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La nouvelle politique migratoire de l'UE? Serrer encore un peu la vis
Augmenter les expulsions, refondre le système de visas: l'Union européenne a dévoilé jeudi les grandes lignes de sa future politique migratoire, entérinant un net durcissement de sa ligne.
"La priorité est claire: réduire le nombre d'arrivées illégales et les maintenir à un faible niveau", a assuré le commissaire européen Magnus Brunner, principal architecte de ce tournant migratoire.
En 2025, le nombre d'entrées irrégulières sur le territoire européen a chuté de plus de 25%, selon l'agence européenne de garde-frontières Frontex. Elles ont dégringolé sur la route des Balkans et se concentrent en Méditerranée, notamment au départ de la Libye.
Mais le centre de gravité politique de l'Europe a glissé à droite, poussant ses dirigeants à serrer encore la vis sur l'immigration.
Dans sa stratégie migratoire, qui doit guider ses travaux pour les cinq prochaines années, la Commission européenne met l'accent sur les expulsions des déboutés d'asile.
Le Parlement européen examine actuellement un texte élaboré par Bruxelles censé augmenter ce nombre de renvois.
Il permettrait notamment d'ouvrir des centres en dehors des frontières de l'UE, les fameux "hubs de retour", pour y envoyer les migrants dont la demande d'asile aurait été rejetée. Mais aussi de sanctionner plus durement les migrants qui refusent de quitter le territoire européen, via des périodes de détention plus longues. Autant de mesures décriées par la gauche et les ONG, mais de plus en plus plébiscitées par les pays de l'UE.
- "Court-termistes" -
La stratégie de l'UE présentée jeudi met aussi l'emphase sur la "diplomatie migratoire". Comprendre: l'élaboration de nouveaux partenariats avec des pays du nord de l'Afrique, un peu comme celui noué avec la Tunisie.
Les Européens attendent de ces pays d'origine ou de transit des migrants qu'ils stoppent les départs et qu'ils réadmettent leurs ressortissants en situation irrégulière dans l'UE, en échange de milliards d'euros d'aide et d'investissements.
Après l'Egypte et la Mauritanie, des tractations sont en cours pour sceller un accord de ce type avec le Maroc.
Une approche "qui ne fait qu'accroître la dépendance de l'UE" à l'égard de pays tiers, déplore Olivia Sundberg Diez, d'Amnesty International.
"Il s'agit de politiques court-termistes qui reflètent l'obsession croissante de l'UE à empêcher les arrivées et augmenter les retours, au détriment de son engagement en matière de droits humains", dénonce-t-elle auprès de l'AFP.
L'Union européenne a également mis sur la table une toute nouvelle stratégie pour les visas, avec l'objectif affiché d'en faire un outil diplomatique fort. "C'est un de nos leviers les plus puissants", note une source au sein de l'exécutif européen.
L'UE veut notamment qu'il soit plus facile de sanctionner les pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants, en restreignant en retour la délivrance de visas. Elle prévoit d'amender ses règles d'ici la fin de l'année.
A.Gasser--BTB