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Laits infantiles contaminés: cinq enquêtes ouvertes à Paris, notamment pour mise en danger
Cinq enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Paris concernant des laits infantiles contaminés distribués par Nestlé, Lactalis, Danone, Babybio et La Marque en moins, notamment pour mise en danger de la vie d'autrui.
"Le parquet de Paris a décidé de sa saisine en raison de la multiplicité des plaintes sur le territoire, et de la technicité des investigations sur les aspects réglementaires et sanitaires", a expliqué la procureure de Paris Laure Beccuau dans un communiqué.
Ce parquet a aussi reçu "une plainte déposée par l'association Foodwatch ainsi que huit personnes physiques, dont les familles ont constaté des vomissements à la suite de la consommation de laits infantiles", a-t-elle expliqué.
Les cinq enquêtes ont été ouvertes le 30 janvier par le pôle santé publique du parquet de Paris, pour mise en danger de la vie d'autrui par violation d'une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence, tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l'homme ou encore inexécution de procédure de retrait ou rappel d'un produit préjudiciable à la santé.
Ces enquêtes ont été confiées à l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp) et à la Brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP).
- "En finir avec l'impunité" -
D'autres enquêtes se poursuivent par ailleurs sous la direction de parquets locaux notamment à Angers, Bordeaux et Blois "s'agissant de nourrissons décédés ou ayant présenté des troubles de santé afin de déterminer si un lien de causalité avec la consommation de lait contaminé est établi", a ajouté Mme Beccuau.
L'Association pour la santé des enfants (APS-Enfants), qui a annoncé vendredi avoir déposé "trois plaintes pénales contre X auprès des parquets de Paris, Bordeaux et Angers", s'est félicitée de l'ouverture de plusieurs enquêtes par le parquet parisien, appelant "à en finir avec l'impunité des industriels".
"L'ouverture de cinq enquêtes est un signal important: cela confirme que la justice prend la gravité de cette affaire au sérieux. Mais pour les familles, le véritable enjeu, c'est que ces procédures aboutissent à une mise en cause claire des responsabilités et à des sanctions réellement dissuasives", a affirmé son président, Quentin Guillemain, cité dans un communiqué.
"Depuis des années, les scandales alimentaires impliquant de grands groupes se succèdent. Dans cette affaire, des laits pour nourrissons ont circulé pendant des mois, malgré un risque connu lié à la toxine céréulide et des alertes scientifiques anciennes", a-t-il rappelé, affirmant: "Tant que les industriels pourront continuer à fonctionner selon une logique de +rappel tardif et communication minimale+, sans être vraiment inquiétés, ces drames se répéteront".
- Laboratoire belge -
L'affaire des laits infantiles dure depuis mi-décembre. Après un premier rappel par Nestlé de dizaines de lots de laits infantiles dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde par des industriels comme Danone ou Lactalis, mais aussi par des plus petits acteurs de ce marché en pleine croissance.
Trois décès de bébés ont été signalés en France - seul pays européen dans ce cas -, ainsi qu'une quinzaine d'hospitalisations, chez des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels. À ce stade, toutefois, aucun lien de cause à effet n'a été établi et des analyses sont en cours.
Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Agriculture a confirmé que l'agence de sécurité sanitaire Anses avait décidé de sous-traiter les analyses de cette toxine à l'institut belge de santé publique Sciensano, comme révélé par Radio France.
Le ministère a justifié cette décision du fait du très faible seuil de quantification recherché dans cette affaire,peu de laboratoires dans le monde pouvant le faire, a-t-il souligné.
L'Anses a bien des capacités d'analyse de bacillus cereus et de sa toxine, mais habituellement, dans le cadre par exemple d'intoxications alimentaires collectives, où les taux recherchés sont plus élevés, a expliqué le ministère.
"Le choix d'un laboratoire étranger confirme de facto que les capacités analytiques disponibles en France ne permettaient pas, jusqu'ici, de répondre avec la célérité requise pour gérer une crise touchant des bébés", a regretté le collectif Intox'Alim, qui rassemble une vingtaine de familles ayant porté plainte cette semaine contre l'Etat et les entreprises concernées.
F.Müller--BTB