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Honduras: Nasry Asfura, nouvel allié de Trump, investi nouveau président
Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump qui en avait fait son favori durant le scrutin, soulevant des critiques d'ingérence, a prêté serment mardi pour un mandat de quatre ans à la tête du pays le plus pauvre et le plus violent d'Amérique centrale.
"Je fais la promesse légale de respecter la Constitution, les lois, comme le prescrivent les saints commandements. Honduras, nous sommes là pour te servir", a déclaré le nouveau chef de l'Etat, 67 ans, lors de la cérémonie d'investiture au Parlement.
Son arrivée au pouvoir tourne la page de quatre années de gouvernement de gauche et assure au président républicain d'un allié de plus en Amérique latine, après l'avènement de la droite au Chili, en Bolivie, au Pérou et en Argentine.
Son élection, dont les résultats ont été retardés de près de trois semaines, entraînant des suspicions de fraude, a été dénoncée par la présidente sortante Xiomara Castro fustigeant "l'ingérence" du président américain qui avait notamment menacé de réduire l'aide au Honduras si son favori ne l'emportait pas.
Reconnaissant de ce soutien, l'ancien entrepreneur du bâtiment et maire de Tegucigalpa s'est déjà rendu aux Etats-Unis pour rencontrer le secrétaire d'Etat Marco Rubio.
Il est revenu annonçant un projet d'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, destination de 60% des exportations du Honduras, et une promesse de renforcement de la coopération en matière de sécurité.
Disposant du premier groupe parlementaire à l'Assemblée, sans la majorité, le nouveau chef de l'Etat a appelé les législateurs à soutenir son programme, sans toutefois en détailler les contours.
"Pour moi (...) il n'existe ni différences, ni couleurs politiques, il n'existe pas d'idéologies qui vont nous diviser", a affirmé M. Asfura, qui a remporté la présidence d'une infime marge avec son principal rival également de droite.
- Chine, insécurité -
Derrière le soutien américain à M. Asfura se dessine la rivalité entre Washington et Pékin.
Sous le gouvernement de la présidente Castro, Tegucigalpa avait rompu ses relations avec Taïwan, que la Chine revendique comme partie intégrante de son territoire. M. Asfura n'exclut pas de les rétablir.
"Il faut analyser les engagements (signés avec la Chine), voir ce qui est le mieux pour le Honduras, et c'est là que nous prendrons les meilleures décisions", a-t-il déclaré à CNN.
Selon l'économiste Liliana Castillo à l'AFP, "en 2024 (...) ce que nous achetons (à la Chine) approche les 3 milliards de dollars", alors que le Honduras n'arrive même pas à lui vendre "40 millions".
La question migratoire sera au menu des relations avec l'administration Trump.
Quelque deux millions de Honduriens vivent aux Etats-Unis, beaucoup sans papiers. Leurs envois de fonds représentent un tiers du PIB du Honduras, où la pauvreté frappe 60% des 11 millions d'habitants.
M. Asfura souhaite que le président républicain rétablisse un dispositif spécial, dit TPS, qui protégeait de l'expulsion quelque 60.000 Honduriens sur le sol américain.
Nasry Asfura devra parvenir à un difficile équilibre : attirer les investissements étrangers et développer les infrastructures, tout en réduisant les dépenses du pays où la dette publique représente 45% du PIB, selon des chiffres officiels.
Tout cela dans un contexte sécuritaire périlleux dans un pays gangréné par le narcotrafic et où prospèrent les gangs de la Mara Salvatrucha et du Barrio 18, déclarés organisations terroristes par les Etats-Unis.
"Si l'on ne paie pas, on se fait tuer", a déclaré à l'AFP Daniel Santos, un chauffeur de taxi de la capitale âgé de 64 ans, dénonçant l'extorsion omniprésente.
Le nouveau chef de l'Etat a assuré que son gouvernement va "lutter de front contre l'insécurité, n'ayez aucun doute là-dessus", annonçant un plan anti-extorsion et des renforts de sécurité dans les zones conflictuelles pour assurer un contrôle territorial.
Bien qu'il n'ait pas expliqué comment il s'attaquera à la criminalité organisée, Nasry Asfura avait promis de ne "pas reconduire l'état d'exception" décrété par sa prédécesseuse.
Il se démarque donc d'emblée de la manière forte contre les gangs opérée au Salvador voisin, dont disent s'inspirer les nouveaux gouvernements de droite en Amérique latine.
Si les homicides ont diminué, le Honduras demeure un des pays les plus violents de la région, avec un taux de mort violente de 23 pour 100.000 habitants.
F.Pavlenko--BTB