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Trump devant un tribunal pour avoir tenté d'inverser le résultat de l'élection de 2020
L'ancien président américain Donald Trump, en campagne pour reconquérir la Maison Blanche, va comparaître jeudi devant un tribunal fédéral à Washington pour répondre d'accusations liées à ses manœuvres "criminelles" visant à inverser les résultats de l'élection de 2020.
Quelques heures avant cette nouvelle comparution pénale historique, le républicain a reproché à son successeur et rival démocrate Joe Biden d'être à la manoeuvre derrière ces nouvelles poursuites judiciaires.
"Les démocrates ne veulent pas faire campagne face à moi, sinon ils n'auraient pas recours à cette instrumentalisation sans précédent de la justice", a écrit M. Trump sur sa plateforme Truth Social.
A chacun de ses nouveaux tracas judiciaires, il crie à l'"instrumentalisation politique" de la justice pour l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de 2024.
Le président Biden, en vacances dans une station balnéaire du Delaware sur la côte est, a assuré à la chaîne CNN qu'il ne suivrait pas les informations sur la comparution de son potentiel futur adversaire en 2024.
L'acte d'accusation de 45 pages publié mardi, qui fait notamment état d'un "projet criminel", reproche à Donald Trump d'avoir sapé les fondements de la démocratie américaine en tentant d'altérer le processus de comptabilisation des suffrages de plus de 150 millions d'Américains, des et d'autant plus graves qu'il était alors président en exercice.
A contrario, les deux précédentes poursuites pénales engagées contre lui cette année, pour des fraudes comptables liées à l'achat du silence d'une actrice de films X, et pour avoir compromis la sécurité nationale par sa désinvolture dans le traitement de documents classifiés, portent respectivement sur la période précédant et suivant son mandat.
- Assaut du Capitole -
Le tribunal où l'ensemble des charges retenues lui seront signifiées à partir de 16H00 (20H00 GMT) se trouve à proximité du Capitole, le siège du Congrès américain, pris d'assaut par des centaines de ses partisans chauffés à blanc pour y empêcher la certification de la victoire de son adversaire Joe Biden, le 6 janvier 2021.
Cet assaut a été "encouragé par les mensonges" sur de supposées fraudes électorales en faveur de Joe Biden proférées pendant des mois par le prévenu, a déclaré après la publication de l'acte d'accusation, le procureur spécial Jack Smith, qui a supervisé l'enquête.
Plus de 24 heures avant le début de l'audience, les caméras et les camions satellite des médias nationaux et internationaux étaient déjà déployés sur la place devant le tribunal, sous les objectifs et l'œil curieux des passants et des touristes.
Jeudi à l'aube, une petite centaine de journalistes faisaient la queue pour pénétrer dans le tribunal tandis que des barrières de sécurité étaient dressées autour du bâtiment, ainsi qu'autour du Capitole.
Plus de six services de police ou agences de sécurité, dont le Secret Service, chargé de la protection des hautes personnalités de l'Etat, sont mobilisés pour cette occasion, a indiqué à l'AFP la police de la capitale fédérale.
Des fermetures de routes sont à prévoir et le stationnement est interdit aux environs immédiats du tribunal, a précisé la police.
Le procureur a déclaré mardi vouloir "un procès sans délai" dans cette affaire. Il pourrait donc se tenir en pleine campagne présidentielle. Donald Trump, 77 ans, reste le grand favori des primaires pour le parti républicain.
Les conséquences de cette inculpation sur sa candidature restent à déterminer.
Le milliardaire, qui persiste à clamer sans aucune preuve que l'élection de 2020 lui a été "volée", s'est montré combatif au lendemain de son inculpation. Il a assuré mercredi n'avoir "jamais reçu autant de soutien", dans une publication en lettres capitales sur Truth Social.
Malgré les poursuites qui s'accumulent, Donald Trump reste l'immense favori à l'investiture républicaine et creuse même l'écart avec le numéro 2, le gouverneur de Floride Ron DeSantis, qui enchaîne les faux pas depuis le début de sa campagne. Selon un sondage New York Times/Siena College publié lundi, l'ex-président le dépasse désormais de 37 points.
B.Shevchenko--BTB