-
Walter Koenig, acteur de la série "Star Trek", est mort à 90 ans
-
Venezuela : l'opposante Machado prête à rencontrer la présidente par interim
-
Coupe Davis : Alcaraz participera à la phase finale avec l'Espagne, Zverev présent avec l'Allemagne
-
Après un mois de crise lycéenne, le gouvernement évoque le remplacement de Parcoursup
-
Croissance météorique et risques en pagaille, Anthropic lève le voile avant son entrée en Bourse
-
Brésil : la réélection de Lula saluée dans le monde, mais fait plonger la Bourse de Sao Paulo
-
Décès de l'écrivain René Belletto
-
Le rappeur Chris Brown écope de prison avec sursis pour une rixe en discothèque à Londres
-
Maintien de l'ordre : Macron monte en première ligne
-
Face aux craintes d'une reprise de la guerre, des discussions de haut rang en Iran
-
La Norvège, un "pays de chiottes" pour Trump privé de Nobel
-
Europe 1 mise en demeure pour "incitation à la haine" après une émission en janvier
-
La célèbre Oxford Street de Londres devient partiellement piétonne
-
En Serbie, un peuple plein d'espoir après la victoire des étudiants aux législatives
-
Jordanie: trois membres d'une même famille arrêtés après l'attaque contre une église
-
Wall Street ouvre en hausse avant les résultats des géants technologiques
-
Macron promet de maintenir le "calme" avant un nouveau samedi "à risque"
-
"Marionnette" de Trump: le patron d'Audi provoque un tollé en Allemagne
-
Biodiversité : au Gabon, des botanistes en quête de nouvelles espèces
-
Attentat dans les Yvelines : le profil psychiatrique du suspect "ne change rien" au mobile "raciste" selon Nuñez
-
Japon : la Première ministre promet une prompte réaction aux cyberattaques
-
En Serbie, l'espoir de réformes après la victoire des étudiants aux législatives
-
Les Houthis ciblent encore l'Arabie saoudite, son ministre de la Défense attendu à Téhéran
-
Cisjordanie: l'accélération de la colonisation israélienne
-
Brésil : la réélection de Lula saluée dans le monde, contestée par Bolsonaro
-
Chine : le Parti communiste planche sur sa gouvernance
-
Les défis de Lula pour son quatrième mandat à la tête du Brésil
-
La BCE face au risque de la dette française
-
Dans le Maine, les relations avec le Canada malmenées par la guerre commerciale de Trump
-
Dans les terres conservatrices du Kansas, les démocrates se prennent à rêver de victoire
-
Le secteur caritatif attend une manne de l'entrée en Bourse d'Anthropic
-
Après un mois de crise lycéenne, le gouvernement promet lundi "des réponses très concrètes"
-
Netanyahu accusé par ses opposants de jouer un jeu dangereux avec l'Iran à la veille des élections
-
Climat: quinze jeunes s'attaquent à l'État canadien dans un procès inédit
-
L'IA et sa désinformation s'invitent dans les spots de campagne aux États-Unis
-
Dans une ancienne cité industrielle américaine, un centre de données divise les habitants
-
Le TGV et la SNCF : 45 ans d'histoire technologique française
-
Après la taxation des petits colis, l'UE impose des frais de traitement
-
Elections en Israël : Eisenkot prône l'unité, Netanyahu brandit la menace iranienne
-
Lula, l'idole de gauche qui défie les années et l'extrême droite
-
Ligue 1: sans Kvara ni Dembélé, les recrues estivales comme solutions au PSG
-
Foot: Ballon d'Or du suspense pour l'édition 2026
-
Le Sénégal accueille les Jeux de la jeunesse, premier événement olympique en Afrique
-
NBA: le Thunder perd Williams sur blessure, les Knicks patinent
-
Les forces saoudiennes disent avoir intercepté un missile houthi vers Riyad, l'aéroport à nouveau visé
-
Brésil: Lula décroche un quatrième mandat, Bolsonaro veut l'annulation du scrutin
-
En Serbie, la victoire historique du mouvement étudiant face à Vucic
-
Contre toute attente, Lula décroche un quatrième mandat inédit, le Brésil reste à gauche
-
En Serbie, immense liesse populaire après la chute du "tyran" Vucic
-
Brésil: Lula et Flavio Bolsonaro au coude à coude, d'après des résultats partiels
La Turquie accro au charbon en veut toujours plus
Kaddafi Polat évoque rarement sa santé. Depuis des décennies qu'il respire l'air noir de son village, au pied des cheminées de la centrale à charbon de Çogulhan, dans le sud de la Turquie, il s'inquiète surtout pour celle de ses enfants.
