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Thaïlande : éleves et professeurs pleurent une fillette tuée dans la fusillade
Des dizaines d'élèves, de parents et d'enseignants endeuillés se sont rendus dans un temple bouddhiste en Thaïlande dimanche pour prier auprès du corps d'une fillette de 12 ans, l'une des huit victimes de la fusillade survenue deux jours plus tôt dans une école.
L'assaillant de 14 ans a abattu ses grands-parents, qui l'avaient élevé, à leur domicile au nord de Bangkok vendredi, avant de tuer six autres personnes dans son école avec le pistolet de son grand-père, puis de retourner l'arme contre lui, ont indiqué les autorités.
Les enquêteurs cherchent encore un mobile, mais la police a indiqué dimanche que le garçon avait regardé des vidéos violentes en ligne et avait déjà apporté une réplique d'arme à air comprimé à l'école. Les autorités avaient indiqué auparavant qu'il était stressé par sa scolarité et un camarade de classe a affirmé qu'il était victime de harcèlement.
Des personnes en deuil, vêtues de noir, se sont rassemblées dimanche dans le pavillon du Wat Lat Pla Duk, dans la province de Nonthaburi, limitrophe de Bangkok, où reposait le corps de l'écolière tuée, Naphat Chaima, pour un bain rituel.
Elle est décédée à l'hôpital samedi après avoir été blessée par balle, a indiqué la police. Cinq enseignants et membres du personnel scolaire ont également été tués vendredi.
- "Elle adorait danser" -
Certaines des personnes venues se recueillir ont versé délicatement de l'eau sur une main de la défunte, tandis que d'autres allumaient des bâtons d'encens avant de prier.
"C'était une enfant gentille. Une enfant qui aimait participer à toutes les activités", a déclaré sa professeure de musique, qui a refusé de donner son nom. "Elle adorait danser."
Plusieurs psychologues étaient disponibles pour accompagner les enfants en deuil et leurs parents, a constaté une journaliste de l'AFP.
Une autre femme a expliqué que sa fille de 12 ans était dans la même classe que la fillette décédée. Elles avaient fait du cheerleading ensemble.
"Cette famille a perdu sa fille. Je suis venue soutenir la mère" qui a perdu son enfant trop tôt, a-t-elle confié à l'AFP.
Elle a dit souhaiter que l'école renforce la sécurité, se demandant comment le tireur adolescent avait pu introduire une arme et des munitions dans l'établissement.
Mais en fin de compte, la situation était "hors du contrôle", a-t-elle reconnu. Sa fille, physiquement indemne, a pu échapper par une porte arrière, a-t-elle ajouté.
- "Véritable cause" -
Les enquêteurs ont interrogé 17 témoins et examinent l'ordinateur et le téléphone du garçon afin de déterminer la "véritable cause de la fusillade", a déclaré dimanche Atthapol Anusit, commandant adjoint de la police pour la région entourant la capitale.
"En examinant son ordinateur, nous avons découvert qu'il regardait des vidéos violentes sur les réseaux sociaux", a déclaré M. Atthapol. "Grâce aux enfants interrogés, nous savons qu'il a apporté un pistolet à plombs à l'école, l'année dernière et qu'un enseignant le lui avait confisqué."
Les témoins ont déclaré à la police que le garçon s'intéressait aux armes à feu depuis un an ou deux, a détaillé M. Atthapol, ajoutant qu'il avait appris à en utiliser une sur les réseaux sociaux.
L'enfant vivait chez ses grands-parents depuis l'âge de deux ans, après que ses parents se soient séparés, a-t-il ajouté.
Le père du garçon a présenté ses excuses "à la société pour ce que mon fils a fait" vendredi, d'après des médias locaux.
Selon le Premier ministre thailandais Anutin Charnvirakul, le garçon souffrait de stress lié à la scolarité et sa grand-mère décédée était une ancienne enseignante qui était "assez stricte avec lui concernant ses études".
La Thaïlande affiche l'un des taux de possession d'armes à feu les plus élevés de la région, avec environ 10 millions d'armes en circulation, soit à peu près une pour sept habitants.
Les autorités ont promis des lois plus strictes sur les armes, mais les engagements passés n'ont pas empêché de nouvelles fusillades de se produire.
H.Seidel--BTB