-
Cuba: un pétrolier russe sous sanctions attendu lundi, défiant le blocus américain
-
L'OMC joue les prolongations à Yaoundé, le Brésil entre en jeu
-
A Pustavacs, un village en principe acquis à Viktor Orban, les coeurs balancent
-
Guerre au Moyen-Orient: en Inde, les fabricants de céramique à l'arrêt faute de gaz
-
Protection internationale pour 40 nouvelles espèces migratrices
-
Guerre au Moyen-Orient : entretiens à Islamabad entre Pakistan, Arabie Saoudite, Turquie et Egypte
-
In Flanders Fields/Wevelgem: Philipsen s'impose, avec les compliments de Van der Poel
-
Angleterre: Tudor débarqué, Tottenham encore à la recherche d'un entraîneur
-
Corée du Nord: côté chinois, l'attente d'une réouverture du tourisme
-
A Singapour, le parkour dope la santé et la confiance des plus âgés
-
Angleterre : la garde à vue de l'automobiliste qui a percuté des piétons se poursuit
-
La liquidation de l'Institut national de la consommation publiée au JO
-
A la banque centrale des Etats-Unis, le changement de chef dans les limbes
-
Patinage artistique: après une année en or, quelle suite pour Cizeron et Fournier Beaudry?
-
Cyclisme: Vingegaard remporte le Tour de Catalogne, Gilmore décroche la dernière étape
-
A Beyrouth, des bénévoles risquent leur vie pour sauver les animaux sous les bombardements
-
Guerre au Moyen-Orient : début des entretiens entre Pakistan, Arabie Saoudite, Turquie et Egypte
-
Népal: détention prolongée pour l'ex-Premier ministre, nouvelle arrestation d'un membre de l'ancien gouvernement
-
Le Patriarche latin de Jérusalem empêché d'accéder au Saint-Sépulcre pour la messe des Rameaux
-
L'OMC s'achemine vers un accord a minima sur sa réforme
-
Deux drones non identifiés se sont écrasés en Finlande, selon le gouvernement
-
50 ans d'Apple: cinq anecdotes sur la marque à la pomme
-
Dimanche des Rameaux: la police israélienne empêche le Patriarche latin de Jérusalem d'accéder au Saint-Sépulcre
-
Apple, 50 ans et un défi existentiel : réussir le tournant de l'IA
-
Funérailles à Beyrouth de trois journalistes libanais tués par une frappe israélienne
-
Deux nouvelles interpellations dans l'enquête sur l'attentat déjoué contre Bank of America à Paris
-
Au Népal, l'ex-Premier ministre devant un juge, nouvelle arrestation d'un membre de l'ancien gouvernement
-
L'ancien plumassier du Lido jugé pour viols et agressions sexuelles sur mineurs
-
A Paris Emmanuel Grégoire prend le relais d'Anne Hidalgo à l'Hôtel de ville
-
Corée du Nord: Kim Jong Un assiste à un nouvel essai de moteur de missile à combustible solide
-
Allemagne: la baleine échouée sur la côte baltique s'est libérée
-
Angleterre: un automobiliste percute des piétons, sept blessés graves
-
Au Népal, nouvelle arrestation d'un membre de l'ancien gouvernement
-
La Réunion: reprise d'éruption au Piton de la Fournaise
-
F1: Kimi Antonelli (Mercedes) remporte le GP du Japon et prend la tête du championnat
-
NBA: les Spurs de Wembanyama sereins, Doncic suspendu un match
-
Foot: le Portugal cale contre de solides Mexicains dans leur mythique Azteca
-
L'Iran revendique des attaques contre des sites industriels majeurs dans le Golfe
-
Foot: le Portugal cale contre des Mexicains électriques dans leur mythique Azteca
-
Après sa victoire à Paris, Emmanuel Grégoire s'installe à l'Hôtel de ville
-
Des foules de manifestants à travers les Etats-Unis pour protester contre Trump
-
Plusieurs millions de manifestants à travers les Etats-Unis pour protester contre Trump
-
Top 14: Pau à nouveau dauphin de Toulouse, La Rochelle replonge, Toulon s'enfonce
-
Patinage: Cizeron et Fournier Beaudry couronnent leur saison avec l'or mondial
-
Tennis: après Indian Wells, Sabalenka titrée à Miami en battant Gauff en finale
-
Les Houthis du Yémen visent à nouveau Israël et entrent dans la guerre au Moyen-Orient
-
Des milliers de rassemblements à travers les Etats-Unis pour protester contre Trump
-
Cuba: deux voiliers d’aide humanitaire arrivent à La Havane après une perte de contact
-
Top 14: Pau à nouveau dauphin de Toulouse, Toulon s'enfonce
-
Foot: le Sénégal, déchu de son titre, exhibe le trophée de la CAN et bat le Pérou
Argentine: l'Esma, enfer de la dictature devenu lieu de mémoire "qui guérit"
L'Ecole de mécanique de la Marine (Esma) à Buenos Aires, inscrite mardi au Patrimoine mondial de l'Unesco, est le plus tristement célèbre centre de détention et de torture de la dictature argentine (1976-1983), un enfer devenu lieu de mémoire, poignant témoin qui interdit oubli, ou déni.
