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Nouveau cas de dermatose en Ariège, des blocages persistent en Occitanie
Un nouveau cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été détecté en Ariège, où un troupeau de 113 vaches doit être abattu vendredi, alors que la mobilisation contre la gestion gouvernementale de la crise épizootique persiste en Occitanie.
"C'est un troupeau qui était vacciné depuis une quinzaine de jours, et qui va être abattu" vendredi à Léran, a indiqué à l'AFP Philippe Lacube, président de la chambre d'agriculture de l'Ariège.
Le département pyrénéen a ainsi enregistré un deuxième foyer de cette maladie, selon un bilan actualisé vendredi sur le site du ministère de l'Agriculture.
Ce troupeau de 113 vaches était vacciné, comme la quasi-totalité du cheptel de l'Ariège. Une zone est considérée comme vaccinée, selon la réglementation européenne, lorsque 95% des élevages représentant 75% des bêtes de la zone ont été immunisés: un seuil atteint dans les départements de l'Ariège et des Pyrénées orientales.
Dans les dix départements du Sud-Ouest concernés par la campagne de vaccination, 495.602 bovins, soit 68,6% du cheptel, ont reçu une injection, selon un bilan du ministère, actualisé au 1er janvier.
Le ministère précise qu'un "animal vacciné est protégé à partir de 21 jours après l'injection d'une dose de vaccin" et que la maladie peut circuler à bas bruit dans un troupeau avant que des symptômes soient visibles.
Le nouveau cas ariégeois fait passer à 116 le nombre national officiel de foyers détectés depuis l'apparition de la maladie.
- "Cri du coeur" -
Les éleveurs concernés ont accepté le protocole et "ne veulent pas de blocage chez eux", a précisé Angel Alegre, co-porte-parole de la Confédération paysanne du département, qui a tenu un barrage filtrant à Mirepoix vendredi pour "informer l'État qu'(ils) ne se (laisseront) pas faire, pas abattre".
Dans cette commune située à une vingtaine de kilomètres de l'exploitation touchée, des dizaines d'élus locaux se sont rassemblés à l'appel des maires ruraux de France pour défendre les agriculteurs et échanger avec le préfet de l'Ariège, Hervé Brabant.
"C'est un souffrance totale, on a un genou à terre... le gouvernement ne nous entend pas. On continue d'abattre des troupeaux vaccinés. Monsieur le préfet, c'est insupportable, c'est un cri du cœur mais aussi un cri du doute", a déclaré M. Lacube, estimant qu'il fallait passer à "un abattage sélectif", une fois les troupeaux immunisés par la vaccination.
"La problématique de l'abattage total d'un cheptel vacciné interroge. Mais l'immunité n'étant pas acquise, la règle c'est qu'on continue d'abattre le troupeau", a déclaré M. Brabant appelant à "l'apaisement" sous les invectives de certaines des 200 personnes présentes.
- Annonces dès dimanche -
"C'est assez simple pour l'État, de faire non pas machine arrière, mais machine avant" en faisant évoluer le protocole pour éviter l'abattage total des troupeaux, estime Angel Alegre, tout en admettant ne pas attendre "grand-chose" sur le sujet, lors des rencontres entre syndicats et gouvernement prévues lundi et mardi à Paris.
Des mesures en faveur des agriculteurs seront prises "tout au long du mois de janvier", avec de premières annonces de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard attendues dès dimanche, a rapporté vendredi l'entourage de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre prévient toutefois qu'il faudra un budget pour les mettre en œuvre.
Depuis le début de l'épidémie de DNC en Savoie cet été, l'État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur "trois piliers": l'abattage systématique d'un troupeau dès la détection d'un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.
Une stratégie vivement critiquée depuis plusieurs semaines par la CR, la Confédération paysanne et localement la FNSEA et les Jeunes agriculteurs.
En Occitanie, des blocages routiers persistent vendredi sur l'A75 en Lozère et sur l'A64 en Haute-Garonne, selon la gendarmerie.
Samedi, l'intersyndicale de Haute-Garonne a appelé à un défilé à pied dans Toulouse. Le cortège d'agriculteurs se rendra notamment sur la place du Capitole avec des croix symbolisant les vaches abattues dans le département. L'idée est "d'échanger avec les citadins", a indiqué Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA 31.
A.Gasser--BTB