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A la COP30, Lula appelle à accélérer la sortie des énergies fossiles
Le président brésilien Lula a appelé vendredi à une sortie "juste" et "ordonnée" des énergies fossiles, envoyant un signal politique fort au deuxième jour du sommet de dirigeants mondiaux en prélude à la COP30 à Belem.
Deux ans après l'adoption inédite à la COP28 à Dubaï d'un engagement général à sortir progressivement des énergies fossiles, le thème ne figure pas comme tel à l'agenda de la conférence de l'ONU sur le climat qui s'ouvrira lundi pour deux semaines dans cette ville d'Amazonie brésilienne.
Mais certains pays comme le Brésil - pourtant huitième producteur mondial de pétrole - veulent remettre le sujet dans les débats, en l'absence notable de grands pays producteurs de pétrole, à commencer par les États-Unis de Donald Trump.
"La Terre ne peut plus supporter le modèle de développement basé sur l'utilisation intensive de combustibles fossiles qui a prévalu au cours des 200 dernières années", a lancé Luiz Inacio Lula da Silva au deuxième et dernier jour du sommet, qui voit des ministres et quelques chefs d'État et de gouvernement monter comme la veille à la tribune.
Alors que la cause climatique reflue, éclipsée par les tensions géopolitiques et commerciales, certains pays ne veulent pas relâcher la pression.
Parmi ces pays figurent de nombreux Européens. Malgré leurs récentes divisions, ils se targuent de réduire depuis plus de trois décennies leurs émissions de gaz à effet de serre et de viser -90% d'ici 2040.
Vendredi, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a affirmé que son pays avance "avec d'autres pays pour taxer les vols en classe premium et les jets privés", mettant en avant qu'"il est juste que ceux qui ont le plus, et donc polluent davantage, paient".
La veille, le président français Emmanuel Macron avait appelé chaque pays à "élaborer sa stratégie pour éliminer progressivement les combustibles fossiles".
- Transition "centrale" -
De nombreuses petites îles dont l'avenir est hypothéqué par l'intensification des cyclones et la montée des océans donnent aussi de la voix.
"La transition vers l'abandon des combustibles fossiles est centrale", a exhorté Surangel Whipps, président de l'archipel pacifique des Palaos. Il s'est dit préoccupé "face au renversement de certains engagements climatiques de longue date et au manque chronique d'ambition collective".
L'ONU et des dirigeants mondiaux ont dû admettre que le monde ne réussirait pas à se maintenir sous 1,5°C de réchauffement, la limite la plus ambitieuse inscrite dans l'accord de Paris il y a dix ans, mais sans se résigner à 2°C, l'autre limite négociée alors.
"Je pense que la COP peut permettre qu'un grand pas soit franchi. Cela dépend de l'influence politique", dit à l'AFP Adna Albuquerque, 57 ans, saluant la position de Lula.
Cette chercheuse spécialiste des peuples autochtones travaille comme bénévole dans les préparatifs du "Village COP", un grand espace au sein de l'Université fédérale du Para (UFPA). Près de 3.000 indigènes de tout le Brésil et d'autres pays vont y loger durant la conférence climat.
- Engagements volontaires -
Mais le pays hôte du sommet se débat, comme d'autres, avec ses propres contradictions: le Brésil vient de se lancer dans l'exploration pétrolière au large de l'Amazonie, au grand dam des écologistes et des représentants indigènes.
Face à ses détracteurs, Lula considère, comme il l'a dit vendredi, que "diriger une partie des bénéfices issus de l'exploitation pétrolière vers la transition énergétique reste une voie valable pour les pays en développement".
Les chances d'une décision formelle hostile aux énergies fossiles sont cependant perçues comme quasi-nulles à Belem, un consensus de 200 pays étant obligatoire.
Mais la COP30 va donner une place centrale aux engagements volontaires des pays, ce qui pourrait aussi donner des annonces autour du méthane, ingrédient principal du gaz fossile qui s'échappe facilement des gazoducs et installations gazières.
Jeudi, le Brésil a en outre lancé un fonds visant à protéger les forêts tropicales, baptisé TFFF, et abondé par la Norvège, l'Indonésie, la France, le Portugal et l'Allemagne.
"Nous allons apporter une contribution significative à la réussite de cette initiative", a affirmé vendredi à la tribune le chancelier allemand Friedrich Merz. Son pays n'a pas encore précisé la dotation exacte.
burs-alb/tmo/lrb
J.Bergmann--BTB