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Le chef de Wagner est en Russie selon Loukachenko, cinq morts dans une frappe sur Lviv
Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a assuré jeudi que le sulfureux patron du groupe Wagner, Evguéni Prigojine, se trouvait en Russie, malgré l'accord passé après sa rébellion avortée qui prévoyait qu'il s'exile au Bélarus.
En Ukraine, la nuit a été marquée par une frappe russe sur Lviv, grande ville de l'Ouest rarement ciblée, qui a tué cinq personnes, dans l'attaque la plus destructrice sur cette région depuis le début de la guerre, selon les autorités.
"Concernant Prigojine, il est à Saint-Pétersbourg. Où est-il ce matin? Peut-être parti à Moscou, ou ailleurs, mais il n'est pas sur le territoire bélarusse", a déclaré M. Loukachenko lors d'une conférence de presse à Minsk.
Selon lui, les combattants de Wagner se trouvent eux aussi "dans leurs camps permanents" de l'est de l'Ukraine et non au Bélarus, "pour le moment".
Evguéni Prigojine devait, selon l'accord passé avec le Kremlin via la médiation de M. Loukachenko qui a mis fin à la mutinerie de Wagner le 24 juin, partir pour le Bélarus, un pays allié et voisin de la Russie.
Interrogé sur ces affirmations, le porte parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répondu que Moscou "ne suit pas les mouvements" du patron de Wagner.
Le président russe Vladimir Poutine, qui avait qualifié M. Prigojine de "traître", a donné aux combattants de Wagner le choix de s'engager dans l'armée régulière, de partir pour le Bélarus ou de retourner à la vie civile.
M. Loukachenko avait annoncé le 27 juin qu'Evguéni Prigojine était arrivé au Bélarus.
- "Ma mère est morte" -
"Je sais de façon certaine qu'il est en liberté", a précisé Alexandre Loukachenko jeudi, affirmant avoir eu "hier" une conversation téléphonique avec M. Prigojine qui lui a assuré qu'il allait continuer à "travailler pour la Russie".
Le président bélarusse a déclaré que la question de la "relocalisation" de Wagner au Bélarus n'était "pas réglée".
Après sa mutinerie de 24 heures qui a fait trembler le Kremlin, Evguéni Prigojine a assuré ne pas avoir voulu s'emparer du pouvoir mais simplement protéger Wagner d'un démantèlement par l'état-major russe, qu'il accuse d'incompétence.
Sur le terrain, la salve de missiles russes qui a touché Lviv pendant la nuit a endommagé plus de 30 immeubles et d'autres bâtiments, selon les autorités locales.
"Il s'agit de l'attaque la plus destructrice contre la population civile de la région de Lviv depuis le début de la guerre", a relevé sur Telegram le chef de l'administration militaire régionale, Maksym Kozytsky.
Au moins cinq personnes ont été tuées et 37 blessées, selon le ministère de l'Intérieur.
"Je me suis réveillée à cause de la première explosion, mais nous n'avons pas eu le temps de quitter l'appartement. Il y a eu une deuxième explosion, le plafond a commencé à tomber", a raconté à l'AFP Olya, une habitante.
"Ma mère est morte, mes voisins sont morts. À ce stade, il semble que je sois la seule à avoir survécu au quatrième étage", a-t-elle ajouté.
L'armée russe a assuré avoir ciblé des sites de "déploiement temporaire" de soldats ukrainiens. "Toutes les installations désignées ont été touchées", a affirmé le ministère de la Défense.
- Zelensky en Bulgarie -
Près d'un mois après le début de la contre-offensive visant à bouter les forces russes hors du territoire national, l'état-major ukrainien a revendiqué des avancées "dans certains endroits" autour de la ville dévastée de Bakhmout.
L'armée ukrainienne est confrontée à de puissantes lignes défensives russes. Elle réclame aux Occidentaux d'accélérer leurs livraisons d'armes, notamment d'avions de combat américains F-16 et de munitions d'artillerie.
M. Zelensky est en visite jeudi en Bulgarie, grande productrice de munitions, pour évoquer les fournitures d'armes et les perspectives d'adhésion de Kiev à l'Otan avant un important sommet de l'Alliance à Vilnius en Lituanie, prévu les 11-12 juillet.
La Russie a affirmé que cette visite illustrait la volonté de Kiev d'entraîner "plus de pays" dans le conflit.
Le président ukrainien se rendra également vendredi à Istanbul pour s'entretenir avec le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan, au moment où Moscou menace de se retirer de l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes parrainé par la Turquie.
A la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par l'armée russe dans le Sud de l'Ukraine, les "tensions diminuent", a en revanche signalé jeudi Natalia Goumeniouk, porte-parole de l'armée ukrainienne pour le front Sud.
Moscou et Kiev s'accusaient depuis plusieurs jours d'une provocation imminente dans cette centrale nucléaire, la plus grande d'Europe.
Moscou a enfin annoncé fermer un consulat de Finlande et expulser neuf diplomates de ce pays, en représailles à des mesures similaires adoptées par Helsinki début juin.
K.Thomson--BTB