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Le chef de Wagner est en Russie selon Loukachenko, quatre morts dans une frappe sur Lviv
Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a assuré jeudi que le sulfureux patron de Wagner, Evguéni Prigojine, se trouvait en Russie, malgré l'accord passé après sa rébellion avortée qui prévoyait qu'il s'exile au Bélarus.
En Ukraine, la nuit a été marquée par une rare frappe russe ayant notamment touché un immeuble d'habitation à Lviv, grande ville de l'Ouest, tuant quatre personnes et en blessant 37 autres, l'attaque la plus destructrice sur cette région depuis le début de la guerre, selon les autorités.
"Concernant Prigojine, il est à Saint-Pétersbourg. Où est-il ce matin? Peut-être parti à Moscou, ou ailleurs, mais il n'est pas sur le territoire bélarusse", a déclaré Alexandre Loukachenko lors d'une conférence de presse à Minsk.
Selon lui, les combattants de Wagner se trouvent eux aussi "dans leurs camps permanents" en Ukraine et non au Bélarus, "pour le moment".
Evguéni Prigojine devait, selon l'accord passé avec le Kremlin via la médiation de M. Loukachenko qui a mis fin à la mutinerie de Wagner le 24 juin, s'exiler au Bélarus, un pays allié et voisin de la Russie.
Le président russe Vladimir Poutine, dont l'autorité a été ébranlée par la révolte et qui a dénoncé M. Prigojine comme un "traître", avait lui donné aux combattants de Wagner le choix de s'engager dans l'armée régulière, de partir pour le Bélarus ou de retourner à la vie civile.
M. Loukachenko avait annoncé le 27 juin qu'Evguéni Prigojine était arrivé au Bélarus et avoir convaincu M. Poutine de ne pas le tuer.
- "Travailler pour la Russie" -
"Je sais de façon certaine qu'il est en liberté", a précisé Alexandre Loukachenko jeudi, affirmant avoir eu "hier" une conversation téléphonique avec M. Prigojine, qui lui a assuré qu'il allait continuer à "travailler pour la Russie.
Le président bélarusse a déclaré que la question de la "relocalisation" de Wagner au Bélarus n'était "pas réglée", tout se disant convaincu que le groupe paramilitaire russe ne "se révoltera (pas) et retournera (pas) ses armes" contre Minsk.
Lors de sa mutinerie de 24 heures qui a fait trembler le Kremlin, Evguéni Prigojine a assuré ne pas vouloir s'emparer du pouvoir mais simplement protéger Wagner d'un démantèlement par l'état-major russe, qu'il accuse d'incompétence.
Sur le terrain, la capitale régionale de Lviv dans l'Ouest de l'Ukraine a été visée par une salve de missiles russes pendant la nuit, endommageant plus de 30 immeubles et d'autres bâtiments, selon les autorités locales.
"Il s'agit de l'attaque la plus destructrice contre la population civile de la région de Lviv depuis le début de la guerre", a relevé sur Telegram le chef de l'administration militaire régionale, Maksym Kozytsky.
Au moins quatre personnes ont été tuées et 37 autres blessées dans cette attaque ayant visé la ville, selon le ministère de l'Intérieur.
"Je me suis réveillée à cause de la première explosion, mais nous n'avons pas eu le temps de quitter l'appartement. Il y a eu une deuxième explosion, le plafond a commencé à tomber", a raconté à l'AFP Olya, une habitante.
"Ma mère est morte, mes voisins sont morts. À ce stade, il semble que je sois la seule à avoir survécu au quatrième étage", a-t-elle ajouté.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a promis une réponse "substantielle" à cette nouvelle frappe russe.
- Zelensky en Bulgarie -
Près d'un mois après le début de la très attendue contre-offensive ukrainienne, l'état-major a revendiqué des avancées "dans certains endroits" autour de la ville dévastée de Bakhmout, sans percée ailleurs.
Volodymyr Zelensky a une nouvelle fois critiqué la lenteur des livraisons d'armes occidentales, qui a selon lui permis à Moscou de renforcer ses défenses dans les zones occupées.
"Je souhaitais que notre contre-offensive ait lieu beaucoup plus tôt", a-t-il dit lors d'un entretien avec la chaîne américaine CNN, diffusé mercredi.
L'Ukraine réclame notamment des avions de guerre F-16 et des munitions d'artillerie pour faire face à la supériorité aérienne et au déluge de feu russe sur le front.
M. Zelensky est en visite en Bulgarie jeudi, où il doit rencontrer le Premier ministre Nikolaï Denkov et le président Roumen Radev, avant un important sommet de l'Otan à Vilnius en Lituanie prévu les 11-12 juillet.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a elle réclamé mercredi l'accès à l'ensemble de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, sous contrôle de Moscou dans le sud de l'Ukraine, afin que ses observateurs puissent "confirmer l'absence de mines ou d'explosifs".
Les deux camps s'accusent d'une provocation imminente dans cette centrale, la plus grande d'Europe.
S.Keller--BTB