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Mondial: l'attitude des Iraniens scrutée, le brassard inclusif au placard
Menacées de sanctions, plusieurs sélections européennes ont renoncé lundi à porter le brassard coloré "One Love", symbole d'inclusion, lors du Mondial au Qatar, où d'autres protestations politiques seront scrutées: les joueurs iraniens manifesteront-ils leur solidarité avec la révolte qui secoue leur pays lors de la rencontre contre l'Angleterre (14h00)?
Dans cette Coupe du monde cernée par les polémiques extrasportives, cette deuxième journée de compétition n'est pas épargnée, au lendemain du match d'ouverture perdu 2-0 par le Qatar contre l'Equateur.
L'enchaînement de trois matches dans l'agglomération de Doha, Angleterre-Iran, Sénégal-Pays-Bas et Etats-Unis contre pays de Galles, représente un test logistique majeur pour les transports et la sécurité du petit émirat gazier.
La première rencontre du jour sera particulièrement décortiquée en fonction de l'attitude des Iraniens, minés depuis plusieurs semaines par les manifestations suivies de violentes répressions qui déchirent le pays et fissurent l'unité autour de la sélection.
Depuis le début du soulèvement, causé par la mort le 16 septembre de la jeune Mahsa Amini (22 ans), arrêtée par la police des moeurs à Téhéran pour ne pas avoir respecté le code vestimentaire strict imposé par le régime, le refus de chanter l'hymne de la République islamique est devenu l'un des leviers les plus spectaculaires utilisés par les sportifs iraniens pour manifester leur soutien au mouvement.
Interrogé pour savoir si les joueurs de la "Team Melli" avaient l'intention de ne pas chanter l'hymne national, l'attaquant Alireza Jahanbakhsh a déclaré mercredi que la question était en "discussions" et serait prise "collectivement". Il a également expliqué que célébrer ou pas un éventuel but durant la Coupe du monde relèverait d'un choix "personnel".
- Exit le brassard inclusif -
Pour le capitaine anglais Harry Kane, en revanche, pas de geste militant en faveur de l'inclusion et de la diversité: la polémique, croissante ces derniers jours, s'est soldée par une reculade des sept fédérations européennes à l'origine de l'initiative "One Love", leurs joueurs étant menacés de carton jaune en cas de non respect du règlement.
"Nous étions prêts à payer des amendes (...) mais nous ne pouvons pas mettre nos joueurs dans la situation où il pourraient être avertis, voire devoir quitter le terrain" (en cas de second carton jaune), ont écrit les fédérations de ces sept pays, se disant "frustrées" par l'inflexibilité de la Fifa dans un communiqué commun.
Cette dernière, qui voyait dans ces brassards colorés une critique implicite du pays hôte, avait réagi samedi en dégainant ses propres brassards de capitaine, porteurs de messages beaucoup plus consensuels, comme "Sauvez la planète", "L'Éducation pour tous" ou encore "Non aux discriminations".
Depuis sa désignation pour organiser l'événement en 2010, le Qatar est en butte à de vives critiques sur la question des droits humains, notamment ceux des personnes LGBTQ+ et des travailleurs migrants -dont ceux ayant travaillé sur les chantiers de la Coupe du monde.
Initialement partie prenante de l'initiative "One Love", la France avait déjà annoncé par la voix de son capitaine Hugo Lloris qu'elle ne porterait pas le brassard.
Les Bleus champions du monde en titre entrent en lice mardi contre l'Australie (20h00), lors de la troisième journée de compétition, qui proposera quatre matches sur le territoire inhabituellement restreint de ce Mondial.
Pour la première fois dans une Coupe du monde moderne, les stades hôtes sont distants de quelques kilomètres seulement: comment les autorités vont-elles gérer ces flux de population inédits dans un pays de moins de trois millions d'habitants? Un million de supporters sont attendus durant un mois.
La journée de lundi a valeur d'examen pour les transports du petit émirat, de l'aéroport international Hamad aux trois lignes de métro en passant par les larges autoroutes urbaines tracées entre les gratte-ciel de Doha.
C'est aussi un test crucial pour le dispositif de sécurité avec la venue des bouillants supporters anglais, qui seront privés de bière au stade pour l'entrée en lice des "Three Lions" contre l'Iran.
Le match d'ouverture dimanche s'est déroulé sans accroc important, même si les tribunes se sont vidées en seconde période face à l'Equateur (2-0, groupe A) face à la déconfiture des joueurs locaux, premier pays hôte du Mondial battu dès son entrée en lice.
Certains supporters étrangers ont par ailleurs été refroidis par la volte-face des organisateurs qui ont subitement décidé vendredi de ne pas vendre d'alcool autour des stades.
Dans la foulée d'Angleterre-Iran, la toute première grosse affiche du tournoi va opposer le Sénégal, champion d'Afrique, aux ambitieux Pays-Bas du sélectionneur Louis van Gaal (17h00), avant un duel anglo-saxon entre pays de Galles et Etats-Unis (20h00).
Alors que les blessures ont évincé plusieurs grands noms, comme le Ballon d'Or Karim Benzema, la star sénégalaise Sadio Mané (forfait) et l'attaquant vedette néerlandais Memphis Depay (ménagé) manqueront aussi à l'appel lundi...
Quant au Portugais Cristiano Ronaldo, il espère laisser derrière lui son conflit très médiatisé avec son club de Manchester United: ces démêlés "n'ébranleront pas" le Portugal, qui entre en scène jeudi contre le Ghana, a-t-il assuré lundi matin.
M.Furrer--BTB