Une fine poussière se dépose sur les voitures, le linge et dans les rues étroites de cette localité du district d'Afsin, dans la province de Kahramanmaras, recouvrant d'un voile gris la vie quotidienne et le terrain de jeu délaissé.
Afsin-Elbistan est l'une des centrales les plus polluantes du pays, selon les associations écologistes. Et bien que la Turquie accueille la prochaine conférence climat (COP) des Nations unies, en novembre, le gouvernement veut encore l'agrandir.
"Quand le bus arrive le matin, la poussière vole de partout", confie à l'AFP M. Polat, 52 ans, assis au café.
"Les enfants respirent cet air, qu'est-ce qu'il leur arrivera à 30 ou 40 ans ?", s'interroge-t-il.
La plupart des dix mille habitants de la localité ont fui à cause de la pollution. Il n'en reste que quelques centaines.
Une tour de l'horloge solitaire surplombe les maisons délabrées. Les cheminées de la centrale dominent l'horizon, crachant des panaches de cendres et de fumée.
Ceux qui restent sont pauvres ou ne veulent pas abandonner leur terre, affirme M. Polat.
"Vivre ici, c'est du suicide. J'ai vu la pollution transformer tout: les gens, les animaux, la terre et même les arbres", soupire-t-il.
- Un leader en matière de climat ? -
La centrale semi-publique d'Afsin-Elbistan, ouverte en 1984, est l'une des plus grandes de Turquie. Elle produit 2.795 megawatts d'électricité en brûlant du lignite, la forme la plus polluante du charbon, extrait du bassin d'Afsin-Elbistan qui concentre 40% des réserves nationales.
L'annonce du gouvernement d'une prochaine extension alarme les associations écologistes et sonne l'alerte alors que la Turquie accueillera la COP en novembre avec, pour thème majeur, la transition énergétique.
"Si la Turquie prend la présidence de la COP31 en se prétendant leader en matière de climat mais continue d'investir dans les énergies fossiles, dont le charbon, elle va devoir résoudre ce paradoxe", affirme Emel Türker Alpay, responsable climat de Greenpeace Turquie, à l'AFP.
Contactée par l'AFP, la direction de la centrale a refusé tout commentaire.
Le charbon représente toujours un tiers de la production d'électricité de la Turquie en 2025, selon les chiffres du ministère de l'Energie.
- "Le gouvernement doit choisir" -
Interrogé la semaine dernière sur la dépendance accrue au charbon du pays, le ministre de l'Environnement Murat Kurum, censé présider la COP, a jugé que "le sujet ne peut pas être réduit aux énergies fossiles", lors d'une conférence de presse à Istanbul au côté du chef de la Convention climat de l'ONU, Simon Stiell.
Pour Lütfi Tiyekli, directeur de la chambre des médecins de Kahramanmaras, le gouvernement "doit choisir entre l'électricité de cette centrale et la santé publique".
"Ici les gens souffrent sous nos yeux de cancers, de maladies pulmonaires chroniques et d'asthme", affirme-t-il à l'AFP.
"Les habitants meurent. Pas un seul foyer du village n'est épargné par le cancer", abonde Mehmet Dalkanat, militant écologiste atteint de problèmes respiratoires chroniques.
Son fils Ali qui travaillait comme agent de sécurité à la centrale a fini par partir en 2020, atteint d'une bronchite sévère.
- "L'extension nous tuera tous" -
La pollution de l'air reste bien au-dessus des seuils de sécurité définis par l'Organisation mondiale de la santé, selon Deniz Gümüsel de la Plateforme pour le droit à l'air pur.
Les niveaux de particules fines sont de 2,5 à 3 fois plus élevés, selon elle. Ceux des particules PM10 sont plus de huit fois supérieurs à la valeur recommandée par l'OMS (15 microgrammes/m3).
Pour Mehmet Dalkanat, l'extension porterait un coup fatal au village.
"Construire une nouvelle centrale ici, alors que le monde se détache du charbon, condamnerait la région", martèle-t-il.
Mais à Çogulhan, les habitants ont baissé les bras.
"Regarde: là où j'ai marché, mes pas ressortent comme si c'était de la neige", désigne Eyüp Kisa, 62 ans. "S'ils agrandissent cette centrale, nous mourrons tous", prévient-il.
C.Kovalenko--BTB