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Les émeutes en France font fuir des clients étrangers, déplore le patron de l'Office du tourisme de Paris
Les violences urbaines en France ont déclenché des annulations de réservations de séjours de la part des clients étrangers, notamment américains, une clientèle pourtant cruciale pour Paris et la France, déplore le patron de l'Office de tourisme de Paris, Jean-François Rial.
Et si ces émeutes perdurent, ce ne sera pas bon pour l'image de la France à un an des Jeux olympiques, s'inquiète celui qui est aussi PDG du groupe Voyageurs du Monde, dans un entretien à l'AFP.
R: Oui, il y a un vrai risque. Et ce, même si ça se calme car beaucoup de touristes sont allergiques au risque.
C'est la deuxième fois en trois mois qu'on a des incidents graves, il y a déjà eu l'histoire des poubelles qui flambent au printemps lors des manifestations contre la réforme des retraites, qui a eu un impact désastreux: on avait vu dans la foulée une vague de milliers d'annulations de réservations, hôtelières essentiellement.
Aujourd'hui à Paris, avec les violences, on a déjà des milliers d'annulations. Sur début juillet, je pense qu'on est déjà autour des 20-25% d'annulations à Paris sur la clientèle internationale et je ne serais pas étonné que ce soient les mêmes chiffres pour l'ensemble de la France. Pour les clients américains, c'est plutôt 15% d'annulations à Paris - le tourisme en France est apparemment "aidé" par les feux canadiens et les grèves aux Etats-Unis...
En Bretagne ou en Corse, il y a sûrement moins d'annulations que sur la capitale - et évidemment tous les étrangers n'ont pas la même sensibilité. Mais ça annule sur Paris car les images les plus violentes y ont lieu, ainsi que dans d'autres grandes villes comme Lyon ou Marseille par exemple.
A l'origine, on était bien partis cette année pour faire une très bonne saison touristique estivale dans la capitale. Les émeutes en 2005, ça avait coûté 30% de réservations. On pourrait en prendre le chemin si ça perdure.
R: On a moins de souci à se faire pour la Coupe du monde de rugby que pour les Jeux olympiques, sauf si les violences urbaines continuent longtemps évidemment.
Le public du rugby est un public de passionnés, qui vient souvent de loin, il ne va pas annuler sa venue à cause des incidents de juin-juillet. Ce sont beaucoup d'Anglais, de Néo-Zélandais, d'Australiens, de Sud-Africains...
Mais un public plus large comme celui des JO, lui va être plus inquiet car il n'est pas aussi motivé ou passionné, c'est une compétition beaucoup plus grand public, avec plus de familles, d'enfants... Un public qui se rapproche du comportement des touristes en général qui viennent visiter la France.
R: Oui ça c'est dramatique. Il y a eu un conseil émis aux Américains d'éviter de venir en France, c'est grave.
Ce genre d'incidents fait fuir la clientèle américaine, idem pour les Japonais. Ce sont historiquement les deux clientèles les plus sensibles aux questions de sécurité. Et les Américains en particulier sont souvent moins informés que d'autres, ils font vite des amalgames.
On aurait pu espérer que les gens oublient très vite, les gens voient des images puis ils oublient. Au moment de l'histoire des poubelles brûlées en avril, il y avait eu une vague d'annulations et un arrêt des inscriptions pour des voyages à venir en France. Mais au bout d'un mois, l'émotion s'était estompée et les réservations avaient repris. Là notre gros problème, c'est la répétition.
Concrètement, on avait une croissance de 25% de la clientèle américaine à Paris depuis le début de l'année, qui compensait l'absence des Chinois et des Russes et on faisait notamment un carton plein sur le haut de gamme, avec beaucoup de retombées économiques. Là, dans les palaces, on a maintenant des annulations.
A.Gasser--BTB