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Indonésie: les victimes des inondations appellent à l'aide internationale
Trois semaines après des inondations dévastatrices qui ont fait plus de 1.000 morts et malgré les efforts du gouvernement indonésien, la frustration grandit chez les centaines de milliers de sinistrés face à la lenteur des secours et les appels à une aide internationale se multiplient.
Nurlela Agusfitri, ancienne propriétaire d'un petit kiosque où elle vendait de l'épicerie, marche pieds nus à travers les arbres déracinés et les débris qui jonchent le sol de son village de Pendigam, dans la province d'Aceh, déjà fortement meurtrie par le tsunami de 2004.
Là où s'étendaient des plantations de palmiers à huile ne reste plus qu'un paysage de désolation, recouvert par une chappe de boue.
Le bilan des inondations qui ont frappé trois provinces de l'île de Sumatra est monté à 1.030 morts et 205 disparus.
"J'ai vu ma maison détruite, emportée par les eaux. Mes affaires étaient éparpillées partout", témoigne pour l'AFP Nurlela, 40 ans, qui a fui avec ses deux enfants.
"J'ai pleuré en voyant ça. Mon Dieu, ça a été tellement difficile pour moi de construire cette maison. Où vais-je aller maintenant ?", interroge-t-elle.
Pour dénoncer la lenteur et l'insuffisance des secours, des groupes d'étudiants et des représentants de la société civile se sont rassemblés mardi à Banda Aceh, la capitale provinciale, devant le Parlement.
Beaucoup brandissaiennt des pancartes affirmant qu'une déclaration de catastrophe nationale n'était "pas négociable", expliquant qu'elle permettrait d'accéder à l'aide internationale et à un soutien logistique accru.
Mais le président indonésien Prabowo Subianto s'y refuse et a de nouveau assuré lundi que Jakarta disposait des moyens pour faire face.
"Nous avons mobilisé des ressources. (Les inondations) concernent trois provinces sur 38. La situation est donc sous contrôle", a-t-il répété.
Le président a tout de même annoncé son intention de créer un groupe de travail chargé de superviser la reconstruction, tout en confirmant qu'il avait refusé les offres d'aide étrangère.
Face à cette intransigeance, Surya Firdaus, fondateur de l'ONG Beulangong Raja Aceh Foundation, spécialisée dans l'alimentation et la nutrition, appelle Jakarta à "mettre de côté son orgueil et à accepter l'aide étrangère".
"Il ne s'agit plus de montrer qui peut le mieux aider la population, mais de savoir comment nous pouvons travailler ensemble avec d'autres pays pour venir en aide aux personnes touchées par les inondations", a-t-il déclaré à l'AFP.
- L'ONU sollicitée -
Parallèlement, le gouvernement provincial d'Aceh a sollicité cette semaine l'aide des Nations Unies, notamment de ses agences chargées du développement, de l'enfance et des migrations, en invoquant leurs précédentes campagnes d'aide menées au lendemain du tsunami de 2004.
"Étant donné que ces institutions sont présentes en Indonésie et qu'elles ont participé à la reconstruction d'Aceh après le tsunami de 2004, la province leur a demandé de l'aide", a déclaré à l'AFP le porte-parole provincial Muhammad MTA.
L'Unicef Indonésie a confirmé avoir reçu la demande et être en train d'identifier les besoins prioritaires afin de renforcer les efforts menés par le gouvernement.
La représentante en Indonésie du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Sara Ferrer Olivella, a indiqué de son côté que l'agence évaluait les besoins en matière de soutien aux autorités et aux communautés touchées, conformément à son mandat.
Pendant ce temps à Pengidam, Nurlela, sans maison, ne voit pas de quoi son avenir sera fait.
"Nous nous demandons où nous irons après cela s'il n'y a pas d'aide gouvernementale. Et même si nous recevons une aide publique au logement, nous n'avons plus de terres", s'inquiète-t-elle.
O.Bulka--BTB