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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Mondial et discriminations: pas de guerre du brassard, mais la tension couve
Menacées de "sanctions sportives" par la Fifa si leur capitaines arboraient durant le Mondial-2022 le brassard multicolore "One Love", les sept équipes européennes encore engagées dans cette campagne contre les discriminations, ont préféré renoncer lundi à ce geste symbolique.
Ce petit bout de tissu avec un coeur rempli de six bandes colorées, censées symboliser l'inclusion et la diversité, aura été l'une des "stars" de l'avant Mondial disputé dans un pays, le Qatar, très critiqué pour le sort qu'il réserve aux personnes LGBTQ+. Comme les relations sexuelles hors mariage, l'homosexualité y est criminalisée.
Au départ, huit équipes -- Allemagne, Angleterre, Belgique, Danemark, France, Pays-Bas, pays de Galles et Suisse -- s'étaient engagées, avec la Norvège et la Suède, non qualifiées pour le Mondial.
Mais, dès la semaine dernière, la France avait annoncé qu'elle ne défierait pas les réticences croissantes de la Fifa -et celles de son président Noël Le Graët- à l'égard de cette initiative.
La perspective de sanctions financières n'avait pas dissuadé les sept derniers réfractaires, mais celle de sanctions sportives, sous la forme d'un carton jaune au capitaine, ont fini par les convaincre de jeter l'éponge, non sans amertume.
- A cheval sur le règlement -
"En tant que fédérations nationales, nous ne pouvons pas demander à nos joueurs de risquer des sanctions sportives, y compris des cartons jaunes", ont écrit les fédérations des sept pays dans un communiqué commun.
"Nous étions prêts à payer des amendes (...) mais nous ne pouvons pas mettre nos joueurs dans la situation où il pourraient être avertis, voire devoir quitter le terrain" (en cas de second carton jaune), ont-elles aussi fait valoir.
Longtemps silencieuse sur le sujet, la Fifa, qui y voyait une critique implicite du pays hôte, avait réagi samedi en dégainant ses propres brassards de capitaine, porteurs de messages beaucoup plus consensuels, comme "Sauvez la planète", "L’Éducation pour tous" ou encore "Non aux discriminations".
Lundi, l'instance suprême du football mondial a annoncé que ses brassards officiels floqués du message "Non aux discriminations" seraient utilisables par les capitaines dès à présent, alors que ce mot d'ordre devait apparaître en principe lors des quarts de finale.
"Cela est conforme à l'article 13.8.1 du règlement de la Fifa sur les équipements qui stipule que +Pour les phases finales des compétitions Fifa, le capitaine de chaque équipe doit porter le brassard de capitaine fourni par la Fifa+", a souligné l'organisation avec autorité.
Son président, Gianni Infantino, a également assuré à nouveau que le Mondial-2022 était ouvert à la communauté LGBTQ+.
- Le "mépris" de la Fifa -
"J'ai parlé aux plus hautes autorités du pays. Elles ont confirmé et je peux confirmer que tout le monde est le bienvenu. Si quiconque affirme le contraire, eh bien ce n'est pas l'avis du pays et ça n'est certainement pas l'avis de la Fifa", a-t-il asséné dans le communiqué.
Mais c'est peu dire que cette prise de position aussi tardive qu'autoritaire de la Fifa ne passe pas auprès des équipes concernées.
"Quelques heures avant le premier match, la Fifa nous a (officiellement) précisé que le capitaine recevrait un carton jaune s'il portait le brassard de capitaine OneLove. Nous regrettons profondément qu'il n'ait pas été possible de parvenir ensemble à une solution raisonnable", a ainsi déclaré la fédération néerlandaise KNVB, qui était à l'origine de l'initiative annoncée il y a deux mois.
"La KNVB aurait payé une éventuelle amende pour avoir porté le brassard de capitaine OneLove, mais que la Fifa veuille nous punir sur le terrain pour cela, c'est du jamais vu", a-t-elle insisté.
L'affaire est loin d'être close: "Avec les autres pays concernés, nous porterons un regard critique sur nos relations avec la Fifa dans la période à venir", a promis la KNVB.
Les supporters non plus n'apprécient guère, comme la Football Supporters' Association (FSA) britannique qui parodiant l'anaphore d'Infantino lors de sa conférence de presse samedi: "Aujourd'hui les supporters LGBTQ+ et leurs alliés se sentent en colère. Aujourd'hui on se sent trahis. Aujourd'hui on sent le mépris d'une organisation qui a montré ses vraies valeurs en donnant un carton jaune aux joueurs et un carton rouge à la tolérance".
K.Brown--BTB