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Barrage détruit en Ukraine: Zelensky à Kherson, six morts recensés
La destruction du barrage de Kakhovka a, selon l'Ukraine, inondé plus de 600 km2 dans la région de Kherson (sud) où s'est rendu jeudi le président Volodymyr Zelensky, les autorités ukrainiennes et d'occupation russe recensant six morts à ce stade.
Moscou et Kiev se rejettent la responsabilité de la destruction, mardi, de ce barrage situé sur le fleuve Dniepr, qui fait craindre une catastrophe humanitaire et écologique.
A Kherson, ville sinistrée depuis deux jours par d'importantes inondations, M. Zelensky a échangé avec des responsables et des civils à un point d'évacuation.
"Vous traversez une épreuve difficile. Nous allons vous aider et reconstruire tout ce qui doit l'être (...) Je tiens à remercier l'ensemble du personnel médical pour son travail, même sous le feu. Vous êtes des gens héroïques", a-t-il déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Le président a dit avoir tenu une "réunion de coordination" sur "la situation opérationnelle de la région à la suite de la catastrophe (et) l'évacuation de la population des zones potentiellement inondables".
Il a promis "des indémnisations" pour "les habitants touchés par la catastrophe" et "un programme pour compenser les pertes ou relocaliser les entreprises dans la région".
Selon les services d'urgence de l'État ukrainien, 1.995 personnes ont été évacuées, dont 103 enfants. De nombreuses autres personnes ont fui par leurs propres moyens.
Les services d'urgence ont expliqué que, du côté ukrainien de la rivière, "20 localités et 2.629 maisons" avaient été inondés.
Un homme de 53 ans du village de Vassylivka, qui avait refusé d'être évacué mercredi, est mort, selon Serguiï Chaikhet, chef de la police de la région de Mykolaïv.
Côté russe, 4.500 personnes "ont déjà été évacués", selon les autorités d'occupation jeudi, et "cinq personnes (...) sont mortes noyées", selon Vladimir Leontiev, le maire de la ville de Nova Kakhovka, installé par la Russie.
C'est le premier bilan des victimes fourni par les autorités depuis la destruction du barrage.
- 20.000 personnes sans électricité -
Plus de 20.000 consommateurs sont toujours privés d'électricité, selon le ministère ukrainien de l'Energie.
Le gouvernement a lancé un appel aux dons pour les sauveteurs, notamment pour l'achat de bateaux ou de motopompes.
A Kherson, Tetiana Omeltchenko, 65 ans, a expliqué à l'AFP avoir attendu les sauveteurs pendant deux jours, s'extirpant finalement de son appartement par une fenêtre pour atteindre le bateau pneumatique des services locaux.
"Dans mon immeuble, l'eau a atteint le troisième étage et il y a encore des personnes là-bas", a-t-elle affirmé.
Selon une employée de l'agence météorologique locale, Laura Moussiïane, le niveau de l'eau dépasse de 5,33 mètres la normale. Mais il "a commencé à baisser un peu. Si cette tendance se poursuit, ce sera une bonne nouvelle pour les habitants", a-t-elle estimé auprès de l'AFP.
La veille, Volodymyr Zelensky avait déploré l'absence d'aide humanitaire internationale: "l'ONU, les Nations Unies et les représentants de la Croix-Rouge ne sont pas là", a-t-il dénoncé, se disant "choqué", dans une interview aux médias allemands Welt TV et Bild.
"En réponse à ces accusations", la Croix Rouge a assuré participer aux opérations d'évacuations en territoire ukrainien, avec six équipes soit une cinquantaine de volontaires.
Le président français Emmanuel Macron avait lui annoncé mercredi soir l'envoi d'une "aide pour répondre aux besoins immédiats".
Volodymyr Zelensky a accusé dès mardi la Russie d'avoir miné le barrage et de l'avoir fait exploser.
Son homologue russe Vladimir Poutine a pour sa part affirmé mercredi qu'il s'agissait d'"un acte barbare" commis par les Ukrainiens. Jeudi, la Russie a accusé l'Ukraine devant la Cour internationale de justice (CIJ) d'avoir attaqué le barrage avec des frappes d'artillerie "massives".
- Frappe russe meurtrière -
M. Zelensky a par ailleurs accusé les forces russes de prendre pour cible les sauveteurs tentant d'apporter de l'aide. "Dès que nos forces tentent de sortir quelqu'un de là, les occupants leur tirent dessus à distance".
Volodymyr Zelensky a aussi dit craindre "des dégâts environnementaux massifs".
"Nous risquons de perdre de nombreuses espèces de plantes et d'animaux figurant sur la liste rouge" de l'Union internationale pour la conservation de la nature, a de son côté précisé Andriï Iermak, le chef de l'administration présidentielle ukrainienne.
Un garçon de quatre ans, son père et son grand-père ont par ailleurs été tués dans une frappe russe dans la région de Donetsk (est), a annoncé la police ukrainienne sur Telegram, qui a fait état aussi de cinq autres blessés dont quatre enfants.
Le Kremlin a averti jeudi que l'explosion lundi d'un pipeline d'ammoniac en Ukraine, essentiel pour l'exportation des engrais, risquait d'avoir un "impact négatif" sur l'avenir de l'accord céréalier crucial pour l'approvisionnement alimentaire mondial.
A.Gasser--BTB