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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Indonésie: Nusantara, un projet capital qui tarde à se concrétiser
Un an après son inauguration, Nusantara, censée devenir la nouvelle capitale de l'Indonésie, sortie de terre sur l'île de Bornéo, attire touristes et ouvriers du bâtiment, mais son palais présidentiel à l'architecture saisissante et ses avenues fraîchement construites restent silencieux.
Hérité du précédent président Joko Widodo, le projet pâtit de réductions budgétaires, d'un ralentissement de la construction et d'un manque d'intérêt manifeste de la part de son successeur, Prabowo Subianto, qui donne la priorité à des mégaprojets sociaux.
Si bien que se pose désormais la question de savoir si la ville, imaginée pour remplacer Jakarta, surpeuplée et menacée par la montée des eaux, atteindra un jour le potentiel promis.
"La volonté politique à l'égard d'IKN semble actuellement faible", analyse Dedi Dinarto, associé au sein du cabinet de conseil en politiques publiques Global Counsel, faisant référence au nom officiel de la nouvelle capitale : Ibu Kota Nusantara ("Nusantara ville capitale").
Le président Prabowo "mise clairement sur l’aide sociale à la place", ajoute-t-il.
Pour le moment, un peu plus de 1.000 employés de la municipalité seulement vivent à Nusantara, ainsi que quelques centaines d'autres employés du ministère et des services médicaux.
Des chiffres encore bien éloignés des 12 millions d'habitants de Jakarta et de l'objectif de 2 millions d'habitants à Nusantara d'ici 2045.
Prabowo n'a évoqué IKN qu'une seule fois dans son premier discours sur l'état de la nation et a réduit le financement du projet.
Alors que les responsables du projet avaient réclamé un budget de plus de 21 milliards de roupies pour 2026 (1,1 million d'euros), ils vont devoir se contenter de 6,3 milliards de roupies (327.000 euros). Le budget était encore de 2,2 milliards d'euros en 2024.
Obtenir des financements étrangers s'avère également difficile.
"Prabowo estime que ce n'est pas son héritage. Ce n'est pas son principal objectif", souligne à l'AFP un responsable impliqué dans la construction de la ville sous couvert d'anonymat.
"Je suis toujours partagé à 50-50 sur la possibilité que le projet aille à son terme", ajoute ce responsable, qui craint que "beaucoup de choses restent inachevées".
- Déménagement avant 2029 -
Joko Widodo avait relancé le projet de déplacement de la capitale lors de son deuxième mandat.
Mais malgré des efforts pour accélérer les travaux, la ville n'a pas été inaugurée comme nouvelle capitale en 2024 comme prévu.
"Sous Joko Widodo, ça allait très vite ; maintenant avec Prabowo (...) ce n'est pas aussi rapide," constate Sofian Sibarani, le designer de la ville.
Seuls 800 des 6.600 hectares dédiés aux bâtiments gouvernementaux ont été développés ou préparés pour la construction, précise-t-il.
Pour autant, les responsables de Nusantara se veulent optimistes.
Ainsi, assure Basuki Hadimuljono, à la tête de l'administration locale, les projets dans une zone abritant le palais et les ministères sont "déjà achevés à 97-98 %".
Selon lui, Prabowo veut y déménager en 2028, avant la prochaine élection présidentielle prévue en 2029.
Une fois élu, Prabowo avait déclaré qu'il souhaitait "continuer, si possible finir" le déménagement de la capitale.
Mais depuis sa prise de fonction en octobre dernier, il n'a pas montré de volonté de signer le décret présidentiel nécessaire au transfert officiel de la capitale.
Certains employés gouvernementaux sont peu enthousiastes à l'idée de déménager dans une ville inachevée et située à plus de 1.000 kilomètres de Jakarta.
Quant aux équipements collectifs, ils ne sont pas tous prêts: certes trois hôpitaux fonctionnent, ainsi que des cafés, mais l'aéroport attend le feu vert pour accueillir des vols commerciaux.
Un centre commercial et un cinéma doivent également sortir de terre
Pourtant, Helena, employée de la nouvelle ville et qui comme de nombreux Indonésiens porte un seul nom, l'assure: son immeuble en construction offre "un niveau de confort incroyable".
- "Heureux et fier" -
"Je suis heureux et fier, IKN est vraiment super,", confie Ronald Telaumbanua, 38 ans, arrivé des Célèbes et qui fait partie des dizaines des touristes venus découvrir le nouveau site.
Cible prioritaire des photographes, le palais présidentiel, à l'architecture inspirée du mythique oiseau Garuda. Le centre verdoyant de la ville offre en revanche peu d'autres attractions.
Les entreprises qui comptaient sur un boom d'arrivées confient rencontrer des difficultés. "Sous Jokowi, il y avait de nombreux travailleurs et beaucoup de visites", témoigne Abduh Rajab, 57 ans, vendeur de snacks.
"Mes revenus ont ensuite considérablement chuté, de presque 60%. Mais je dois rester optimiste. J'espère que la construction continuera".
Pour M. Dedi, Prabowo risque de rester concontré sur ses grands programmes, comme celui des repas gratuits pour les scolaires. "Cela signifie qu'IKN ne connaîtra pas de développement fulgurant de sitôt.
"Sans un fort élan, s'inquiète-t-il, cela risque de se transformer en un éléphant blanc".
M.Ouellet--BTB