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Trump attendu en vedette la semaine prochaine à Davos
Donald Trump tiendra la vedette la semaine prochaine du Forum économique mondial à Davos (Suisse), grand-messe du multilatéralisme et du libre-échange que le président américain malmène depuis son retour au pouvoir, ravivant les tensions commerciales et géopolitiques.
Un an après sa seconde investiture à la présidence des Etats-Unis et six ans après sa dernière visite en personne à Davos, le milliardaire républicain sera "accompagné de la plus grande délégation américaine" ayant jamais fait le déplacement dans la station de ski huppée des Alpes suisses, ont annoncé mardi les organisateurs.
Seront notamment présents le secrétaire d'Etat Marco Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent, celui au Commerce Howard Lutnick, ainsi que de nombreux dirigeants d'entreprises, dont les géants de la tech Nvidia et Microsoft.
Réunissant élites politiques et économiques, "notre réunion annuelle se tient dans un contexte géopolitique d’une complexité inédite depuis 1945", a déclaré le patron du WEF, Borge Brende, lors d'une conférence de presse en ligne.
"Cela arrive à un moment charnière pour l'économie mondiale et la géopolitique", a-t-il ajouté, disant attendre des discussions sur l'Iran, Gaza, l'Ukraine ou le Venezuela.
Deuxième économie mondiale, la Chine sera également présente en force, emmenée par le vice-Premier ministre He Lifeng. D'importantes délégations du Moyen-Orient, d'Amérique latine et d'Afrique feront également le déplacement.
- "Ere post-mondialisation" -
Après l'offensive sur les droits de douane au printemps 2025, marquant un net repli protectionniste des Etats-Unis, le déplacement de Donald Trump intervient en pleine escalade géopolitique. Après son intervention militaire au Venezuela, dont il veut contrôler le pétrole, il a menacé récemment le Groenland, au grand dam de ses alliés européens, Cuba et l'Iran.
"2025 restera sans doute dans l'histoire comme l'année où la mondialisation néolibérale a pris fin (...), laissant place à l'ère post-mondialisation", indique Karen Harris, économiste de la société de conseil Bain & Company, à l'AFP.
"D'un rôle de garant d'un système économique mondial ouvert et d'un accès sans restriction à leur marché, (les Etats-Unis) passent à une stratégie où la priorité est la sécurité nationale et la protection de leurs propres intérêts. L’économie devient ainsi un instrument au service de ces objectifs", ajoute-t-elle.
Dernier coup de canif en date au multilatéralisme de l'après-Seconde Guerre mondiale, Trump a ordonné début janvier le retrait des Etats-Unis de 66 organisations, dont environ une moitié liée à l'ONU.
Ce vaste rejet des institutions multilatérales est "fondé sur la conviction que la coopération internationale va à l'encontre de la possibilité de +gagner+ une compétition internationale perçue comme un jeu à somme nulle", souligne auprès de l'AFP Philippe Dauba-Pantanacce, responsable de la recherche géoéconomique chez Standard Chartered.
Pour lui, la mondialisation du commerce pourrait se faire "de plus en plus sans" les Etats-Unis. En témoignent la hausse des exportations chinoises et la volonté européenne de conclure de nouveaux accords stratégiques, notamment avec l'Inde.
- "Dialogue" -
Donald Trump avait déjà donné le ton lors de la précédente édition du Forum de Davos en 2025, quand il avait intimé par visioconférence les grands patrons de venir produire en Amérique ou à défaut de se voir infliger des droits de douane.
"C'est un aspect sur lequel Trump a fait beaucoup de bruit. Mais à la différence de ce qui se passe en matière géopolitique, que ce soit l'Ukraine, la Chine, l'Iran ou le Venezuela, l'impact sur l'économie internationale a été modeste à ce stade", souligne Pascal Lamy, ex-directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) auprès de l'AFP.
Le thème du forum sera cette année "l'esprit de dialogue". Les organisateurs attendent à ce jour 64 chefs d'Etats et de gouvernement et 850 dirigeants d'entreprises, avec un total record de 3.000 participants venus de 130 pays.
Sont notamment attendus au forum, qui se tient du lundi 19 janvier au vendredi 23 janvier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, six des sept chefs d'Etat ou de gouvernement du G7, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ou la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde.
"Le dialogue n'est pas un luxe, le dialogue est vraiment une nécessité", a souligné Borge Brende.
S.Keller--BTB