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Royaume-Uni : Nigel Farage rallie ses troupes et se voit déjà en Premier ministre
"Nous devons nous tenir prêts" : en tête dans les sondages, le chef du parti d'extrême droite Reform UK Nigel Farage a affirmé vendredi devant ses partisans être en bonne position pour devenir le prochain Premier ministre au Royaume-Uni, où le gouvernement travailliste s'enlise dans la crise.
Un show à l'Américaine : au congrès de son parti, Nigel Farage arrive sur scène en riant aux éclats, éclairé par des feux d'artifice. Derrière lui, le drapeau britannique, l'Union Jack, est projeté sur un grand écran.
Quel contraste avec l'ambiance au sein du gouvernement. Le chef de Reform a avancé vendredi son discours de trois heures pour capitaliser sur la démission d'Angela Rayner, numéro 2 du gouvernement travailliste, suivie d'un vaste remaniement.
"Ce gouvernement est dans une crise profonde", lance-t-il devant les milliers de personnes réunies pour ce congrès vendredi et samedi à Birmingham, dans le centre de l'Angleterre. "Notre pays se trouve sans aucun doute dans la situation la plus dangereuse que j'ai connue de toute ma vie", dit aussi Nigel Farage, 61 ans.
Lui se sent "chaque jour" plus proche de la victoire, qui le mènerait à Downing Street.
Reform UK a seulement quatre députés à la chambre des Communes sur un total de 650 mais sa popularité n'a cessé de grandir depuis les dernières législatives, qui ont porté les travaillistes au pouvoir en juillet 2024.
Cela fait des mois que cette formation est en tête des intentions de vote dans les sondages et que l'écart se creuse avec les travaillistes.
Aux dernières élections locales, en mai, Reform UK, l'ancien "Brexit Party", s'est emparé de douze conseils régionaux.
Dans un contexte de montée de l'extrême droite en Europe, il affirme compter 240.000 membres, contre 80.000 il y a un an.
Les prochaines législatives ne sont pas prévues pour avant 2029 mais Nigel Farage mise sur un scrutin anticipé. "Il y a désormais toutes les chances pour que des élections aient lieu en 2027 et nous devons nous préparer à ce moment", a-t-il déclaré.
Vendredi, il a d'ailleurs prononcé un véritable discours de campagne, galvanisant ses troupes. "Nous sommes le parti patriotique", a-t-il affirmé.
- "Fiers" à nouveau -
"Let's make Britain great again", a-t-il scandé, adaptant la célèbre formule de Donald Trump, son allié de longue date. Il y a deux jours, il a été reçu dans le bureau ovale par le président américain.
Il détaille son programme, acclamé par son public quand il promet d'arrêter les bateaux de migrants dans la Manche "en deux semaines" s'il arrive au pouvoir.
L'ex-député européen, "champion" du Brexit, promet que les Britanniques seront à nouveau "fiers". "Nous avons perdu notre identité. Nous refusons de reconnaître (notre) héritage judéo-chrétien", dénonce-t-il.
Ses partisans semblent conquis.
"Il est exactement ce dont nous avons besoin. Il nous redonne espoir", se réjouit Karen Dixon, une retraitée de 68 ans, qui vit dans le nord-ouest de l'Angleterre.
Elle a rejoint Reform il y a neuf mois, après avoir successivement voté travailliste, conservateur, puis avoir boudé les urnes.
Pour Amelia Randall, 40 ans, élue au conseil régional du Kent, dans le sud de l'Angleterre, Nigel Farage a "de très bonnes chances de devenir le prochain Premier ministre".
De nombreux électeurs restent toutefois sceptiques, selon les sondages, sur la capacité de Reform à former une équipe pour gouverner.
"Nigel est en tête mais nous sommes nombreux derrière lui", assure Amelia Randall.
Reform a reçu jeudi le soutien d'une ex-figure du Parti conservateur, Nadine Dorries, ministre de la Culture en 2021 et 2022, sous Boris Johnson. Reform est "le parti du moment", a-t-elle déclaré, en rejoignant Nigel Farage sur scène.
Pour Anand Menon, politologue à l'université de King's College à Londres, une arrivée de Nigel Farage à Downing Street est "encore éloignée mais tout à fait possible". Pour cela, il devra notamment "éviter les divisions au sein du parti".
En attendant son tour, Nigel Farage peaufine son image : on le voit moins qu'avant avec une cigarette ou une bière à la main.
Commentateur sur la chaîne de télévision conservatrice GB News, il est suivi sur TikTok par 1,3 million d'abonnés, plus que toute autre personnalité politique britannique.
D.Schneider--BTB