"La Esma". Quatre lettres que chacun identifie immédiatement en Argentine, et qui renvoient à la période la plus sombre du pays, la dictature militaire qui laissa dans son sanglant sillage 30.000 tués ou disparus, selon l'estimation d'organisations de droits humains.
Environ 5.000 d'entre eux passèrent par ce "CCD", autre acronyme célèbre, un "centre de détention clandestin" comme l'Argentine en compta des centaines, de divers tailles et "rendement". Le plus souvent intégrés -cachés- dans une base, un site militaire, policier, mais aussi dans des bâtiments civils, usines, maisons...
L'Esma fut le plus "actif", est le plus connu. Ici on a torturé, frappé, violé, on a maintenu de longs mois des détenus menottés, la tête recouverte d'une capuche. Dans l'espoir de les voir dénoncer d'autres "subversifs". On a fait accoucher de jeunes détenues enceintes, dont les bébés furent remis à des familles "amies".
Et chaque semaine -en général le mercredi- on extrayait des détenus auxquels on annonçait un "transfert" vers un autre camp. En réalité, un largage en mer depuis un avion, au large du Rio de La Plata, anesthésiés mais vivants, pour disparaître à jamais. Les "Vols de la Mort".
- Ilot de terreur en pleine ville --
L'horreur de l'Esma n'a d'égal que la douceur de son cadre, vaste parc arboré de cyprès, cèdres et frênes, dans un complexe de 16 hectares à Nunez, paisible banlieue de Buenos Aires. Un complexe où allaient et venaient chaque jour des centaines de militaires, civils aussi, à deux pas du "Mess des officiers", élégant pavillon en "U" de trois étages datant de 1928, légèrement à l'écart, où se jouait l'enfer.
Ne restent que les pièces nues, mais rien ne manque à l'émotion qui étreint le visiteur. Dans le vaste hall, au mur de centaines de photos de disparus, dont la jeunesse vous fixe dans les yeux.
En parcourant le sous-sol, lieu des tortures, la minuscule pièce "d'accouchement", ou le 3e étage et grenier mansardés, "Capucha" et "Capuchita" (petite capuche), où étaient cloîtrés les détenus, chacun dans un cagibi avec matelas.
"Je suis revenu 32 ans après. J'ai demandé aux guides du musée de me laisser seul dans +Capuchita+, où je suis resté de 1978 à 1980", raconte à l'AFP Eduardo Giardino, un de ceux qui réchappa de l'Esma. "Je ressentais le besoin de m'allonger à nouveau par terre, de revivre ça, mais depuis un autre espace. Depuis la liberté".
Cruelle aussi, la pensée de l'environnement de l'Esma, îlot de terreur en pleine ville, à l'insu de tous, où les détenus pouvaient entendre les bruits de la rue, les klaxons, les cloches des écoles, les clameurs au Stade Monumental - y compris en plein Mondial de football en 1978 -, à 2 km. "Me dire +Je suis ici, mais au-dehors tout continue+ fut une grande leçon de politique...", médite Eduardo Giardino, 68 ans.
Auprès de l'Unesco, l'Argentine a plaidé la valeur "universelle" de l'Esma, lieu où "a été commis un crime contre l'humanité", et "preuve incontestable d'un terrorisme d'Etat qui infligea une violence criminelle à la société dans son ensemble".
- "Un témoin qui parle" -
Car l'oubli, du moins l'effacement, menacèrent l'Esma. Carlos Menem, le président (péroniste, libéral) qui avait en 1989-90 décrété des amnisties hautement controversées pour crimes sous la dictature, voulut en 1998 démolir le "Mess" pour y édifier "un monument à la réconciliation et à l'union nationale". Une levée de boucliers, des recours en justice des Mères de la Place de Mai et familles de disparus l'en empêchèrent.
En 2004, son successeur Nestor Kirchner (péroniste, gauche) sous lequel les amnisties venaient d'être abrogées, annonça la transformation de l'Esma en Musée de la Mémoire. Bientôt les procès de la dictature allaient rouvrir, avec 1.159 condamnés à ce jour, 366 procédures toujours en cours.
Chaque année quelque 150.000 personnes visitent l'Esma: écoliers, Argentins, touristes... Une fois par mois, un ex-détenu intervient lors de la visite guidée, témoin posé et précis, sans colère. Dans l'assistance, on retient son souffle.
"Avoir survécu à l'Esma, c'est avoir de la chance, et témoigner est essentiel", estime Ricardo Coquet, 70 ans, ex-détenu qui souligne à l'AFP l'importance de l'inscription au patrimoine. Car "le bâtiment lui aussi est un témoin, qui parle. Le parcourir fait mal, mais guérit aussi car il rend impossible de déformer l'histoire".
L.Dubois--BTB