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Dans Washington enveloppée par la fumée, les touristes ne se laissent pas décourager
D'ordinaire, on peut admirer la coupole du Congrès américain se découpant sur un ciel bleu limpide depuis l'obélisque emblématique de Washington, non loin de la Maison Blanche. Aujourd'hui, conséquence des incendies au Canada, une fumée vaguement âcre enveloppe la capitale fédérale des Etats-Unis, sans toutefois vraiment incommoder les touristes.
Au pied du Washington Monument, déambulent visiteurs américains et étrangers, casquette "Trump 2024" sur la tête ou bobs blancs "Washington DC" fraîchement achetés.
Les écoles publiques de la ville ont annulé toutes leurs activités en extérieur et une alerte est en vigueur pour la qualité de l'air, mais des adolescents venus du reste du pays en sortie scolaire se livrent joyeusement à des acrobaties sur la pelouse pour les photos souvenir, le Lincoln Memorial en arrière-plan.
Venue du Nebraska, Diane, 61 ans, trouverait presque que la brume ajoute un petit quelque chose à sa visite, jugeant le paysage "éthéré".
Et elle n'est pas déstabilisée par la fumée. "Ça arrive tout le temps chez nous, nous avons des feux préventifs dans l'Oklahoma et le Kansas. Donc ça arrive", dit à l'AFP l'Américaine, qui préfère ne pas donner son nom de famille.
Son mari, David, dont c'est la première fois à Washington, opine du chef. "8 sur 10", note-t-il sa visite malgré le brouillard.
A côté d'eux au téléphone, une touriste américaine décrit ce qu'elle voit: "c'est très brumeux ici, à cause des incendies au Canada!". "Ça fout les jetons", renchérit son amie regardant le Capitole, dont on distingue à peine la silhouette au loin.
Interrogée sur son sentiment, cette dernière, Adriana George, 31 ans, venue de Tucson dans l'Arizona, relativise en riant.
"C'est juste que le brouillard est partout et c'est un peu lugubre", dit-elle. Mais "heureusement il fait très beau", ajoute-t-elle en allusion à la température et à la petite brise matinale. Et bien qu'elle fasse de l'asthme, elle affirme ne pas avoir souffert ces deux derniers jours.
- "Habitués à la pollution" -
Du côté des touristes étrangers, plusieurs disent malgré tout passer un moment agréable.
Aucunement déroutée, Choi Yoonjung, venue de Corée du Sud, explique avec un sourire et grâce à la traduction d'une amie que dans sa région, "c'est la même chose" en matière de pollution, et que sa visite n'en est donc pas troublée.
Même son de cloche chez Hemadri Vora, 42 ans, venue de Bombay en Inde et qui passe la journée à Washington avec sa famille après une visite à New York.
"On ne le sent pas tellement, parce qu'on est plutôt habitués à la pollution!", rit-elle.
La veille, à New York, en visitant la Statue de la Liberté et n'ayant pas suivi les informations venant du Canada, elle avoue avoir eu "un peu peur" en voyant la brume, pensant qu'il s'agissait d'une grosse tempête en gestation et pas des fumées d'incendies nordiques.
Elle regrette juste que les clichés de son voyage ne soient pas de la meilleure qualité à cause de la brume. "C'est un peu décevant", reconnaît-elle.
Si beaucoup de Washingtoniens ont suivi les conseils des autorités et arboraient jeudi des masques sur leur visage en extérieur, peu de touristes faisaient de même dans la matinée.
Mercredi, l'agence de protection de l'environnement (EPA) a indiqué à l'AFP que plus de 100 millions d'Américains étaient concernés par des alertes à la qualité de l'air à cause de la fumée provoquée par les incendies au Canada.
En attendant que la brume se dissipe, peut-être ce week-end, les visiteurs essayent de profiter de la ville.
Alors que résonnent des sirènes et que filent des voitures de police sur Constitution Avenue, tout près de la Maison Blanche, des touristes spéculent.
"Ça doit être le Premier ministre britannique" Rishi Sunak, en visite ce jour-là à Washington, lance un homme avec excitation.
S.Keller--BTB