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Trump balaie les chiffres de l'inflation, au plus haut depuis trois ans
Le président américain Donald Trump a semblé indifférent mercredi aux chiffres de l'inflation, pourtant galopante depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient qui a fait s'envoler la facture énergétique.
Les prix ont augmenté en mai de 4,2% sur un an contre 3,8% en avril - une très forte accélération à quelques mois des élections de mi-mandat aux Etats-Unis.
Trump ne s'en est pas ému, livrant même une réaction inattendue: "Les chiffres étaient supers (...) j'aime l'inflation", a-t-il lancé depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, avant d'assurer que l'inflation allait "tomber comme une pierre" une fois le conflit terminé.
Le chef de l'Etat avait fait de l'amélioration du pouvoir d'achat une de ses priorités lors de sa campagne victorieuse de 2024.
"Trump a vraiment dit +J'aime l'inflation+. Devant les caméras. Pour que tous les Américains l'entendent. Son mépris pour vous n'a pas de limite", a réagi sur X le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.
Ces propos ont été "sortis de leur contexte", a tenté de déminer le président de la Chambre des représentants, le républicain Mike Johnson.
Les données officielles montrent une spectaculaire poussée des prix entamée dans la foulée des premiers bombardements israélo-américains contre l'Iran, le 28 février.
Téhéran a rétorqué en bloquant notamment le trafic d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz, propulsant les prix du pétrole et des produits qui en sont dérivés comme le plastique et les engrais.
L'indice des prix à la consommation (CPI) avait commencé à décroître en fin d'année 2025 et s'était stabilisé autour de 2,4% début 2026. Il a décollé dès mars.
Il faut remonter à avril 2023 pour trouver une inflation plus élevée que les 4,2% enregistrés en ce mois de mai.
Sur la même période, les salaires ont progressé en moyenne de 3,4%, donc nettement moins vite.
La hausse des prix de l'essence (+40,5% sur un an) découlant de la guerre explique largement la surchauffe.
Un indice montre toutefois que les augmentations tarifaires sont plus largement répandues dans l'économie. Ainsi, l'inflation sous-jacente (hors variations de l'énergie et de l'alimentation) est désormais de 2,9% sur un an (contre 2,5% en février).
Les billets d'avion flambent (+26,7% sur un an). Il coûte aussi nettement plus cher de faire entretenir sa voiture (+6,1%) ou de se faire soigner à l'hôpital (+5,7%).
- "Pic" ou "plateau"? -
Plusieurs analystes ont estimé mercredi que la situation devrait s'améliorer dans les mois qui viennent.
"Nous considérons que l'inflation a atteint un sommet et devrait ralentir au cours du second semestre, à condition qu'un accord soit trouvé rapidement avec l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz", écrit Kathy Bostjancic, économiste de l'assureur Nationwide, dans une note.
Nancy Vanden Houten, du cabinet Oxford Economics, pense aussi qu'un "pic" pourrait être passé "compte tenu de la forte baisse des prix de l'essence" observée ces derniers jours.
Economiste pour KPMG, Diane Swonk se montre plus pessimiste. Elle envisage que l'inflation reste durablement sur un "plateau" élevé.
Les perturbations logistiques causées par la guerre ne se résoudront pas du jour au lendemain, souligne-t-elle, s'attendant à ce que la banque centrale des Etats-Unis finisse par devoir relever ses taux d'intérêt pour calmer les prix.
Chargée de contenir l'inflation autour de 2%, la Réserve fédérale (Fed) veut pour l'heure croire que le choc sera de courte durée.
Elle optera sans doute la semaine prochaine pour un quatrième statu quo monétaire d'affilée.
Ce sera la première réunion de l'ère Kevin Warsh, désigné par Donald Trump pour succéder à Jerome Powell. Le chef de l'Etat ne cache pas attendre de lui une politique plus accommodante pour stimuler l'économie.
Avant d'obtenir sa nomination fin janvier, M. Warsh avait plaidé pour des baisses de taux. Les conditions ont radicalement changé depuis.
W.Lapointe--BTB