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Crise USA-Venezuela: Trump recevra l'opposante Machado, libération de détenus politiques
Le président américain Donald Trump va recevoir jeudi la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado alors qu'au Venezuela, les libérations de détenus politiques se poursuivent au compte-gouttes.
Le président américain a laissé entendre qu'elle pourrait lui remettre sa distinction, alors qu'il l'a écartée pour le moment des responsabilités au Venezuela, préférant traiter avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez, l'ancienne vice-présidente de Nicolas Maduro capturé le 3 janvier.
Dimanche, il s'est même dit ouvert à une entrevue avec Mme Rodriguez, estimant que son administration travaillait "vraiment bien" avec Caracas. A la question de savoir s'il prévoyait de la rencontrer, Donald Trump a répondu aux journalistes: "A un moment donné, je le ferai".
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a une nouvelle fois défendu ce choix lundi: "Le président et son équipe de sécurité nationale ont fait une évaluation réaliste de ce qui se passait sur le terrain au Venezuela et leur décision s'est avérée être la bonne", a-t-elle dit dans une interview à la chaîne Fox News.
Mme Machado a elle été reçue en audience par le pape lundi. Dans un communiqué sur les réseaux sociaux, elle a estimé, insistant à nouveau sur le rôle américain, qu'avec "l'accompagnement de l'Eglise et la pression sans précédent du gouvernement des Etats-Unis, la défaite du mal dans le pays se rapproche".
Elle a aussi "demandé (au pape) d'intercéder pour tous les Vénézuéliens qui ont été enlevés ou demeurent disparus".
Le gouvernement vénézuélien a annoncé 116 nouvelles levées d'écrous lundi mais les familles s'impatientent devant la lenteur du processus depuis la promesse le 8 janvier de remises en liberté faite par les autorités sous la pression américaine.
Nominations
Mme Rodriguez négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes. Son gouvernement a décidé d'entamer "un processus exploratoire" en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu'il n'est pas "soumis" à Washington.
Lundi, elle a procédé à deux nouvelles nominations --deux militaires -- dans les cercles du pouvoir.
Le capitaine Juan Escalona, ancien membre de la sécurité de Maduro, a notamment été nommé ministre du Secrétariat de la Présidence. Il faisait partie du premier cercle de sécurité de Maduro, qui a été capturé avec son épouse, Cilia Flores, au terme d'une opération qui a vu quelque 55 militaires, dont 32 Cubains, tués sur un total d'au moins 100 morts.
Mardi dernier, elle avait nommé un ancien chef du Sebin (Service bolivarien d'intelligence nationale) le général Gustavo Gonzalez Lopez, nouveau commandant de la Garde d'Honneur présidentielle et directeur général de la Direction générale de contre‑intelligence militaire (DGCIM), un corps stratégique qui a notamment joué un rôle clé dans la répression.
Cinquantaine de libérations
Malgré ces affirmations, les libérations de prisonniers politiques semblent faire partie des concessions accordées à Donald Trump.
L'ONG Foro Penal, qui s'occupe des détenus politiques, n'a quant à elle recensé que 24 nouvelles libérations, dont deux Italiens. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a salué sur X "la collaboration constructive" des autorités vénézuéliennes.
Au total, une cinquantaine de personnes ont été libérées depuis jeudi selon un décompte de l'AFP réalisé à partir des chiffres d'ONG et de l'opposition.
Sur un total estimé de 800 personnes détenues pour des motifs politiques, seules environ 50 semblent avoir été libérées à ce jour, selon la Mission d'établissement des faits des Nations Unies sur le Venezuela dans un communiqué, réclamant la libération de tous les prisonniers.
- "Quatre jours à souffrir" -
La libération de prisonniers a été promise le 8 janvier, sous la pression du président, qui affirme être "aux commandes" depuis le 3 janvier.
Une quarantaine de proches campaient toujours lundi devant la prison de Rodeo 1, à une trentaine de kilomètres de Caracas. Des restes de bougies sont visibles sur le trottoir près de la porte de la prison.
Malgré l'annonce par Foro Penal de la libération de 15 détenus de cet établissement, des familles n'ont pas pu les voir, ceux-ci ayant été transférés, par une autre sortie, vers d'autres destinations à Caracas.
Le père de Jose Daniel, Manuel Mendoza, venu de l'Etat de Yaracuy, à 6 heures de route, s'impatiente: "S’ils ont fait le pas de proposer la libération de tous les prisonniers politiques, nous demandons seulement qu’ils tiennent parole. Cela fait déjà quatre jours que nous attendons à la belle étoile".
M.Ouellet--BTB