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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Antarctique: les courants océaniques profonds ralentissent plus tôt que prévu, selon une étude
Le ralentissement des courants océaniques profonds, causé par la fonte des glaces de l'Antarctique, arrive plus tôt que prévu: selon une nouvelle étude, il se produit des décennies "en avance sur le calendrier", menaçant la vie marine et risquant d'accélérer le réchauffement climatique.
De longue date, les scientifiques ont averti qu'une accélération de la fonte des glaces antarctiques et de la hausse des températures, entraînée par l'émission des gaz à effet de serre d'origine humaine, devrait avoir un effet significatif sur le réseau mondial des courants océaniques qui transportent les nutriments, l'oxygène et le carbone.
Une étude antérieure, utilisant des modèles informatiques, avait ainsi suggéré que la circulation des eaux dans les parties les plus profondes des océans ralentirait de 40% d'ici 2050 si les émissions restaient élevées.
Mais l'étude publiée jeudi dans Nature Climate Change, basée elle en grande partie sur des données d'observations recueillies par des centaines de scientifiques au fil des décennies, montre que ce processus a en fait déjà ralenti de 30% entre les années 1990 et 2010.
"Nos données montrent que les impacts du changement climatique sont en avance sur le calendrier", a déclaré l'auteur principal Kathryn Gunn, de l'agence scientifique australienne CSIRO et de l'université britannique de Southampton.
"D'une certaine manière, le fait que cela se produise n'est pas surprenant. Mais le timing lui l'est" davantage, a souligné la scientifique.
Les implications pourraient être importantes, l'océan profond de l'Antarctique agissant comme une "pompe" clé pour le réseau mondial des courants océaniques.
"Quand la circulation océanique ralentit, il reste plus de dioxyde de carbone et de chaleur dans l'atmosphère, ce qui accélère le réchauffement climatique", a expliqué Mme Gunn à l'AFP.
Les océans sont un régulateur crucial du climat absorbant de larges quantités du carbone additionnel que les humains ont relâché dans l'atmosphère depuis le milieu des années 1800, ainsi que plus de 90% de l'augmentation de la chaleur terrestre.
Les températures à la surface de la mer ont considérablement augmenté - atteignant de nouveaux records plus tôt cette année - tandis que le réchauffement fait également fondre les calottes glaciaires dans les régions polaires, déversant d'énormes quantités d'eau douce dans l'océan.
Cela perturbe une fonction vitale essentielle pour la vie marine.
L'étude de Nature Climate Change révèle que l'oxygène atteignant l'océan profond a diminué.
Ces pertes d'oxygène peuvent perturber la biodiversité, forçant "les animaux des profondeurs océaniques à se réfugier dans d'autres régions ou à adapter leur comportement".
Mais au delà de perturber la faune, les changements apportés à ces pompes océaniques clés devraient également réduire la quantité de carbone que l'océan peut absorber et remonter à la surface le carbone qui a été stocké dans les profondeurs de l'océan pendant des centaines de milliers d'années.
J.Bergmann--BTB