont une grande majorité de Français" sur l'île chaque année, que ce soit pour y travailler ou du fait de l'augmentation "démentielle" des résidences secondaires.
- "Envahisseurs" -
"Collaborer à la validation de textes constitutionnels réaffirmant (...) les principes qui favorisent et vont permettre d'amplifier cette colonisation de peuplement est une grave faute politique", insistent-ils.
"En attendant que nos droits nationaux soient reconnus et respectés, nous n'avons qu'un message à leur adresser: restez chez vous", "et dans le cas contraire, ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national", menacent-ils en s'adressant aux "envahisseurs".
Le FLNC, qui prône "l'indépendance nationale", assure néanmoins qu'il "continuera à jouer pleinement son rôle en soutenant par nos efforts de paix, pour l'heure unilatéraux, toutes les initiatives qui concourront réellement à une solution politique à laquelle notre peuple aspire depuis des décennies."
Le FLNC, apparu pour la première fois en 1976, il y a 50 ans, avec une profession de foi retrouvée dans les décombres de 18 attentats lors d'une première "nuit bleue", est depuis devenu une nébuleuse opaque, résultat de scissions, luttes fratricides et recompositions.
La dernière "nuit bleue" que le mouvement a revendiquée remonte à octobre 2023 lorsque 45 explosions avaient visé principalement des résidences secondaires mais aussi un centre des impôts désaffecté à Ajaccio, sans faire de blessés.
A.Gasser--BTB