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De Pierre Niney à Deneuve, le cinéma français a rendez-vous pour les 50e César
De Catherine Deneuve, présidente de la cérémonie, à Pierre Niney et François Civil, qui s'affrontent pour le titre de meilleur acteur, le cinéma français a rendez-vous vendredi soir à l'Olympia, à Paris, pour la 50e cérémonie des César.
Deux grands succès populaires, "Le Comte de Monte-Cristo" et "L'Amour ouf", sont en lice, aux côtés de la comédie musicale "Emilia Perez" de Jacques Audiard, pour succéder à "Anatomie d'une chute", grand vainqueur de l'an dernier.
L'Académie a mis les petits plats dans les grands pour cette 50e grand-messe du 7e art, en confiant la présidence à la reine des actrices françaises, Catherine Deneuve. Celle-ci boudait la cérémonie ces dernières années mais a accepté de se prêter au jeu pour cet anniversaire.
La tâche d'animer la soirée, retransmise en direct à partir de 20H45 (19H45 GMT) sur Canal+, est confiée à l'une des nouvelles valeurs sûres de l'humour à l'écran, Jean-Pascal Zadi ("Tout simplement noir"). Avec pour mission de maintenir l'audience qui a commencé à se redresser l'an dernier.
Pour l'épauler, une brochette de personnalités, parmi lesquelles les comédiens Emmanuelle Béart, Cécile de France, Pio Marmaï et la réalisatrice Justine Triet. Deux grands noms du cinéma seront également célébrés: Julia Roberts et Costa-Gavras recevront un César d'honneur.
- Chemin de croix -
Concernant les lauréats, le suspense reste entier. Mais les César ont de quoi renouer avec le grand public et les films plus populaires. Même si le plus grand succès de l'année, "Un p'tit truc en plus" d'Artus (10,8 millions d'entrées en France), devra se contenter au maximum d'un prix, celui du meilleur premier film. En tournée pour son spectacle, l'humoriste n'a pas fait le déplacement à l'Olympia.
A eux deux, "Le Comte de Monte-Cristo" et "L'Amour ouf" cumulent plus de 14 millions d'entrées en France et symbolisent ce cinéma français ambitieux qui a su attirer à nouveau les jeunes et les spectateurs occasionnels. La comédie sociale "En Fanfare", avec Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin, pourrait également être distinguée.
Quel destin pour l'autre long-métrage donné favori jusqu'à ces dernières semaines, "Emilia Perez" de Jacques Audiard? Cette comédie musicale en espagnol sur la transition de genre d'un narcotrafiquant mexicain, à laquelle tout réussissait depuis sa présentation à Cannes, vit désormais un chemin de croix.
A la polémique au Mexique sur la façon dont le film représente la violence liée au narcotrafic se sont ajoutés d'anciens messages de l'actrice principale, Karla Sofia Gascón, sur les réseaux sociaux. Elle y qualifie l'islam de "foyer d'infection pour l'humanité" et raille la diversité dans le divertissement ou encore le mouvement anti-raciste après la mort de George Floyd, un Noir-Américain tué par la police en 2020.
Depuis, la campagne d'"Emilia Perez" pour les Oscars aux Etats-Unis est plombée. Et quel sera l'impact sur les 4.951 votants des César, qui s'expriment à bulletins secrets? Si Karla Sofia Gascón semble hors jeu, sa co-star hollywoodienne Zoe Saldaña pourrait encore arracher le prix de la meilleure actrice.
- Enjeux politiques -
La composition de l'Académie des César a, par ailleurs, été profondément renouvelée après des années où elle a été accusée d'entre-soi et de fermer les yeux sur les violences sexistes et sexuelles.
L'Académie a annoncé renforcer encore ses règles en la matière, expliquant que tout membre mis en cause par la justice pour une affaire de ce type serait désormais suspendu.
Comme chaque année, les enjeux politiques du moment planeront aussi au-dessus de la cérémonie, à laquelle doit assister la ministre de la Culture Rachida Dati.
Le groupe Canal+, diffuseur de la soirée et premier financeur du cinéma français, est engagé dans un bras de fer pour conserver ses privilèges face aux plateformes en matière de délais de diffusion des films ou réduire sa facture. L'influence et les ambitions politiques de son propriétaire, le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, sont également dénoncés par une partie du milieu artistique.
Les artistes pourraient aussi profiter de la tribune pour faire part de leurs inquiétudes sur les coupes budgétaires infligées à la culture ou les menaces que fait planer l'intelligence artificielle sur la création.
T.Bondarenko--BTB