-
Les Houthis disent avoir ciblé un site d'Aramco à Ryad, après des raids saoudiens sur Sanaa
-
Ethiopie: l'armée fédérale est entrée dans Mekele, capitale du Tigré, selon une source humanitaire
-
Dans l'Eure, des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides
-
Espagne : manifestations monstres pour le logement, après le rejet des mesures du gouvernement
-
Les Houthis accusent Ryad de pilonner Sanaa, qu'ils contrôlent, incendie sur un site saoudien d'Aramco
-
Mode/Paris : Allure légère pour contexte lourd chez Hermès
-
Equipe de France : Jacquet le bienheureux
-
Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré
-
Des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides dans l'Eure
-
Equipe de France : Dembélé, le débat relancé
-
Espagne : après le rejet des mesures du gouvernement, des manifestations monstres pour le droit au logement
-
La Russie appelle les diplomates et étrangers à quitter Kiev, ciblée à répétition
-
La Corée du Nord affirme avoir lancé un missile balistique utilisant l'IA
-
Fortes explosions entendues dans la capitale yéménite, aux mains des combattants Houthis
-
GP de Bahreïn en Malaisie: Verstappen (Red Bull) s'élancera juste devant Hamilton (Ferrari)
-
Ethiopie: les forces tigréennes quittent Mekele, capitale du Tigré
-
Fin de quinquennat lugubre pour la Macronie
-
Vol flydubai: l'enquête établit un "acte terroriste"
-
Cancer du sein avant 40 ans: plus agressif, plus toxique et une vie sociale bouleversée
-
La responsabilité climatique des pétroliers devant la Cour suprême
-
Changement climatique : en Belgique, un tapis vert sur les canaux de Gand
-
Venezuela: lumière dans le ciel pour les morts, 100 jours après le double-séisme
-
La Bulgarie accueille les restes attribués au tsar Samouil
-
Législatives en Lettonie, entre menace russe et coût de la vie
-
Ligue des nations: Olise, le sauveur des Bleus
-
Ligue des nations: premier accroc pour les Bleus de Zidane
Les civelles en danger, un marché opaque qui profite aux gangs haïtiens
Pêchés pour quelques billets dans l'embouchure des rivières d'Haïti, les bébés anguilles s'exportent pour des milliers de fois plus. Et dans un pays gangréné par les gangs, ce secteur très lucratif, dopé par la demande asiatique pour cette espèce menacée, profite aux réseaux criminels, selon des experts.
Appelées zangi ou tizangi en créole haïtien, les civelles, jeunes poissons ressemblant à de petits vermicelles, dérivent chaque année depuis la mer des Sargasses, dans l'Atlantique nord, jusqu'aux côtes de l'île d'Hispaniola que se partagent Haïti et la République dominicaine, remontant les rivières où elles grandiront et vivront jusqu'à leur retour en mer pour se reproduire.
Alors que le commerce international de l'anguille européenne est strictement contrôlé depuis 2009 par la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites), celui de l'anguille américaine ne l'est pas.
Cette dernière est pourtant classée "en danger" sur la liste rouge de l'Union internationale de conservation de la nature, résultat notamment de la surpêche de ce poisson que les éleveurs ne peuvent pas reproduire en captivité.
Les civelles sont ainsi principalement utilisées pour alimenter les fermes d'élevage dans des pays d'Asie où l'anguille est une spécialité gastronomique très prisée.
- "Secteur mafieux" -
Selon la Cites, Haïti et la République dominicaine sont "devenus des exportateurs clés" de civelles américaines ces dernières années.
Pour les protéger, mais aussi empêcher que des anguilles européennes, impossibles à différencier des autres à l'oeil nu, continuent à être expédiées vers l'Asie sous de fausses étiquettes, l'Union européenne et le Panama veulent que la Cites restreigne le commerce de toutes les anguilles.
Si cette décision est prise lors d'une réunion qui commencera le 24 novembre en Ouzbékistan, "il est certain qu'elle va pénaliser plusieurs acteurs, les exportateurs, notamment, les petits pêcheurs pauvres et vulnérables" en Haïti, explique à l'AFP le ministre haïtien des ressources naturelles Vernet Joseph.
Il assure que pour protéger l'espèce, son pays -qui n'est pas partie à la Cites- a mis en place une "approche sobre", en réduisant "de manière significative et régulière le prélèvement global", tout en reconnaissant le manque d'informations sur l'état de l'espèce.
A Haïti, le secteur de la civelle, entièrement tourné vers l'export, n'est pas "organisé" et ne communique pas de "données claires et fiables, que ce soit au niveau des exploitants ou du gouvernement", dit à l'AFP un militant écologiste sous le couvert de l'anonymat. "C'est un secteur mafieux".
"De plus en plus d'éléments montrent que des Haïtiens font partie d'un réseau criminel plus large lié au trafic lucratif d'anguilles, opérant en Haïti et au delà", alertait en début d'année Ghada Waly, patronne de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, évoquant l'implication de "personnalités politiques et économiques puissantes".
Depuis, les experts de l'ONU chargés de surveiller les sanctions contre les gangs haïtiens ont enquêté auprès des pêcheurs, intermédiaires, douaniers, compagnies aériennes...
Leur rapport publié en octobre décrit l'"opacité" d'un secteur "peu réglementé" qui crée "un environnement idéal pour les criminels".
- De nuit, les pieds dans l'eau -
Le gouvernement octroie certes des licences d'exportation, mais le manque de contrôle permet le blanchiment d'argent, l'extorsion par les gangs qui "taxent" pêcheurs et transporteurs, et permet l'ajout dans les cargaisons d'autres marchandises, illégales, dans un pays qui sert notamment de transit à la cocaïne, expliquent ces experts.
Et cette opacité empêche d'avoir des données fiables sur les quantités exportées, insistent-ils, évoquant uniquement le chiffre de 800 tonnes de "capacité" d'exportation annuelle communiqué par le gouvernement en 2019.
Un volume susceptible de générer des profits considérables.
Selon le rapport, le prix à l'exportation d'un gramme de civelles haïtiennes (7 à 10 individus) tourne en effet entre 3,6 et 4,5 dollars. Mais les pêcheurs ne sont payés que 0,5 à 1,5 dollar par kilo.
Un revenu toutefois conséquent dans un pays en crise. Alors de l'automne au printemps, les pêcheurs "passent douze heures dans des conditions difficiles, pieds nus dans l'eau à l'embouchure des rivières, de 18h00 au lever du soleil, sans équipement approprié", raconte le militant écologiste.
Pour attraper les minuscules poissons translucides, ils utilisent le plus souvent des "cahiers", outils artisanaux faits d'une moustiquaire tendue sur un cadre de bois.
Le rapport cite un pêcheur anonyme de Bas-Limbé qui raconte le "chacun pour soi" dans cette activité provoquant régulièrement des noyades.
"Mieux vaudrait fermer la pêche de l'anguille et aider ces pêcheurs à avoir le matériel pour attraper d'autres espèces en mer", plaide le militant écologiste.
O.Krause--BTB