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La crise birmane au menu de la réunion de l'Asean
Les ministres des Affaires étrangères de l'Asean se réunissent mardi en Indonésie pour des discussions dominées par la crise en Birmanie, sur fond de divisions entre ses membres sur l'opportunité de réengager le dialogue avec la junte birmane.
La rencontre de deux jours de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) sera suivie par des rencontres avec Pékin, Washington et d'autres puissances, au cours desquelles le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken cherchera à tempérer les assurances chinoises en mer de Chine méridionale.
L'Asean reste divisée sur les tentatives diplomatiques à adopter pour résoudre la crise birmane. Le pays est ravagé par des violences meurtrières depuis qu'un coup d'Etat militaire a renversé le gouvernement d'Aung San Suu Kyi, il y a plus de deux ans, et a déclenché une répression sanglante contre les dissidents.
Un diplomate d'Asie du Sud-Est a déclaré à l'AFP que des "efforts supplémentaires" ont été déployés dans les jours précédant la réunion de l'Asean pour unir le groupe autour de la question birmane.
Mais ce diplomate n'est "pas très optimiste" sur l'issue des discussions, soulignant que "quelques membres ont des points de vue différents sur la manière d'aborder le problème".
La Birmanie, membre de l'Asean, a été exclue des réunions de haut niveau en raison de l'incapacité de son régime militaire à mettre en œuvre un plan convenu il y a deux ans pour mettre fin aux violences et reprendre les négociations en vue de résoudre la crise.
Les efforts de l'Asean pour relancer l'exécution du plan en cinq points sont restés vains, la junte ignorant les critiques internationales et refusant de dialoguer avec ses opposants.
Le mois dernier, la Thaïlande a accueilli le ministre birman des Affaires étrangères pour des "discussions informelles" controversées, ce qui a accentué les divisions entre les membres de l'Association ayant participé à la réunion et ceux qui s'en sont abstenus.
- Un plan "plus clair" -
Les initiatives de l'organisation sont limitées par les principes de consensus et de non-ingérence figurant dans sa charte.
Les analystes estiment cependant que la réunion pourrait pousser les membres à en faire plus.
"Il y a un espoir de voir un plan plus clair sur ce que l'Asean fera à l'avenir", a déclaré à l'AFP Lina Alexandra, du Centre pour les études stratégiques et internationales basé à Jakarta.
La réunion sera une occasion "cruciale" pour l'Indonésie, qui préside l'Association, d'unifier le bloc régional après les négociations en Thaïlande, a ajouté l'experte.
Jeudi, une réunion ministérielle "Asean+3" avec le Japon, la Corée du Sud et la Chine aura lieu, avant celle des ministres des Affaires étrangères de 18 pays, vendredi, dont ceux de Washington et Pékin.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov devrait assister à cette dernière réunion, ce qui le placera à nouveau dans la même pièce que le secrétaire d'Etat américain, M. Blinken, après leur brève rencontre en mars, alors que le conflit se poursuit en Ukraine.
Les actions de Pékin en mer de Chine méridionale seront également à l'ordre du jour, a déclaré samedi à la presse Daniel Kritenbrink, le principal diplomate américain pour l'Asie de l'Est.
La Chine fait valoir de vastes revendications dans cette mer stratégique malgré les protestations du Vietnam et des Philippines, membres de l'Asean, ainsi que d'autres pays qui réclament une liberté de navigation sans entrave et le respect de leurs propres revendications territoriales.
Les Etats-Unis et l'Asean s'efforceront de "repousser les comportements qui vont à l'encontre de cette vision et de ces principes, y compris les nombreux actes irresponsables dont nous avons été témoins de la part de la Chine au cours des dernières années", a déclaré M. Kritenbrink.
G.Schulte--BTB