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Davos: les Européens à la tribune mardi, Trump s'impose à l'ordre du jour
Le Forum économique de Davos va offrir mardi une tribune aux dirigeants européens à la veille de l'arrivée dans la station suisse de Donald Trump, qui les menace au Groenland.
Le président américain domine déjà, dans les Alpes suisses, l'ordre du jour de cette grand-messe annuelle d'un multilatéralisme qu'il ne cesse de malmener depuis son retour au pouvoir.
La réunion intervient en plein bras de fer sur le Groenland, territoire autonome danois dont Donald Trump veut prendre le contrôle en invoquant des motifs de sécurité nationale. Il a menacé de surtaxes douanières les pays qui s'y opposeraient, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni.
A l'heure où l'UE réfléchit à son tour à des mesures de rétorsion commerciales, les déclarations à la tribune de Davos des dirigeants européens mardi seront particulièrement scrutées.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit notamment prononcer mardi l'un des discours d'ouverture, avant le vice-Premier ministre chinois He Lifeng. Elle a encore insisté lundi sur "la nécessité de respecter sans équivoque" la souveraineté du Groenland et du Danemark, lors d'une rencontre à Davos avec une délégation bipartite du Congrès américain.
Le président français Emmanuel Macron, qui a dénoncé récemment "le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme" dans les relations internationales, et qui figure parmi les défenseurs d'une réponse ferme de l'UE, doit également faire un discours à Davos en début d'après-midi.
- "Cercle vicieux" -
Donald Trump, dont la dernière participation en personne au forum de Davos remonte à 2020, doit intervenir à la tribune mercredi.
La présence américaine est très visible cette année à Davos, avec de nombreux commerces de la rue principale privatisés par des entreprises américaines et même une "USA House" installée dans une église où les membres du gouvernement multiplient les interventions.
Car la délégation américaine, qui est cette année l'une des plus importantes jamais enregistrée à Davos d'après les organisateurs, n'a pas attendu l'arrivée de son commandant en chef pour occuper le terrain.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a prévenu dès lundi devant la presse qu'il "serait très mal avisé" pour l'UE de prendre des mesures de rétorsion commerciales contre les Etats-Unis à cause du Groenland. Il a encore prévu plusieurs interventions mardi.
Emmanuel Macron doit repartir de Davos dès mardi soir, sans croiser Donald Trump. Le chancelier allemand Friedrich Merz a en revanche affirmé vouloir y rencontrer le président américain, disant vouloir "éviter une escalade douanière".
"Des menaces douanières entre alliés sont inacceptables; elles affaiblissent notre relation transatlantique et, dans le pire des cas, peuvent conduire à un cercle vicieux", a prévenu de son côté le président finlandais Alexander Stubb.
Interrogé sur un possible recours à la force des Américains, il a cependant assuré: "Je ne crois pas que les Américains prendront militairement le contrôle du Groenland."
Parmi les autres dirigeants attendus mardi à Davos figure notamment le Premier ministre canadien Mark Carney, qui cherche à réduire la dépendance de son pays aux Etats-Unis et a récemment conclu un nouveau partenariat avec Pékin.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ne viendra en revanche pas, ont annoncé lundi les organisateurs, en faisant savoir qu'ils estimaient sa présence "inappropriée" après la répression des manifestations en Iran.
Le sommet, placé cette année sous le thème "Un esprit de dialogue" se tient jusqu'à vendredi dans la huppée station de ski des Grisons.
M.Furrer--BTB