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Ukraine: Plusieurs explosions à Kiev avant le sommet du G7 en Allemagne
Plusieurs explosions ont retenti à Kiev dimanche à l'aube, quelques heures avant l'ouverture d'un sommet du G7 en Allemagne où il sera question de l'Ukraine, et tandis que la Russie progresse dans sa conquête du Donbass.
Quatre explosions ont été entendues à Kiev tôt dimanche matin, un complexe résidentiel proche du centre-ville a été touché provoquant un incendie et le dégagement d'un important nuage de fumée grise, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Les déflagrations se sont produites vers 06H30 (03H30 GMT), aucune information sur d'éventuelles victimes n'était disponible dans l'immédiat.
Une collaboratrice de l'AFP habitant dans le même complexe résidentiel a entendu un puissant bourdonnement précédant les explosions.
Le maire de la capitale ukrainienne Vitaly Klitschko a fait état sur Telegram de ces "explosions dans le quartier de Chevchenkivsky", précisant que "des ambulances (étaient) en route".
"Des ambulances et secouristes sont sur place. Dans deux immeubles, le sauvetage et l'évacuation des résidents est en cours", a-t-il ajouté. Arrivée sur place, une équipe de l'AFP a constaté une épaisse fumée dans le quartier résidentiel touché qui a été bouclé par la police.
Ces explosions surviennent quelques heures avant l'ouverture de la rencontre des dirigeants des pays du G7 dans les montagnes du sud de l'Allemagne.
Les leaders des grandes puissances, dont le président américain Joe Biden, ont rendez-vous à partir de 10H00 GMT dans les Alpes bavaroises, pour le sommet annuel du club des sept pays industrialisés comprenant Allemagne, Canada, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Etats-Unis.
M. Biden est arrivé samedi soir en Europe où il entend encore consolider, et sur la durée, les rangs des Occidentaux face à Moscou.
Outre la réunion du G7 au cours de laquelle l'aide à l'Ukraine doit être évoquée, il doit aussi se rendre à compter de mardi à Madrid, pour un sommet de l'Otan.
"Tout signe de fatigue ou d'affaiblissement dans le soutien occidental à l'Ukraine jouera directement en faveur du président Poutine", a insisté Downing Street.
- Cinq mois -
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué samedi soir qu'il comptait participer au sommet du G7, relevant l'entrée du conflit dans le cinquième mois. Il doit prendre la parole lundi en visioconférence devant les dirigeants des sept pays les industrialisés de la planète, et réclamer à nouveau l'envoi d'armes lourdes pour contrer la puissance de feu russe.
"C'est une telle étape dans la guerre --moralement difficile, émotionnellement difficile. (...) Ce n'est pas simplement la destruction de nos infrastructures, c'est aussi la pression cynique, calculée sur les émotions de la population", a-t-il déploré. Mais "aucun missile ni bombardement russe ne brisera l'esprit des Ukrainiens".
Il a aussi plaidé une nouvelle fois pour une assistance occidentale accrue en armements et en systèmes anti-aériens, jugeant les sanctions "insuffisantes".
L'armée de l'air ukrainienne a rapporté samedi une "attaque russe massive (...) avec plus de 50 missiles de plusieurs types tirés des airs, de la mer et du sol" la nuit précédente, soulignant que les X-22, Onyx et Iskander étaient "extrêmement difficiles" à intercepter par les dispositifs ukrainiens.
Et le président russe Vladimir Poutine a annoncé que son pays allait "dans les prochains mois" livrer au Bélarus, d'où des frappes ont été effectuées contre le territoire ukrainien, des missiles capables de transporter des charges nucléaires.
Il s'agit d'Iskander-M, a précisé le chef de l'Etat russe au début d'un entretien avec son homologue bélarusse Alexandre Loukachenko à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie).
Dans des déclarations qui risquent de tendre davantage encore les rapports entre Moscou et les Occidentaux, les deux dirigeants ont aussi dit vouloir moderniser l'aviation du Bélarus pour la rendre capable de transporter des armes nucléaires.
Des attaques ont été menées depuis le Bélarus au tout début de l'invasion de l'Ukraine déclenchée le 24 février.
Les forces russes ont obtenu samedi d'importants succès militaires dans l'est de l'Ukraine, s'emparant totalement, à l'issue d'une bataille acharnée, de la ville stratégique de Severodonetsk et pénétrant dans celle voisine de Lyssytchansk, à l'entame du cinquième mois de conflit.
- Détruite "à 90%" -
Severodonetsk est "entièrement occupée par les Russes", a ainsi reconnu en fin d'après-midi son maire Oleksandre Striouk, au lendemain de l'annonce par l'armée ukrainienne de son retrait de cette cité d'environ 100.000 habitants avant la guerre pour mieux défendre la localité de Lyssytchansk, située sur la rive opposée de la rivière Donets.
Le gouverneur de la région de Lougansk Serguiï Gaïdaï a confirmé samedi soir l'occupation de Severodonetsk, soulignant que la ville était "détruite à 90%. Il sera très difficile d'y survivre". Selon lui, les Russes ont nommé un "commandant" pour cette cité dont il n'est possible de s'échapper "qu'à travers des territoires occupés".
Les séparatistes ont parallèlement déclaré avoir "pris le contrôle total de la zone industrielle de l'usine Azot" à Severodonetsk et être entrés avec les militaires russes à Lyssytchansk.
"Des combats de rue s'y déroulent actuellement", ont-ils ajouté, sans qu'une confirmation de source indépendante ne puisse être obtenue dans l'immédiat.
Une progression sur le terrain cruciale pour la Russie, qui veut conquérir l'intégralité du bassin industriel du Donbass, déjà partiellement aux mains des séparatistes prorusses depuis 2014.
- Vivre "plus longtemps" -
"Tout le monde souffre. On essaie de survivre", confie Nina, 64 ans, retraitée qui pousse sa bicyclette à Seversk, près de la ligne de front. "Il n'y a pas d'eau (courante), pas de gaz, pas d'électricité. On vit sous les bombes depuis trois mois, c'est l'âge de pierre".
"La ville est carrément morte et nous voudrions vivre un peu plus longtemps", se plaint Marina, 63 ans, ouvrière en retraite. "Ils sont juste en train de nous tuer, c'est dangereux partout".
L'armée russe a indiqué avoir tué "jusqu'à 80 mercenaires polonais" dans un bombardement, détruisant aussi vingt véhicules blindés et huit lance-roquettes multiples Grad dans des tirs d'armes de haute précision sur l'usine de zinc Megatex à Konstantinovka, dans la région orientale de Donetsk.
Cette information n'était pas non plus vérifiable. Moscou assure fréquemment "éliminer des mercenaires" étrangers partis combattre en Ukraine.
Dans le Sud, le ministère russe de la Défense a déclaré samedi que "plus de 300 militaires ukrainiens et mercenaires étrangers et 35 unités d'armes lourdes" avaient été "liquidés en une journée dans la région de Mykolaïv".
Le commandement opérationnel de la région sud a indiqué dans la nuit de samedi à dimanche que les Russes poursuivaient leurs "actions défensives", augmentant l'intensité des frappes mais "sans viser de nouvelles cibles".
A Kharkiv (nord-est), deuxième plus grande métropole d'Ukraine, qui résiste à la pression des troupes russes depuis le début de l'offensive, les missiles s'abattent à nouveau quotidiennement sur le centre-ville.
burx-elm/ob
M.Furrer--BTB