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L'Ukraine organise au Danemark une réunion sur la paix
Le Danemark accueille samedi une réunion organisée dans le plus grand secret par l'Ukraine et rassemblant plusieurs pays, y compris certains restés neutres après l'invasion russe, pour discuter des moyens de parvenir à une "paix durable".
Très peu de détails ont filtré en amont. Si la diplomatie danoise observe un silence absolu sur cette rencontre, un haut responsable américain a indiqué que le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, y participerait.
"Le Danemark a gracieusement accepté d'accueillir cette réunion à Copenhague", a indiqué cette source à l'AFP.
L'objectif de cette rencontre, selon un responsable occidental: évoquer les moyens de parvenir à une "paix juste et durable".
A côté de représentants de pays qui soutiennent l'Ukraine depuis l'invasion russe de février 2022, l'Union européenne envoie elle aussi des hauts responsables avec comme objectif d'apporter à Kiev le soutien de pays encore neutres dans ce dossier.
"Nous avons travaillé très dur au sein du G7 sur une formule pour la paix", a indiqué à la presse une source diplomatique européenne de haut rang. "L'idée est donc d'aller au-delà et d'impliquer des acteurs clés comme le Brésil, l'Inde" qui devraient être représentés à Copenhague.
"Nous espérons, et le souhaitons franchement, que la Chine sera présente", a-t-elle ajouté.
- Jalon -
"En ce moment même, Celso Amorim (conseiller du président en matière de politique étrangère, ndlr) se trouve à Copenhague où il participe à une réunion avec plusieurs autres pays pour tenter d'entamer des discussions de paix", a déclaré le président brésilien Lula da Silva lors d'une conférence de presse samedi matin.
Le directeur général des Affaires étrangères d'Afrique du Sud, Zane Dangor, sera également de la partie, a de son côté précisé Clayson Monyela, porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères.
Citant des sources proches du projet, le Financial Times a indiqué que la réunion pourrait aussi inclure des responsables de la Turquie, membre de l'Otan qui a gardé de bonnes relations avec le Kremlin.
Inde, Brésil et Afrique du Sud font partie du bloc des Brics aux côtés également de la Chine et de la Russie, et aucun des trois n'a adhéré aux sanctions occidentales contre Moscou.
Le Premier ministre indien Narendra Modi était lui jeudi à Washington, qui s'efforce d'isoler Moscou depuis l'invasion russe de l'Ukraine.
Les discussions informelles au Danemark ne devraient pas déboucher sur une déclaration officielle mais sont pensées comme un jalon en vue d'un sommet sur le plan de paix du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Ce sommet, dont la date n'a pas encore été fixée mais qui pourrait se tenir à Copenhague ou à Paris pendant l'été, doit être préparé de manière "substantielle", selon l'UE qui cherche à ratisser large.
"Nous considérons qu'il est fondamental d'avoir un soutien aussi large que possible de la part de la communauté internationale", a estimé le haut diplomate européen.
Obtenir de nouveaux soutiens est crucial pour Kiev dont la contre-offensive entamée début juin n'a débouché pour l'instant que sur de modestes gains.
Cette semaine, la deuxième conférence pour la reconstruction de l'Ukraine, organisée à Londres, a permis de mobiliser 60 milliards d'euros au profit du pays, en ruines après plus d'un an de conflit.
D.Schneider--BTB