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Attaque de l'aéroport au Niger : le chef de la junte félicite la Russie pour son aide et accuse la France
Le chef de la junte au Niger a félicité la Russie pour son aide militaire face à l'attaque de l'aéroport de Niamey et a accusé nommément les présidents français, béninois et ivoirien d'avoir été les "sponsors" des assaillants.
La junte affirme que quatre militaires ont été blessés et que vingts assaillants ont été tués, dont "un Français", et d'autres arrêtés.
Le régime militaire constitué à la suite d'un coup d'Etat le 26 juillet 2023 entretient des relations glaciales avec la France et le Bénin et les accuse régulièrement de le déstabiliser, ce que ces deux pays nient. Il s'est rapproché de nouveaux partenaires, dont la Russie.
Situé à une dizaine de kilomètres de la présidence nigérienne, l'aéroport international de Niamey est un site stratégique abritant une base de l'armée de l'air nigérienne, une base de drones récemment construite ainsi que le quartier général de la Force unifiée créée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali pour combattre les groupes jihadistes qui les ensanglantent.
Par ailleurs, une importante cargaison d'uranium, dont le Niger est producteur, y est actuellement entreposée dans l'attente d'être exportée : elle est au coeur d'un bras de fer avec le géant français du cycle du combustible nucléaire Orano, qui accuse l'Etat nigérien de l'avoir exproprié.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, des détonations ont été entendues peu après minuit (23H00 GMT) par de nombreux habitants du quartier de l'aéroport. Le calme était revenu au bout d'environ une heure, selon ces mêmes sources.
Le périmètre autour de l'aéroport, en particulier l'accès à une base militaire du site, était bloqué par un fort dispositif des forces de sécurité, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Nous félicitons l'ensemble des forces de défense et de sécurité (...) ainsi que les partenaires russes qui ont défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité", a affirmé le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, dans une déclaration diffusée à la radio publique La Voix du Sahel.
"Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment à Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu'ils s'apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter", a-t-il ajouté.
Dans un communiqué lu à la télévision publique Télé Sahel, le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Modi, a assuré qu'"un groupe de mercenaires télécommandés a attaqué la base aérienne 101 de Niamey" pendant "une trentaine de minutes", avant une "riposte aéroterrestre".
"Quatre militaires ont été blessés et du matériel a été endommagé, dont un stock de munitions qui a pris feu" et, "dans leur fuite, les terroristes ont tiré à la sauvette sur trois aéronefs civils, dont deux de la compagnie aérienne Asky", a-t-il précisé.
La compagnie aérienne Air Côte d'Ivoire avait informé plus tôt dans la journée qu'un de ses avions avait également été touché sur le tarmac, où il était garé.
"La vigoureuse riposte aéroterrestre a permis la neutralisation de 20 mercenaires et l'arrestation de 11 autres dont la majorité est grièvement blessée, ainsi que la récupération d'importants matériels de guerre", a ajouté le ministre.
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La télévision a montré une visite du chef de la junte sur la base militaire de Niamey et des corps qu'elle a présentés comme étant ceux des assaillants tués, affirmant qu'il y a "un Français" parmi eux.
Sur des images prises par satellite consultées jeudi matin par l'AFP, on pouvait voir des zones partiellement brûlées près de la piste de l'aéroport.
Selon le groupe de journalistes ouest-africains spécialisés dans l'actualité sécuritaire au Sahel Wamaps, près de 300 militaires italiens sont basés à l'aéroport.
"La priorité absolue demeure la sécurité du personnel italien et de nos militaires de la Mission italienne de soutien au Niger (Misin), qui ne semblent avoir été impliqués d’aucune manière", a réagi jeudi sur X le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, qui assure "surveiller la situation".
Plusieurs observateurs considèrent que l'hypothèse d'une attaque jihadiste est la plus crédible, le Niger étant confronté aux violences du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM, lié à Al Qaida) et de l'Etat islamique au Sahel (EIS) dans sa partie occidentale, proche de la capitale, et dans le sud-est.
Toutefois, jeudi soir, aucun groupe jihadiste n'avait revendiqué l'attaque.
"Ces derniers jours, il y avait eu des alertes concernant un risque imminent d'attaque. Les deux groupes ont renforcé leur présence dans des zones proches de Niamey et la menace terroriste reste élevée", explique à l'AFP Beverly Ochieng, un analyste de la société de conseil Control Risks.
Concernant l'uranium, le géant français Orano a promis la semaine dernière de poursuivre ses actions juridiques contre l'État nigérien mais aussi contre "quiconque voudrait mettre la main" sur ce stock d'uranium d'au moins 1.000 tonnes.
N.Fournier--BTB