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Macron appelle les Français à "l'unité" en 2023, année de la réforme des retraites
Emmanuel Macron a appelé samedi les Français à "l'unité" lors de voeux optimistes et combatifs pour 2023, dont il a confirmé qu'elle serait l'année de la réforme des retraites pour "travailler davantage".
Evoquant un "impératif d'unité de la nation", le chef de l'Etat a souhaité dans cette allocution télévisée de 19 minutes, devant la bibliothèque de son bureau personnel à l'Elysée, "vivre 2023 autant que possible en pays uni et solidaire".
"Si nous cédions à l'esprit de division qui nous presse de toutes parts, nous n'aurions à peu près aucune chance de nous en sortir dans un monde si rude, dans des temps si durs", a-t-il prévenu.
Enumérant les réussites du pays, le président a invité les Français, qu'il dépeint souvent comme trop pessimistes, à être "fiers". "Il nous faut nous munir de cette fierté et de cette confiance" pour affronter les défis de l'année à venir, a-t-il plaidé.
Et ces défis vont se matérialiser très rapidement.
Dès le 10 janvier, son gouvernement doit dévoiler le projet de réforme des retraites, axe phare de son programme lors de sa réélection au printemps.
Emmanuel Macron n'a rien dit de ses arbitrages, entre un report de l'âge de départ à 65 ans et une solution de compromis.
Mais il a confirmé sa détermination à faire "travailler davantage" les Français.
- "Bataille" de la transition écologique -
"Cette année sera en effet celle d'une réforme des retraites qui vise à assurer l'équilibre de notre système pour les années et les décennies à venir", et à "consolider notre régime de retraites par répartition", a-t-il déclaré.
Si les nouvelles règles "s'appliqueront dès la fin de l'été 2023", "l'allongement de nos carrières de travail sera progressif, il se fera par étapes sur près de dix ans" et "sera aussi juste en tenant compte des carrières longues, des carrières hachées, de la difficulté de certaines tâches, de certains métiers", a tenté de rassurer le chef de l'Etat.
Quelle que soit la formule choisie, elle devrait mécontenter les syndicats, décidés à se battre dans la rue contre toute mesure d'âge - sans qu'il soit possible, à ce stade, de prédire si cette mobilisation va se conjuguer avec d'autres colères pour se muer en explosion sociale.
"Ça va chauffer en janvier", a en tout cas réagi sur Twitter le fondateur de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, mêlant prédiction d'une rentrée sociale agitée et constat sur un hiver particulièrement doux en cette période des fêtes, nouvelle illustration d'une année record en termes de températures.
Souvent critiqué pour la frilosité de son action en matière climatique, le chef de l'Etat a martelé que la France devait "gagner" la "bataille" de la "transition écologique", promettant d'"accélérer le déploiement des énergies renouvelables" en parallèle du "lancement de la construction de nouvelles centrales" nucléaires.
S'agissant de la menace de coupures d'électricité cet hiver, "c'est entre nos mains", a-t-il estimé. "Si nous continuons à économiser l'énergie comme nous le faisons depuis quelques mois" et si "nous continuons de remettre en service nos réacteurs nucléaires comme prévu, nous y arriverons", a-t-il assuré.
De la même manière, il a promis de continuer à être auprès des Français face à l'inflation et pour éviter un nouvel emballement du Covid.
Quant à la guerre en Ukraine, le président Macron s'est engagé à aider les Ukrainiens "sans faillir", "jusqu'à la victoire". "Nous serons ensemble pour bâtir une paix juste et durable."
- "Génération de bâtisseurs" -
Au-delà des "inimaginables défis" provoqués par le conflit en Europe, l'occupant du 55, rue du Faubourg Saint-Honoré a tenté de retrouver les accents volontaristes du début de son premier quinquennat.
"C'est par notre travail et notre engagement" que nous résoudrons les problèmes qui nous font face, a-t-il martelé à près d'une dizaine de reprises dans une anaphore qui a scandé son discours.
"Soyons cette génération de bâtisseurs", a-t-il exhorté à l'adresse des Français pour se projeter vers deux chantiers-clés de son second quinquennat, l'école et la santé.
Dans les prochains mois, "vous verrez les premiers changements tangibles de la rénovation de notre école et de notre santé", a-t-il dit, formant des "voeux d'audace", "d'ambition collective" et "de bienveillance".
"Des crises, mes chers compatriotes, ensemble nous en avons tant surmontées. Je nous sais capables de relever celles qui sont devant nous", a-t-il conclu, misant aussi avec détermination sur une Europe qui "rassemble ses forces" pour "former un espace de paix, de liberté, de prospérité, de solidarité, de droits et de puissance".
"Il n’y avait pas beaucoup de Français qui attendaient grand-chose de sa prestation de ce soir, mais on est quand même déçu, parce qu’il y a, vraiment, moins que rien, et surtout il évite le principal", a réagi sur BFMTV le député Rassemblement national Sébastien Chenu, déplorant un "exercice d’auto-satisfaction".
F.Müller--BTB